• Interview ESPNF1 - Toto Wolff

Wolff : Williams est solide''

ESPN Staff
17 septembre 2012

ESPNF1 s'est entretenu en exclusivité avec le nouveau directeur-général de Williams, Toto Wolff. L'homme d'affaires autrichien évoque la saison prochaine, ses attributions au sein de l'écurie britannique et les objectifs pour la fin de la présente saison.

Comment se sont déroulées votre prise de fonction et ses premières semaines ?
"Il y a beaucoup de travail ; c'est très différent de ma vie d'avant ! Non, pour être honnête, pas vraiment puisque je faisais cela depuis un ou deux mois et même depuis les deux années précédentes, lorsque j'étais impliqué de manière assez importante dans la vie de l'équipe. Je n'étais pas au bureau autant que je le suis maintenant mais je m'occupais de certaines choses relevant du domaine stratégique alors, au final, cela ne change pas énormément."

Lorsque vous avez investi pour la première fois dans l'équipe, en 2009, quelles étaient vos attentes vis-à-vis de Williams ?
"J'étais impliqué dans les sports mécaniques au plan commercial depuis de nombreuses années avec mon engagement dans le Tourisme allemand et la gestion d'autres affaires dans le rallye ou avec ma collaboration avec Red Bull. Alors je connaissais l'aspect commercial, mais la Formule 1 n'a jamais été quelque chose d'intéressant pour nous. Nous avons analysé l'écurie Toro Rosso en 2007/2008 lorsqu'elle était à vendre et à ce moment-là tous les grands constructeurs étaient en Formule 1, comme Toyota, BMW ou Honda. À l'époque, il n'y avait pas vraiment de place si vous n'étiez pas une grande marque. Cela a changé et la limitation des coûts a été introduite grâce à l'accord Singapour. Les gens ont compris que s'ils réduisaient les coûts ensemble, ils en profiteraient. Ça, c'était le microcosme des sports mécaniques mais la macro-économie a rapidement rattrapé les grands constructeurs. Et alors nous nous sommes dit que nous devrions faire partie de cela parce qu'il y aurait des opportunités à saisir. Et il se trouve que c'est le cas."

Quel avenir voyez-vous pour Williams ?
"Je pense que l'on peut diviser les équipes en trois groupes. Il y a d'abord ceux qui ont une structure avec des actionnaires qui leur permettent une certaine flexibilité, ensuite vous avez les équipes qui sont solides et je dirais que Williams fait partie de ces équipes. Et ensuite vous avez les équipes qui sont en difficulté. Parmi ces équipes en difficulté, on ne classera pas seulement les petites équipes, il y a aussi de grandes infrastructures qui ont besoin d'être financées chaque année. Nous, nous sommes solides, nous sommes transparents et nous sommes cotés sur un marché public, l'écurie fait du profit depuis de nombreuses années et n'a aucune dette. Alors tout cela nous met dans une position qui se trouve au-dessus de la moyenne et c'est ce que nous montrons en piste aujourd'hui. L'équipe a fait de grands pas en avant avec son moteur (Renault a remplacé Cosworth cette année, ndlr) et avec un personnel renouvelé qui est arrivé. La structure est en train de commencer à fonctionner parfaitement. Nous allons continuer à embaucher de manière agressive et la progression de l'équipe n'est qu'une question de temps."

Williams a énormément investi au Moyen-Orient et en particulier au Qatar avec une usine de recherche et développement là-bas. Pensez-vous que les autres équipes cherchent à faire quelque chose de similaire pour exploiter cette filière ?
"Oui, je pense. Aujourd'hui il faut regarder dans différents secteurs et s'ouvrir différentes possibilités pour financer votre activité et développer votre réseau. Notre arrivée au Qatar était bien calculée. Va-t-elle s'avérer payante en termes de sponsoring ? Nous ne le savons pas encore mais notre relation avec le Qatar est très étroite. Nous avons un bureau là-bas, et une usine de recherche et développement. Nous employons beaucoup de monde alors je suis optimiste. Je pense que nous sommes sur le bon chemin même si nous ne savons pas encore si ce sera un succès."

"Nous ne devrions pas nous attendre à des miracles mais les miracles existent, comme on l'a vu à Barcelone"
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Quelle est votre opinion sur la saison actuelle ?
"Cette saison est complètement différente de ce que nous avons vécu ces dernières années. C'est beaucoup plus serré. Lorsque vous regardez les derniers essais libres sur un Grand Prix, vous voyez que les écuries de pointe se retrouvent au milieu du peloton et vous voyez les Sauber qui commencent à apparaître au premier plan. Alors je pense que cette saison est exceptionnelle, ou en tout cas différente des saisons que nous avons vécues. Pour notre part, nous sommes en train de construire une base solide pour être compétitifs dans le futur. Je ne veux pas me pencher sur une analyse course par course parce que le court terme n'est pas toujours l'échelle à laquelle il faut réfléchir pour savoir ce que le futur nous réserve. Nous avons gagné à Barcelone, ce qui était une surprise pour tout le monde, alors je suis content de cela. Nous avons exorcisé quelques démons qui étaient avec nous depuis huit ans, c'est le fait le plus important. Les gens s'attendent à beaucoup plus de notre part, et la voiture était très compétitive avec un podium potentiel à Valence et de bonnes performances. Pour nous, il est important de terminer le Championnat du bon pied ; de rester compétitifs, de nous battre pour la sixième place et, l'année prochaine, nous allons franchir une nouvelle étape. On ne peut pas s'attendre à des miracles, mais les miracles arrivent parfois comme on l'a vu à Barcelone. Nous sommes sur le bon chemin."

Êtes-vous satisfaits des pilotes que vous avez cette saison ? On a l'impression que Bruno Senna est de plus en plus fort à mesure que l'année s'écoule...
"Oui, j'aime beaucoup Bruno et sa personnalité. Sa manière d'aborder les choses est totalement différente, il a une approche beaucoup plus intellectuelle et c'est quelqu'un de très intelligent qui a besoin d'être dans son confort, d'être en sécurité dans son équipe pour trouver ses limites. C'est complètement différent par rapport à Pastor (Maldonado). Bruno est en train de réussir cela pour le moment et je suis heureux de la manière dont il progresse et de la manière dont il s'est intégré à l'équipe. Tout va dans la bonne direction."

Vous avez dit avoir pris un peu de recul par rapport à Valtteri Bottas (pilote de réserve) en raison de votre nouvelle fonction. Aimeriez-vous le voir évoluer l'année prochaine ?
"Je pense que Valtteri va se retrouver (titulaire) en Formule 1, c'est une certitude, et je pense que la question est de savoir si nous allons le mettre dans l'une des deux voitures ou si quelqu'un d'autre le recrutera. C'est une décision que nous n'avons pas encore prise et que nous prendrons dans les semaines ou les mois qui viennent. Nous nous demanderons alors dans quelle direction l'équipe doit aller et si nous devons continuer avec les pilotes que nous avons actuellement ou si nous devons en changer un ou même les deux. Pour le moment, tout est ouvert."

Toto Wolff est un soutien financier de Valtteri Bottas mais il affirme n'avoir aucune influence sur son avenir
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Où pourrait-il aller s'il n'est pas chez Williams l'année prochaine ?
"Dans la carrière de Valtteri, je n'ai pas de rôle opérationnel. Je laisse cela à d'autres. Mais j'ai une participation, disons un investissement financier, et je dirais que si Williams ne fait pas partie de son futur l'année prochaine alors, en raison de ce conflit d'intérêts, je me retiendrai d'intervenir et c'est à Mika (Häkkinen) et à Didier (Coton) de savoir ce qui est le mieux pour Valtteri. Il a le talent pour piloter à ce niveau et je m'attends à ce qu'il l'atteigne. Si ce n'est pas l'année prochaine, ce sera l'année d'après. Il ne fait aucun doute qu'il est assez bon pour se retrouver en Formule 1."

Avez-vous déjà établi des objectifs pour l'année prochaine ?
"Je pense que nous devons rester réalistes. Remporter des courses est difficile. En fait pas tellement, il suffit juste de se qualifier sur la première ligne et ensuite c'est beaucoup plus facile, du moins sur la base de ce que nous avons pu analyser ! Je pense que marquer des points avec régularité quelque part entre le podium et la sixième place, réussir des podiums, être reconnu comme l'une des bonnes équipes... Tout cela serait un pas en avant pour nous l'année prochaine. Terminer dans les cinq premiers du championnat, peut-être dans les quatre premiers, serait quelque chose qui pourrait relever de nos objectifs."

Il y aura de grands changements en 2014. Est-ce que votre équipe commence déjà à s'y adapter ? Vous avez parlé d'un recrutement agressif ; est-ce que vous pensez que l'année 2014 sera une chance pour mettre en application ce type de stratégie ?
"Oui, absolument. Je pense que 2014 sera une grande chance pour nous avec de grands changements dans le règlement. Je pense que toutes les équipes sont déjà en train de se préparer pour 2014 pour mettre au point un ensemble compétitif et pour être l'une des meilleures équipes du plateau."

Et pensez-vous que Williams va être une équipe prétendant au titre à ce moment-là ?
"Oui, oui. C'est en tout cas mon objectif personnel."

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