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Austin revient de loin

ESPN Staff
11 novembre 2012 « Un combat des générations ? | Bianchi va découvrir Yeongam »

Il y aura bien une course aux États-Unis, dans une semaine, sur un nouveau circuit qui plaît déjà aux pilotes. Mais il y a deux ans et demi, à l'annonce du projet, bien peu y croyaient.

Dimanche, Austin couronnera peut-être Sebastian Vettel en tant que premier champion du monde à gagner ses trois premiers titres consécutivement. Le décor aride du centre du Texas, un circuit nouveau pour tous, et les États-Unis - qui tournèrent le dos si longtemps à la F1 après le fameux fiasco d'Indianapolis - constituent une toile de fond prestigieuse.

Une utopie

Pourtant, le projet d'un Grand Prix des États-Unis sur le futur Circuit des Amériques avait tout d'une utopie en mai 2010, lorsque l'idée fut présentée publiquement pour la première fois. Elle est le fruit de l'esprit quasi obsessionnel d'un homme, Tavo Hellmund, dont on peut dire qu'il espérait faire venir la F1 dans sa ville depuis sa plus tendre adolescence.

Hellmund, fils du promoteur Gustavo Hellmund, qui mit sur pied le Grand Prix du Mexique dans les années 1980, gardait depuis cette époque, dans un coin de sa tête, le rêve fou de construire un circuit à Austin. Cet ex-mécano de l'équipe Brabham, dirigée alors par Bernie Ecclestone, est toujours resté en contact avec celui qui allait devenir le grand patron de la F1.

À plusieurs reprises il lui a proposé Austin ces dernières décennies, se heurtant à un "niet" systématique. Puis les planètes se sont miraculeusement alignées. Il y eut d'abord la fin d'Indianapolis, alors que la F1 avait toujours besoin d'être représentée aux USA, et l'aval de l'État du Texas, prêt à payer pour, comme on le disait à l'époque, "organiser un événement comparable au Super Bowl (la finale de football américain) chaque année pendant dix ans." 25 millions de dollars par an, voilà qui pouvait susciter l'intérêt d'Ecclestone.

Le directeur technique de la FIA Charlie Whiting lors de son inspection du cicuit d'Austin
© Sutton Images
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Mais ce n'était pas la fin du parcours du combattant. Après que Hellmund fut incapable de réunir la deuxième partie du budget et que les travaux furent suspendus en novembre 2011, on est passés très près de l'annulation pure et simple. Aujourd'hui encore, les arguments grâce auxquels Bobby Epstein, qui a repris le projet, a convaincu Ecclestone, restent inconnus. "Je ne nous donnais pas 5% de chances d'y arriver", déclarait l'homme d'affaires local à l'époque. Steve Sexton, le président du comité d'organisation local, avait même déclaré qu'il avait déjà fait une croix sur 2012.

La seule conséquence de cette impasse, c'est que le Grand Prix des États-Unis a été reculé sur le calendrier de juin à novembre. En fait, c'était déjà dans les plans puisque le promoteur initial, Hellmund, travaillait pour que la course soit déplacée à l'automne, question d'éviter les chaleurs suffocantes de l'été texan.

Les travaux ont repris et ils sont aujourd'hui terminés à temps pour le grand retour de la F1 en sol américain. Les opérations de terrassement ont été pharaoniques. Assez de terre pour remplir trois fois l'Empire State Building a été déplacée. Mais au final, le virage n°1 dont rêvait Hellmund, au sommet d'une côte, attend un peloton enthousiaste.

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