• GP de Singapour 2012

GP de Singapour : Faits marquants

Laurence Edmondson / Chris Medland / Daniel Bastien
23 septembre 2012

ESPNF1 fait le tour : le bon, le mauvais et le surprenant du week-end du Grand Prix de Singapour, 14e manche du championnat 2012, couru sur le circuit urbain de Marina Bay.

N'oublions pas Vettel
Vu toute la spéculation entourant l'avenir de Lewis Hamilton, la situation au niveau du championnat des pilotes a été un peu oubliée. Et lorsqu'on y prêtait un peu d'attention dernièrement, c'était pour parler de l'avance que tente de maintenir Fernando Alonso, du potentiel de Lewis Hamilton pour le rattraper, et de la possibilité de voir Kimi Räikkönen remporter le titre sans avoir gagné une course cette saison. Mais pendant ce temps, Sebastian Vettel, le double champion en titre, se positionnait pour devenir le troisième pilote dans l'Histoire de la F1 à remporter trois titres de manière consécutive (les seuls à ce jour à avoir réussi cet exploit sont Juan Manuel Fangio et Michael Schumacher).

La victoire de Vettel à Singapour a rappelé à tous que le pilote allemand et son écurie Red Bull représentent toujours une menace pour les prétendants à la couronne 2012. il ne s'agit que de sa deuxième victoire en cette saison très compétitive, mais il ne faut pas oublier celle qui lui a échappé à Valence lorsque son alternateur a connu une défaillance. En théorie, sans cet abandon, Vettel aurait une petite avance sur Alonso. Et rappelons qu'il a perdu de précieux points à Monza lorsque son alternateur a failli une seconde fois en course. Tout est encore possible pour lui, mais comme Alonso, Räikkönen et Hamilton, il doit continuer à se battre pour les grosses récoltes de points ; ce qui est loin d'être facile lorsque la tendance change d'un circuit à l'autre.

La mécanique a privé Hamilton d'une probable victoire
© Sutton Images
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La malchance de Hamilton
Pendant les 22 premiers tours du GP de Singapour, tout indiquait que la course au titre commençait à pencher en faveur de Lewis Hamilton. Fort de sa victoire en Italie, il est arrivé au circuit de Marina Bay avec l'intention de signer une autre performance gagnante. Lors des qualifications, personne ne pouvait l'atteindre. Lorsqu'il est aux commandes, la McLaren est la plus rapide des monoplaces du plateau. Mais avec Hamilton, comme toujours diront certains, rien n'est jamais aussi simple.

Vers le 19e tour, l'équipe a détecté une hausse de pression et de température dans sa boîte de vitesses. Au 21e tour, Hamilton a perdu la 3e vitesse. Au début du 23e, les sept vitesses ont disparu et la boîte ne cessait de tomber sur le point neutre : course terminée. Considérant les dommages qu'ont subi ses ambitions (il est maintenant à 52 points d'Alonso), en plus de sa déception, Hamilton a plutôt bien réagi en promettant de se battre jusqu'au bout. Il a d'ailleurs comme objectif de remporter chacune des six dernières manches du championnat. Sur le papier, c'est un défi que Hamilton et l'écurie McLaren pourraient réussir, mais en pratique c'est plutôt improbable. Cela ne signifie pas que le but ultime - remporter le titre - soit irréalisable.

Le patron Martin Whitmarsh a laissé entendre à Singapour que les discussions portant sur la prolongation du contrat de Hamilton pourraient être conclues après le championnat. Si Hamilton gagne le titre, il voudra probablement rester ; sinon, qui sait ? Continuer avec son écurie de toujours ou rejoindre Mercedes ? Et il est toujours possible que le champion 2008 se décide bientôt, surtout que McLaren aurait revu son offre à la hausse.

Les histoires du week-end

© Sutton Images
  • Choc : Pastor Maldonado - On s'attendait à un combat excitant entre Hamilton et Vettel pour la pole position, mais le pilote Williams s'est frayé un chemin jusqu'à la 2e place sur la grille. Dommage que les efforts de Maldonado aient pris fin suite à la défaillance du système hydraulique de sa monoplace, un peu après la mi-course.
  • Choquant : Michael Schumacher - Un pilote ayant l'expérience de 300 Grands Prix devrait savoir jauger la distance d'un freinage suite à une période passée derrière la Voiture de Sécurité, ce qui fait chuter la température des freins et des pneus. La recrue en piste était Vergne, mais celui ayant commis l'erreur de recrue était bien Schumacher.
  • Meilleur dépassement : Felipe Massa - Il y a eu une démonstration de bravoure, mais aussi beaucoup de chance, lorsque Massa a tenté de dépasser Senna. Ce dernier n'a pas vu son compatriote brésilien et a déstabilisé sa voiture. Massa a non seulement réussi à reprendre le contrôle de sa Ferrari, mais il a su s'imposer et compléter une manœuvre qui semblait se diriger tout droit vers un désastre pendant quelques secondes.
  • Meilleur tour : Pastor Maldonado - Il a bouclé plusieurs bons tours pendant la course, mais celui réalisé lors des qualifications, et qui lui a permis de se réserver une place sur la première ligne de la grille de départ, était à la limite et impressionnant. Surtout qu'on ne s'y attendait pas du tout.
  • Pire tour : Kamui Kobayashi - Il s'agit surtout d'un cas de malchance pour lui. Pendant le 50e tour, alors qu'il tentait de se défendre, Kobayashi s'est fait dépasser de manière illégale par Webber dans le virage 7. Hülkenberg en a profité pour plonger sur l'intérieur du virage 8, cassant ainsi l'aileron avant de Kobayashi. Un mauvais tour, mais pas de sa faute.
  • Performance du jour : Paul di Resta - Très heureux de sa performance ("Ma meilleure journée en Formule 1"), di Resta a enfin converti une bonne position de départ en une excellente 4e place à l'arrivée. Le pilote Force India avait suffisamment de vitesse en fin de parcours pour inquiéter Alonso, mais aussi pour s'assurer que la Mercedes et les deux Lotus qui le suivaient ne l'inquiètent pas.

Webber perd du terrain
La course de Mark Webber n'a pas été celle qu'il souhaitait. Le pilote Red Bull a été embrouillé par le déploiement de la Voiture de Sécurité et a reculé de plusieurs rangs. Après la course, sa 10e place s'est transformée en 11e, conséquence d'une pénalité pour avoir doublé Kamui Kobayashi hors des limites de la piste. Maintenant à 62 points d'Alonso, ses chances d'enfin remporter le titre pâlissent. Et ses propos ce week-end, en particulier ceux de samedi après qu'il se soit qualifié à la 8e place, trahissent une certaine frustration.

Lorsqu'un journaliste lui a demandé si le changement de température de la piste avait peut-être affecté son résultat, il a répondu : "Je suis sûr que nous aurons 8000 ingénieurs en train de psychanalyser ce degré de différence." Lorsque quelqu'un a remarqué que la Red Bull semble sensible aux changements de température, il a soupiré et laissé entendre qu'il était plus facile de satisfaire les exigences d'une femme, commentaire bizarre s'il en est un. Mais sa frustration était encore plus apparente dans le ton utilisé lorsqu'on lui a demandé ce qu'il pensait de démarrer aux côtés de Romain Grosjean : "Il est OK. Il sait que j'ai un bon crochet droit alors je pense qu'il se tiendra loin. Il ferait mieux d'avoir de bons souliers de course s'il me frappe."

Le résultat de Singapour fait en sorte que Webber n'a marqué aucun point depuis deux courses. Au cours des cinq dernières manches, il n'a récolté que 16 points (Vettel en a marqué neuf de plus dans la seule soirée de dimanche). Son comportement est celui d'un homme qui a pratiquement reconnu sa défaite dans le championnat actuel. Comme nous l'avons mentionné, son déficit sur le leader est de 62 points. Pourtant, son attitude contraste beaucoup avec celle de Jenson Button, qui a 75 points de retard et demeure positif. Peut-être que Webber s'habituait tout simplement mal à l'horaire à contre-jour du week-end Singapourien...

Le mérite de Marussia
Ce n'est pas souvent qu'une 12e place prend autant de signification, mais ce fut le cas à Singapour au sein de l'écurie Marussia, grâce aux efforts de l'expérimenté Timo Glock. Il s'agit du meilleur résultat dans l'Histoire de la modeste équipe, qui a rejoint la F1 sous la bannière Virgin en 2010. Cette 12e place, c'est également mieux que tout ce qu'ont réussi les rivales Caterham et HRT. De plus, Marussia se retrouve maintenant à la 10e place dans le classement des constructeurs, ce qui est ultimement encore plus important.

Puisque les redevances distribuées aux équipes dépendant de leur classement, et que seules les dix premières en reçoivent, les trois dernières écuries du plateau se battent très fort pour atteindre le top 10. Les gains financiers peuvent faire une grande différence pour ces petites équipes. Sans oublier que Marussia n'a jamais fait mieux que la dernière position dans le championnat des constructeurs lors des saisons précédentes. Et sachant que ni Caterham ni HRT n'ont pu faire mieux qu'une 13e place en course l'an dernier, et qu'il reste six courses à faire cette saison, Marussia doit sûrement se croiser les doigts autant qu'elle entend travailler très fort pour conserver cet avantage. Bien entendu, ses deux rivales vont tout faire pour lui reprendre. On ne le montre pas toujours à la télévision, mais il y a d'autres sortes de combats décisifs ailleurs qu'à l'avant du peloton.

Schumacher met un terme à sa course, et à celle de Vergne
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L'erreur de Schumacher (bis)
Les deux dernières visites de Michael Schumacher à Singapour se sont toutes deux terminées en frappant l'arrière d'une autre voiture. L'an dernier, c'était la Sauber de Sergio Pérez ; cette année, c'était la Toro Rosso de Jean-Éric Vergne. Dans les deux cas, les commissaires l'ont pénalisé. Devant les caméras de télévision, il soupçonnait un problème mécanique sur sa Mercedes. Mais devant les commissaires il a reconnu son erreur, tandis que dans le communiqué de presse de son équipe, il a révélé avoir présenté ses excuses à Vergne immédiatement après l'accident.

C'est presque inévitable, cette collision va soulever des questions sur l'âge de Schumacher (43 ans) et sa vision. Mais il faut regarder le contexte : l'accident a eu lieu peu après une période passée derrière la Voiture de Sécurité, lorsque les freins et les pneumatiques ne sont pas dans leur fenêtre d'utilisation optimale. Toutefois, un pilote aussi expérimenté qu'un septuple champion du monde aurait dû bien comprendre ces facteurs. Les commissaires lui ont collé une pénalité de recul de dix places sur la prochaine grille de départ (Suzuka) ; normalement elle aurait été de cinq places, mais il avait déjà commis cette même erreur en Espagne en frappant la Williams de Bruno Senna.

Singapour a prolongé son contrat jusqu'en 2017
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Cinq années de plus
La confirmation du prolongement du contrat de Singapour jusqu'en 2017 a été chaleureusement accueillie dans le paddock. Ce Grand Prix nocturne dans la Cité-État s'est bâti une réputation enviable depuis sa première édition sous les projecteurs en 2008, et l'environnement de la course demeure toujours spectaculaire. Bien sûr, le fait que d'autres circuits ne présentent pas de course se déroulant entièrement sous les étoiles aide à maintenir cet aspect unique de la manche singapourienne.

Toutefois, malgré les rebondissements en piste, on ne peut pas dire que les dépassements sont favorisés sur le circuit urbain de Marina Bay. Kimi Räikkönen, fidèle à lui-même, a été typiquement direct : "Ce fut une course ennuyeuse. Vous êtes plus rapide mais vous ne parvenez pas à dépasser, alors ce n'est pas très excitant pour nous ni pour les gens qui nous regardent." Sebastian Vettel a critiqué le virage 10, soit la succession de chicanes surnommées Singapore Sling : "En termes de sécurité, je pense que c'est l'un des pires virages du calendrier car il y a là de gros vibreurs et de grosses bosses. C'est difficile de trouver une meilleure solution car l'espace est limité, mais je pense qu'il faudrait travailler là-dessus."

Les organisateurs du GP de Singapour ont déjà indiqué que le tracé pourrait être modifié dans les années à venir. Si la prochaine configuration ajoute de meilleures opportunités de dépassement, les futures éditions n'est seront que plus spectaculaires.

© ESPN EMEA Ltd.

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