• Ecclestone

Les Accords Concorde, secondaires ?

Caroline Reid
26 janvier 2013 « Glock explique son choix | Bianchi va découvrir Yeongam »

Bernie Ecclestone affirme que la Formule 1 peut continuer sans la prolongation d'un contrat qui a été au cœur de la discipline depuis plus de 30 ans et qui engage des équipes dans le Championnat.

Les Accords Concorde ont été signés pour la première fois entre les équipes, la FIA (Fédération internationale de l'automobile) et Ecclestone en 1981. Ils s'achèvent en 2012 mais n'ont pas été reconduits officiellement. Ecclestone a passé l'année entière à tenter de négocier un nouveau contrat jusqu'en 2020. Il semble s'être résolu à se passer de cet engagement.

"Nous n'avons pas besoin que les Accords Concorde soient signés", a-t-il déclaré. "Pour moi, peu importe si nous avons cet Accord Concorde ou pas. Nous avons déjà des accords financiers avec toutes les équipes. Tout est fait. Alors tout dépend maintenant du règlement."

Wolff fait confiance

Les Accords Concorde valident le règlement de la compétition. De ce fait, sans Accords Concorde, les équipes ont moins de visibilité sur les changements techniques qui vont avoir lieu dans les années à venir. L'année prochaine, les moteurs V8 qui sont utilisés aujourd'hui seront remplacés par des V6 turbo plus petits ; les équipes soutenues par des grands constructeurs ont donné leur accord pour cet important changement mais certaines équipes-clientes grincent des dents, mécontentes de voir la facture de leurs moteurs tripler pour passer à 13 millions de dollars par an.

"Ce qui touche les équipes le plus, ce sont les règlements techniques. C'est cela qui peut leur coûter cher", a souligné Ecclestone.

Le nouveau directeur général de Mercedes Motorsport, Toto Wolff, ne pense pas différemment. "Toutes les équipes ont des accords bilatéraux qui leur donnent une certaine aisance sur le plan commercial, mais un Accord Concorde plus global pourrait apporter davantage de stabilité à la discipline. Cela voudrait dire que Bernie et la FIA se sont mis d'accord sur un certain nombre de points non seulement commerciaux mais également réglementaires."

"Un tel accord nous ferait du bien mais ce n'est pas notre affaire. Cela dépend de Bernie et de la FIA. Bernie est le détenteur des droits alors c'est à lui et à la FIA de trouver une solution. Nous sommes dans le siège du copilote dans cette affaire. Je ne pense pas qu'il y ait de grands désaccords. Il s'agit maintenant de travailler sur les détails. Je leur fais confiance ; ils sont en train d'essayer de faire de leur mieux pour la discipline. C'est en tout cas ce que nous espérons tous."

Éric Boullier et les équipes ont besoin de garanties
© Sutton Images
Agrandir

Mais le patron de Lotus, Éric Boullier, affirme que les équipes ont besoin de la sécurité des Accords Concorde. "Nous avons un accord avec Bernie mais il nous manque encore une certaine protection concernant le futur de la discipline. Si vous construisez quelque chose sur une période de temps, vous avez besoin de stabilité et de garanties. Nous avons cela en partie grâce à l'accord avec Bernie. En tant qu'organisation privée, nous avons évidemment besoin d'avoir davantage de sécurité par rapport au futur. Les règlements sont évidemment ce qui nous coûte le plus cher, alors il est important d'avoir une certaine visibilité pour pouvoir contrôler nos dépenses."

Le manque d'Accords Concorde n'affecte pas les droits de Bernie Ecclestone de gérer le championnat de Formule 1, puisque le F1 Group a un accord avec la Fédération internationale qui se termine en 2110.

La question de la bourse

L'accord Concorde pourrait avoir une autre conséquence sur le déroulement et sur l'avenir de la Formule 1 : son absence pourrait être un frein à l'entrée en bourse de la F1 à Singapour. L'année dernière, l'actionnaire principal, le fond d'investissement CVC, a annoncé qu'il voulait mettre la F1 sur le marché et qu'il espérait en retirer 10 milliards de dollars. La procédure a été mise en attente au mois de mai dernier en raison de la crise économique mais elle devrait reprendre au cours de l'année.

Andrew Craig, ancien patron de l'IndyCar, souligne que "les investisseurs vont vouloir savoir quels produits ils achètent, et pour cela, les nouveaux Accords Concorde avec les équipes devront être finalisés avant l'entrée en bourse." Craig est le seul dirigeant sportif qui ait mis sur le marché une compétition de sports mécaniques ; c'était en 1998 avec ce que l'on appelait alors le Championship Auto Racing Teams (CART), qui avait été introduit à la bourse de New York. Il faudra peut-être que la F1 détienne un Accord Concorde signé avant de pouvoir suivre l'exemple.

© ESPN Sports Media Ltd.

flux RSS flux RSS: ESPN Staff