• 2012

L'année des Français

ESPN Staff
30 décembre 2012 « Ricciardo sera ''plus ambitieux'' | Bianchi va découvrir Yeongam »
L'envol de Grosjean à Spa restera l'image de la saison, tous pilotes confondus © Sutton Images
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Pour la première fois depuis 1995, la France avait trois représentants en Formule 1. Les fins d'année sont toujours propices aux bilans, nous en avons établi un sur les performances de Romain Grosjean, Jean-Éric Vergne et Charles Pic.

Romain Grosjean

8e du championnat avec 88 points
Meilleur résultat : 2e au Canada

Il avait déjà une (petite) expérience de ce que requiert le monde cruel de la Formule 1. Après sept courses dans une Renault en 2009, le natif de Genève bénéficie d'une seconde chance au sein de l'écurie Lotus dirigée par son manager Éric Boullier. Il fera équipe commune avec un autre revenant, Kimi Räikkönen, titré champion du monde en 2007 au volant d'une Ferrari, et qui commence une nouvelle aventure dans la catégorie reine après deux ans passés en rallyes WRC.

La Lotus E20 permet de réussir des performances intéressantes dès le début de saison, Romain Grosjean se qualifie dans le top 10 à chaque fois jusqu'au break estival sauf en Allemagne (19e). Si le samedi semble bien lui réussir, le dimanche est une autre paire de manches. Lors des deux premières courses de la saison, il ne franchit pas le cap du quatrième tour. Il commence à marquer des points dès la Chine (6e) avant de monter sur son premier podium dès la manche suivante, au Bahreïn, avec une troisième place pour le 11e Grand Prix de sa carrière. Il récidivera deux fois avant l'été, au Canada (2e) et en Hongrie (3e).

La fin de saison commence sur une note historique pour le Français, mais une mauvaise note. Au départ du Grand Prix de Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps. Double envol pour le pilote Lotus qui décolle de la piste après un accrochage avec Lewis Hamilton. Fernando Alonso le verra passer juste devant son casque, l'accident aurait pu être dramatique. Pour les conséquences probables mais non réalisées, il sera mis à pieds pour une course, une sanction que personne n'avait vu depuis 1994.

Dans le stand à Monza, il reviendra à Singapour pour une course maîtrisée mais sans plus. Il assure son départ et ne prend pas de risques, terminant septième derrière Nico Hülkenberg. Il n'attendra pas longtemps pour refaire parler de lui dans le paddock. Au Japon, il vient percuter Mark Webber au premier virage, ce qui lui vaudra le sobriquet de ''cinglé du premier tour'' selon les mots du pilote Red Bull.

En 2012, nous nous souviendrons des accidents, accrochages et autres sorties de piste au lieu de retenir ses trois podiums, ses 88 points et sa huitième place au championnat. Espérons qu'il nous permettra le contraire la saison prochaine.

Jean-Éric Vergne

17e du championnat avec 16 points
Meilleur résultat : 8e en Malaisie, en Belgique, en Corée et au Brésil

Jean-Éric Vergne a devancé son coéquipier Daniel Ricciardo au championnat © Getty Images
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Vice-champion Formule Renault 3.5 en 2011, Jean-Éric Vergne alias "JEV" a rapidement gagné sa place en F1 pour effectuer sa saison de rookie. Meilleur temps dans la RB7 lors des essais jeunes à Abou Dhabi, il écrasait ces trois journées en tournant dans des chronos proches de ceux réalisés par Sebastian Vettel et Mark Webber lors des qualifications disputées quelques jours plus tôt.

Il commence très bien la saison en Australie avec une 11e place sur la grille, ce qui restera son meilleur résultat de l'année dans cet exercice. Après une course dans les points, il termine aux portes du top 10 (11e), on se demande encore comment. Une semaine plus tard, en Malaisie, il démontre en début de course son potentiel sur le mouillé en jouant à l'équilibriste sur une piste détrempée avec des pneus intermédiaires. Cette stratégie risquée paiera, JEV inscrit ses quatre premiers points en carrière grâce à sa huitième place à l'arrivée.

Il vivra ensuite une saison compliquée, sa Toro Rosso STR7 ne lui permettant pas de rentrer régulièrement dans les points. Surtout en passant un peu à côté de ses samedis. Le dimanche lui conviendra mieux. Sauf les courses qu'il ne terminera pas (à Valence, Monza, Singapour et Austin), il ne rétrogradera jamais par rapport à son classement sur la grille. Sur les longs relais, JEV démontrera toutes ses qualités de pilotage. Avec de meilleures performances sur un tour, il aurait fait bien mieux que ses 16 points inscrits lors de sa première année au plus haut niveau.

Il a terminé l'année sur une nouvelle huitième place au Brésil et finit sa saison de rookie devant son coéquipier Daniel Ricciardo. Les deux hommes, encore dans le même stand pour 2013, auront une grosse pression pour l'année prochaine, alors que certains annoncent déjà le meilleur des deux en route pour la grande sœur Red Bull et le baquet de Mark Webber.

Charles Pic

21e du championnat avec 0 point
Meilleur résultat : 12e au Brésil

Charles Pic transféré de Marussia à Caterham après une bonne première saison © Caterham
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Quatrième du GP2 en 2011, lui aussi s'est assuré une place en Formule 1 grâce à des bons essais jeunes à Abou Dhabi. Le protégé d'Olivier Panis, dernier vainqueur français d'un Grand Prix (Monaco 1996), signe un contrat avec Virgin, rebaptisée Marussia au début de l'année 2012. Son objectif pour cette première année sera d'apprendre et de faire jeu égal avec son coéquipier Timo Glock.

L'Allemand de 30 ans comptait déjà quatre saisons pleines et 72 départs avant le début de l'année 2012. Charles Pic apprend vite et comble vite l'écart avec son équipier. Il termine sa première course en Australie à la 15e place, et dès la quatrième épreuve au Bahreïn, il devance Timo Glock lors de la séance de qualifications. À la régulière, avec les deux hommes à l'arrivée, il finira une course devant son collègue pour la première fois en Allemagne.

La Marussia n'est pas la meilleure voiture du plateau, loin de là. En début de saison, elle est loin de la Caterham mais elle grappillera toute l'année un peu de son retard, notamment grâce au travail de Charles Pic. L'essentiel pour le Français était de faire son boulot en fond de peloton dans une monoplace privée du SREC (Système de Récupération de l'Énergie Cinétique). Et pourquoi pas se battre avec Caterham pour la dixième place du championnat constructeurs. Chose faite jusqu'à la finale au Brésil où le natif de Montélimar explose son meilleur résultat de la saison, avec une 12e place à l'arrivée. Mais en terminant derrière le Russe de chez Caterham Vitaly Petrov, il ne peut pas offrir cette fameuse 10e place à son équipe.

Deux jours avant, il signait justement un contrat avec l'écurie malaisienne. Sa saison de rookie, il l'a réussie. Sa deuxième année sera encore très importante pour lui dans l'optique d'une nouvelle progression sur la grille. Charles Pic était le Français que l'on connaissait peut-être le moins bien, sur lequel nous n'avions aucune espérance particulière en début d'année. Et si c'était celui qui nous avait le plus impressionné ?

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