• Revue ESPN 2012

Top 10 des pilotes - 2e partie

ESPN Staff
24 décembre 2012

ESPN présente la deuxième partie de son top 10 des pilotes du championnat de Formule 1 2012, une saison très compétitive pendant laquelle plusieurs se sont démarqués. La première partie est ici.

5. Jenson Button

En fin de saison 2011, les très bonnes performances de Jenson Button ont fait en sorte que Sebastian Vettel n'a marqué que 15 points de plus que son rival lors des neuf dernières courses. Le pilote McLaren a continué sur cette lancée en 2012 en remportant le premier Grand Prix de l'année à Melbourne. Il y avait alors peu de doute, le champion 2009 serait de nouveau candidat au titre.

Button était bien parti pour atteindre le sommet du podium en Malaisie, mais une erreur commise au moment de doubler Narain Karthikeyan a effacé toute chance de récolter des points. En Chine, un arrêt de trop l'a privé de la victoire ; il a dû se contenter d'une néanmoins très intéressante 2e place. C'est alors qu'une faiblesse importante est apparue : le Britannique n'arrivait pas à exploiter pleinement la MP4-27 si les réglages n'étaient pas parfaits. Il a abandonné à Monaco sans être parvenu à se déloger de la 14e place. C'était pire à Montréal : 16e à l'arrivée avec un tour de retard sur Lewis Hamilton, son coéquipier victorieux.

Mais comme il l'avait fait un an plus tôt, Button a très bien terminé la saison 2012 en marquant de bons points de façon régulière. Il a dominé à Spa-Francorchamps, où il avait également décroché la pole position. Sa victoire lors de la finale au Brésil lui a permis de compléter sa troisième année chez McLaren avec seulement deux points de moins que Hamilton. Le plus important, alors que Sergio Pérez rejoindra l'équipe l'an prochain, c'est que Button s'est déjà imposé dans le rôle de futur leader. McLaren n'a pas à s'inquiéter d'avoir perdu Hamilton.

© Sutton Images
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4. Lewis Hamilton

2012 fut une autre saison remplie de 'si...' pour Lewis Hamilton. Si ce n'avait été de tous les problèmes techniques, les mauvais calculs stratégiques ainsi que les erreurs commises lors des arrêts, il est clair que le pilote McLaren aurait toujours été en mesure de se battre pour le titre lors de la finale au Brésil. Au minimum, il a démontré qu'il en était certainement capable.

En termes de rythme pur, peu atteignaient son niveau. Lors des qualifications, son coéquipier Jenson Button ne l'a battu que quatre fois en 20 tentatives. Et encore, lors de ces quatre fois, Hamilton a connu trois problèmes : quantité de carburant mal calculée en Espagne, mauvais réglages en Belgique, défaillance mécanique non détectée au Japon. Il s'est retrouvé sur la première ligne de la grille 11 fois, sur le podium à sept reprises. En guise de comparaison, Sebastian Vettel s'est placé sur la première ligne huit fois, mais il est monté sur le podium à 11 reprises.

De telles statistiques ne pouvaient que frustrer Hamilton ; nous pourrions penser que ce constat a joué un rôle dans sa décision de rejoindre Mercedes en 2013 pour tenter une nouvelle aventure. Malgré les opportunités manquées, sa saison 2012 a été l'une de ses meilleures, avec quatre belles victoires et sans qu'aucun de ses abandons soit le résultat d'une erreur de pilotage. Malheureusement, ses 91 points de retard sur le champion Vettel, et sa 4e place dans le classement des pilotes, ne reflètent pas ses accomplissements.

© Press Association
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3. Kimi Räikkönen

Le retour de Kimi Räikkönen, après deux années d'absence, était très attendu. Toutefois, les résultats décevants du retour de Michael Schumacher ont tempéré les espoirs du public et des observateurs. Lorsque Iceman n'a pas réussi à sortir de la Q1 lors de la première séance qualificative de l'année, à Melbourne, Il y avait de quoi perdre son enthousiasme. Pourtant, huit mois plus tard, au moment du départ de l'antépénultième course du championnat à Abou Dabi, le pilote Lotus était toujours dans la course au titre.

C'était donc étrange de constater que sa seule victoire de la saison, à Abou Dabi justement, a également été la fin mathématique de ses chances de remporter la couronne. Mais Räikkönen et Lotus s'étaient si souvent rapprochés de la plus haute marche du podium au cours de l'année que cette réussite a néanmoins fait le grand bonheur de l'équipe. De toute évidence, le pilote finlandais n'avait rien perdu de son art... ni de sa personnalité. Son fameux "Laissez-moi tranquille, je sais ce que je fais", lancé à la radio alors qu'il se dirigeait vers la victoire, est devenu un classique instantané.

La liste des erreurs commises par Räikkönen est très courte ; il y a eu ce tête-à-queue lors des qualifications au Japon, et bien sûr ce mémorable moment au Brésil lorsqu'il a tenté de rejoindre la piste en empruntant un raccourci dont la sortie était fermée. Fait surprenant, Räikkönen a vu le drapeau à damiers de chacun des 20 Grands Prix du championnat. De plus, il a chaque fois marqué des points, sauf en Chine suite à une erreur stratégique de son équipe.

Le seul bémol de sa saison 2012, c'est qu'il aurait dû gagner plus qu'une course. Mais cela relevait plus de Lotus, qui n'a pas tout à fait été en mesure de suivre le développement des autres écuries de pointe, ou du moins à les surpasser. Ce qui est sûr, c'est que Räikkönen est déjà prêt pour le jour où son équipe sera en mesure de se battre régulièrement à l'avant.

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2. Sebastian Vettel

Cela fait trois titres consécutifs pour Sebastian Vettel, mais ce fut loin d'être facile pour lui en 2012. Red Bull était dans une position délicate au début du championnat, et ce pour la première fois depuis longtemps. L'interdiction sur les diffuseurs soufflés, ainsi que les restrictions sur la cartographie moteur, ont fait très mal à l'équipe en la privant de domaines dans lesquels elle excellait depuis deux ans. Ce n'est que plus tard dans l'année que le directeur technique Adrian Newey est parvenu à débloquer plus de performance.

Au sujet de la RB8, Vettel avait déclaré : "Je n'arrivais pas à utiliser mes trucs ni mon style de pilotage pour manipuler et faire travailler la voiture comme je le voulais. Je n'avais pas assez de stabilité à l'arrière pour jouer avec les freins ni pour plonger dans les virages de la façon que j'aime." Mais suite aux importantes améliorations apportées à la voiture à Singapour, il est devenu imbattable pendant un certain temps.

Vettel a remporté quatre Grands Prix de suite (Singapour, Japon, Corée, Inde) et transformé un déficit de 49 points sur Fernando Alonso en avance de 13 points. À Abou Dabi, il a dû relever ce qui a probablement été le plus grand défi de sa carrière à ce jour. Après avoir été exclu des qualifications suite à une erreur de l'équipe, il s'est retrouvé dans la voie des stands au moment du départ. Au lieu de paniquer, le pilote Red Bull s'est mis en tête de rejoindre le podium. Sa performance a été remarquable : Vettel s'est frayé un chemin à travers le peloton, multipliant les dépassements, pour rejoindre la 3e place et concrétiser son plan. Nous ne pouvions qu'admirer une telle prouesse.

Mais remporter le titre 2012 n'a certainement pas été un objectif facile à atteindre lors des deux dernières courses, en particulier lors de la finale pluvieuse au Brésil. Frappé et poussé en tête-à-queue, relégué à l'arrière du peloton dès le premier tour, se retrouvant aux commandes d'une voiture endommagée, Vettel a de nouveau persévéré pour remonter le peloton. Cette fois il n'a pas rejoint le podium, mais il a récolté suffisamment de points pour gagner le championnat par trois points d'avance sur Alonso. L'écart n'avait jamais été aussi serré pour lui. Vettel a travaillé très fort au cours de la saison 2012, premièrement avec une voiture difficile, ensuite pour regagner le terrain perdu, et finalement pour s'imposer. Son titre est entièrement mérité.

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1. Fernando Alonso

Au cours d'une année qui a vu sept pilotes différents remporter les sept premières manches, pendant laquelle les performances des équipes fluctuaient d'un circuit à l'autre, sans oublier les conditions parfois chaotiques de certaines courses, il y avait néanmoins une constante surprenante : Fernando Alonso. Non seulement l'Espagnol a toujours été une menace pour ses adversaires, mais il l'était au volant d'une monoplace qui ne pouvait logiquement lui permettre d'être aussi compétitif. Et pourtant...

Ferrari était en crise en 2012. En début de saison, l'équipe ne laissait pas ses pilotes parler aux médias, tandis que le directeur technique Pat Fry faisait tout pour contourner les questions portant sur la mauvaise qualité de la F2012. Neuf mois plus tard, Ferrari était vice-championne et Alonso perdait le titre par seulement trois points. Il n'y a pas d'autre façon de le décrire, il s'agit d'un accomplissement remarquable.

Les performances d'Alonso étaient parfois brillantes, parfois redoutables. Il est même parvenu à gagner trois épreuves (Malaisie, Valence, Allemagne) et terminer 2e à cinq reprises. Tout cela au volant d'une voiture qui n'a jamais été la meilleure du plateau, et ce du début à la fin du championnat. Alonso n'a commis que deux erreurs : un tête-à-queue lors des qualifications au Japon (néanmoins 5e sur la grille de départ), ainsi qu'un contact contre Kimi Räikkönen, ce qui a mené à son abandon à Suzuka. S'il n'avait terminé ne serait-ce que 8e au Japon, il serait aujourd'hui le champion 2012. Ajoutons à cela les points perdus en Belgique, lors du carambolage provoqué par Romain Grosjean.

Cependant, en termes de 'si' et de 'mais', il y en a vraiment très peu pour Alonso en ce qui concerne ses performances. Lui-même considère que sa saison a été "parfaite" et qu'il sera "pratiquement impossible de répéter cela au cours de ma carrière." Il fallait voir le regard dans ses yeux, alors qu'il fixait le vide dans le Parc fermé d'Interlagos, à la conclusion de la dernière course, pour comprendre à quel point il avait tout donné pour tenter de remporter le championnat. Mais peu après, il n'avait pas de regrets. Il avait surpassé toutes les attentes et ne pouvait qu'être extrêmement fier de ses accomplissements. Il n'a pas gagné le titre, mais il a gagné beaucoup de respect de la part de ses rivaux.

Alonso n'est pas champion cette année, mais en considérant les performances réalisées avec la voiture qu'il avait à sa disposition, il est celui ayant le plus marqué les esprits. En effet, sa saison a été l'une des plus belles des dernières années. Nous l'avons donc placé au sommet de notre palmarès 2012.

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