• Top 10 des remontées spectaculaires

La victoire contre toute attente

Laurence Edmondson / Chris Medland / D.B.

Exclu des qualifications à Abou Dabi et partant de la voie des stands, Sebastian Vettel pourra puiser de la motivation dans ces dix grands exploits du passé où quand l'impossible devient possible...

Kimi Räikkönen - Grand Prix du Japon 2005
Des qualifications pluvieuses résultent en une grille chamboulée à Suzuka : Räikkönen se retrouve 17e au départ . A la fin du premier tour, il se pointe à la 12e place et poursuit ses attaques. Le déploiement de la Voiture de Sécurité lui donne un coup de main en resserrant le peloton. Notons également la performance du nouveau champion du monde Fernando Alonso, qui parvient à doubler Michael Schumacher par l'extérieur à 290 km/h dans le redoutable virage 130R ; une des plus audacieuses manœuvres de la décennie. Entretemps, Räikkönen, tout aussi audacieux, saisit la 2e place et s'engage à réduire l'écart de 19 secondes qui le sépare de Giancarlo Fisichella. Au début du dernier tour, il se place dans le sillage de la Renault et s'empare enfin des commandes de la course. Tant il est ému par cette victoire inattendue, le patron de McLaren, Ron Dennis, verse quelques larmes.

John Watson - Grand Prix des États-Unis Ouest 1983
22e lors des qualifications , Watson parle de difficultés à monter les pneus en température. Pour un pilote dont le siège chez McLaren serait en danger, le week-end débute mal. Mais le dimanche, sur la piste bouillante de Long Beach, ce problème avait disparu. Au 28e tour, Watson se retrouve déjà 4e alors qu'il suit son coéquipier Niki Lauda et les leaders de l'épreuve, Jacques Laffite et Riccardo Patrese. Cependant, contrairement aux autres, Watson conserve mieux ses pneus. Au 33e, tour, il double Lauda, qui ne rend pas cette tâche facile. Patrese commet alors une erreur et les deux pilotes McLaren en profitent. Sous un soleil de plomb incessant, ils doublent ensuite Laffite. Watson est toujours le leader à l'arrivée. En seulement 70 minutes, il est passé de la 22e à la 1ère place : ce record tient toujours.

Juan Manuel Fangio - Grand Prix d'Allemagne 1957
Fangio a dompté le Nürburgring comme personne d'autre lors de cette course, s'assurant un 5e et dernier titre mondial. Sa pole position compte 9'56'' sur le long circuit. Au contraire des pilotes Ferrari Mike Hawthorn et Peter Collins, placés juste derrière lui et sur une stratégie sans arrêt, Fangio décide de débuter la course avec un réservoir à moitié plein. Il tombe à la 3e place mais, étant plus léger, parvient à reprendre sa position initiale et se donne une marge de 22 secondes d'avance au volant de sa Maserati. Son arrêt se passe mal et lui coûte une minute ; il revient en piste de nouveau 3e. Fangio se met en tête de briser le record du tour de manière répétée : un exploit que l'Argentin accomplit pendant sept tours consécutifs à un certain point de la course. Un de ses tours réduit l'écart de 15 secondes ; un autre est huit secondes plus rapide que sa pole. Fangio est inspiré. Il double Collins et Hawthorn à deux tours de la fin, mais ces derniers maintiennent la pression jusqu'au bout. Fangio gagne avec 3,6 secondes d'avance. Ce fut sa dernière victoire, mais assurément sa plus belle.

Barrichello fête sa première victoire en F1
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Rubens Barrichello - Grand Prix d'Allemagne 2000
18e sur la grille de Hockenheim, Barrichello n'avait aucune raison de croire qu'il accomplirait son rêve de remporter un Grand Prix. A la mi-course, le pilote Ferrari est 4e avec 30 secondes de retard sur les McLaren de Mika Häkkinen et David Coulthard, en tête de l'épreuve. Tout change quand un ex-employé du manufacturier Mercedes, mécontent et certainement un peu déséquilibré, traverse une des lignes droites alors que les voitures approchent à 320 km/h. La Voiture de Sécurité est vite déployée mais McLaren est prise par surprise et ses pilotes demeurent en piste alors que Barrichello, loin derrière, a le temps d'effectuer un arrêt et néanmoins conserver sa 3e place. L'arrêt de Coulthard est mal planifié et il perd plusieurs places. Au 35e tour, la pluie tombe sur la section du stade. Häkkinen chausse immédiatement des pneus pluie alors que Barrichello conserve ses pneus rainurés. Le Brésilien fonce sur les portions sèches du circuit pour regagner le temps perdu sur les portions humides. Après 123 tentatives en huit ans, Barrichello signe sa première victoire et pleure sur le podium.

Jim Clark - Grand Prix d'Italie 1967
Une remontée fantastique qui, bien qu'elle soit sans victoire, mérite sa place sur cette liste. Le championnat est contrôlé par les pilotes Brabham Denny Hulme et Jack Brabham lui-même. Clark doit remporter les trois dernières manches pour battre Hulme et décrocher le titre. Il mène l'épreuve mais crève un pneu au 13e tour : Clark tombe à la 15e place et accuse un tour de retard . À l'avant, Hulme, Brabham et John Surtees s'échangent régulièrement la 1ère place sur les lignes droites de Monza. Clark parvient à doubler le trio de tête et s'acharne à rattraper son tour de retard. Hulme rencontre des problèmes de surchauffe et abandonne. Clark pousse sa Lotus à la limite et à sept tours de la fin, incroyable mais vrai, il rattrape Brabham et Surtees... et les double. Pendant le dernier tour, alors que Lotus fête dans les stands, Clark réalise qu'il est presque en panne de carburant. Surtees et Brabham le dépassent, mais Clark réussit à rallier l'arrivée et termine 3e. La victoire lui échappe, mais quelle performance.

Jenson Button - Grand Prix d'Australie 2010
Pour sa deuxième course au volant d'une McLaren, Button démontre son savoir-faire grâce à une excellente victoire à Albert Park. Dans des conditions météo variables, il réagit rapidement et se montre plus fûté que ses adversaires. Quand la pluie tombe au début de l'épreuve, Button chausse des pneus intermédiaires deux tours avant les autres. Cette décision semble erronée puisque le champion en titre glisse, perd beaucoup de terrain et se retrouve dernier . Mais Button prend son mal en patience. A la fin de son dernier arrêt, il revient en piste à la 2e place. Quand le leader Sebastian Vettel perd un écrou et abandonne, Button s'empare 'facilement' de la victoire.

Stewart a doublé 15 voitures lors des sept premiers tours
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Jackie Stewart - Grand Prix d'Afrique du Sud 1973
Plutôt que se battre du début à la fin d'une course, Stewart n'a pris que sept tours pour passer de la 16e à la 1re place à Kyalami. Un accident impliquant trois voitures aide sa cause, mais sachant que Stewart a vécu un accident à 290 km/h la veille, lors des qualifications, sa vitesse et sa persévérance pendant la course font preuve de courage. L'Écossais remercie les mécanos de Tyrell, qui ont travaillé toute la nuit pour lui préparer une voiture impeccable, mais souligne aussi la force du moteur Cosworth et l'efficacité aérodynamique de sa monoplace : "Ma voiture était certainement la plus rapide sur les lignes droites." Mais les sept premiers tours de ce GP ont néanmoins été des tours d'anthologie, l'avant-goût d'une victoire d'équipe.

Michael Schumacher - Grand Prix de Belgique 1995
Pour plusieurs, cette course sert d'exemple pour l'ensemble de sa carrière : une performance habile et brave, mais démontrant le côté sombre et inquiétant de sa personnalité. 16e sur la grille de Spa-Francorchamps , le pilote Benetton remonte inlassablement le peloton et mène l'épreuve avant son premier arrêt. La pluie s'impose et Damon Hill change les pneus de sa Williams alors que Schumacher continue sur ses slicks. Hill a l'avantage et réduit rapidement l'écart, mais son adversaire louvoie et bloque chaque tentative de dépassement. Pour plusieurs, ces manœuvres sont dangereuses, surtout dans les virages à haute vitesse de Blanchimont et du Raidillon. Surtout, toucher les pneus est inacceptable. "Michael pilotait de manière très, très défensive, à tel point que nos pneus se sont touchés", rapporte Hill. "Si c'est par erreur, d'accord. Mais s'il a fait exprès, je serai très mécontent." La FIA annonce la suspension d'une course avec sursis contre Schumacher mais maintient sa victoire. Selon votre point de vue sur l'éthique de ses manœuvres, cette victoire de Schumacher est impressionnante pour de bonnes ou mauvaises raisons.

Jenson Button - Grand Prix de Hongrie 2006
La première victoire en F1 de Button et, comme d'autres, elle survient au terme d'une course difficile mais bien gérée, agrémentée d'un peu de bonne fortune. 14e au départ , le pilote Honda profite de la pluie et de l'apparition de la Voiture de Sécurité pour grimper dans le peloton. Au 32e tour, il est 2e derrière Fernando Alonso. L'Espagnol semble destiné à une belle victoire (lui-même étant parti de la 15e place), mais un écrou mal vissé transforme sa Renault en tricycle. A sa 113e tentative, Button monte enfin sur la première marche du podium. Cette course consolide sa réputation d'excellent pilote sous la pluie, mais aussi de fin calculateur patient.

Jenson Button - GP du Canada 2011
Perçu comme un pilote calme, Button figure néanmoins trois fois sur notre liste. Au cours d'une épreuve chaotique, malgré une collision avec son coéquipier Lewis Hamilton, et une autre avec Fernando Alonso, sans oublier une crevaison et une pénalité de passage par les stands, le pilote McLaren a signé une remontée extraordinaire en passant de la dernière place à la victoire sur une distance de 30 tours . Dans des conditions météo difficiles et sur une piste changeante, le Britannique a su chausser le bon type de pneu aux bons moments, rattraper Sebastian Vettel et mettre toute la pression sur le meneur. Le pilote Red Bull a commis une erreur lors du dernier tour, mais Button l'aurait probablement doublé sur la longue ligne droite de toute façon grâce au DRS. "Je vais me souvenir de cette course toute ma vie", a très fièrement déclaré Button.

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