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Constat amer pour Trulli

ESPN Staff
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Retraité depuis l'hiver dernier, Jarno Trulli suit toujours de près l'évolution de la F1. Pour l'ancien vainqueur du Grand Prix de Monaco, 38 ans, les choses ne vont pas dans le bon sens.

Un an avant Timo Glock chez Marussia, Trulli avait lui aussi choisi de quitter Team Lotus/Caterham pour laisser la place à un pilote payant (Vitaly Petrov), pour permettre à son écurie de progresser.

Comme Martin Whitmarsh nous l'a confié récemment, cette tendance, si elle permet aux petites équipes de survivre, n'est pas forcément souhaitable à long terme pour l'image de la Formule 1. Pour le patron de McLaren, de jeunes espoirs talentueux sont privés de volants en F1 car on leur préfère, pour des raisons budgétaires, des pilotes soutenus par des sponsors.

Trulli avait pris le volant de la nouvelle Caterham d'alors l'an dernier, lors des premiers essais hivernaux. L'Italien explique maintenant qu'il a préféré tirer sa révérence. "J'ai compris que nous ne faisions que reculer au lieu d'avancer et que l'équipe n'avait aucune chance pour l'avenir", a-t-il déclaré auprès de Crash.net.

"Location de voitures de luxe"

"Donc, étant donné que l'équipe ne me payait pas, je n'étais pas tellement déçu quand on m'a dit que je ne conduirais plus même si j'avais déjà testé la voiture (...). Conduire un an de plus n'aurait rien changé ni à ma vie, ni à ma carrière. Ce que les gens ne réalisent pas, c'est que j'ai choisi de ne pas piloter, même si j'avais un contrat. J'ai donné à l'équipe la possibilité de survivre avec l'argent du pilote payant."

"J'ai donné à l'équipe la possibilité de survivre avec l'argent du pilote payant"
Jarno Trulli

Selon Trulli, la crise économique est à l'origine de la situation actuelle, où il décrit la F1 comme "une entreprise de location de voiture de luxe", mais pas seulement. "La plus grosse erreur qu'a fait la F1 ces 15 dernières années, c'est de ne pas avoir écouté les grands constructeurs et de s'en être détournée", affirme l'ancien pilote Renault. "Selon moi, il n'y a pas de compétition sans les grands constructeurs." Pour lui, donc, Ferrari et Mercedes, ce n'est pas suffisant.

Enfin, Trulli s'avoue "peiné" de voir que beaucoup de pilotes de talent feront partie de la génération sacrifiée de la Formule 1 actuelle. Celui qui vit actuellement de son vignoble près de Pescara et de son hôtel à Davos (Suisse), pense en particulier à Edoardo Mortara, qui a dû trouver refuge en DTM après une très belle carrière en monoplace.

Trulli a surtout une dent contre les petites équipes actuelles qui ne remplissent pas leur rôle selon lui. "Qu'apportent-elles au fond ?", se demande-t-il. "Elles sont supposées mettre le pied de jeunes pilotes à l'étrier mais pour le moment elles ne mettent en piste que des pilotes payants, qu'ils soient jeunes ou vieux."

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