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Grand Prix du Canada : Faits marquants

ESPNF1 Staff
10 juin 2012

Le mal de Button

Il n'y a rien de pire pour un piilote d'être plus lent en piste et de ne pas savoir pourquoi. Enfin si, une ! À chacun de ses passages devant les médias depuis la qualification du Grand Prix d'Espagne, on lui demande des explications sur son manque de rythme. Et à chaque fois, sa réponse est identique : "Je ne sais pas !"

Plus inquiétant, les choses semblent empirer, il a dû observer trois arrêts au stand dimanche à Montréal et a terminé 16e, à un tour du vainqueur, son coéquipier Lewis Hamilton. Le Britannique est pris dans une spirale infernale, il a déjà admis qu'il ne pensait pas trouver la solution avant la prochaine course à Valence. Il pose aussi à McLaren un vrai dilemme, l'écurie doit-elle continuer la voiture qui convient bien à Hamilton ou se lancer dans des recherches pour résoudre le problème ?

Pari perdant pour Ferrari

Après avoir essayé de limiter la casse lors des six premières courses, Ferrari a changé de tactique au Canada. Tout pour la victoire ! C'était courageux de tenter une stratégie à un arrêt pour Fernando Alonso, mais s'y tenir encore quand il apparaissait que cela ne marcherait, c'était de la folie.

Hamilton avait observé un deuxième arrêt à vingt tours du but, il repartait ainsi avec des pneus frais. Alonso et Ferrari voulaient eux boucler les cinquante derniers tours avec les mêmes gommes. S'il y avait eu dix tours de moins, cela aurait fonctionné, mais ce ne fut pas le cas. Hamilton n'avait pas couvert trois tours avec ses pneus neufs, nous savions déjà que le pilote espagnol ne pourrait contenir le retour de la McLaren.

Ferrari aurait dû réagir pour au moins contrer les menaçants Romain Grosjean et Sergio Pérez, mais elle s'est entêtée. Cela coûte à son pilote quatre places à l'arrivée et huit points au championnat, il a même perdu la tête du classement. C'était un risque inconsidéré que la Scuderia n'aurait peut-être pas pris en début de saison quand la voiture était moins compétitive.

Les histoires du week-end

© Press Association
  • Choc : Sergio Pérez - Il avait annoncé un podium dès jeudi en conférence de presse, mais peu auraient mis une pièce dessus en le voyant quinzième sur la grille de départ. Cela a surpris plus d'un observateur de le voir remonter dans le peloton.
  • Choquant : Jenson Button - Il a manqué une grande partie des essais libres de vendredi, mais Button n'a pas su exploiter ses pneumatiques. Pour la deuxième course de suite, il aurait pu être devancé à l'arrivée par une Caterham.
  • Meilleur dépassement : Sergio Pérez - Revenu sur Rosberg et Massa, il est bloqué dans la chicane finale mais prendra le meilleur sur le pilote Mercedes à l'extérieur dans le virage 1
  • Meilleur tour : Lewis Hamilton - Après son deuxième arrêt, Hamilton est un peu en retard mais il est tellement rapide dans son tour suivant qu'Alonso et Vettel sont obligés d'essayer d'aller au bout sans repasser au stand.
  • Gros échec : Felipe Massa - Au sixième tour, Massa part en tête-à-queue sans raison apparente dans le virage 1, cela diminue ses chances de marquer beaucoup de points à l'arrivée.
  • Perforrmance du jour : Sergio Pérez - Button était revenu en 2011 pour s'imposer avec l'aide de la météo et de la Voiture de Sécurité. Pérez n'en a pas eu besoin pour gagner douze places en piste et finit à seulement 5''2 du vainqueur.

La belle réponse de Pérez

Sergio Pérez a été pressenti pour courir prochainement chez Ferrari, sa confiance aurait pu en prendre un coup quand Luca di Montezemolo avait clamé que le Mexicain n'avait ni l'éxpérience ni les résultats pour prétendre à un volant au sein de la Scuderia. Pérez avait répondu jeudi en conférence de presse en déclarant viser un podium au Canada.

Cela semblait presque impossible en partant 15e sur la grille, mais il a réalisé une course parfaite, encore meilleure qu'en Malaisie où il était sorti de la piste à la poursuite d'Alonso. Pendant ce temps, Massa partait dans un tête-à-queue qui pourrait avoir de grosses conséquences. Pérez manque d'expérience, mais il est monté dimanche sur son deuxième podium de la saison, Massa court après depuis presque deux ans (cela remonte au Grand Prix de Corée 2010), le pilote Sauber commence en avoir, des résultats.

Tout sauf ennuyeux

Les observateurs s'inquiétaient du caractère imprévisible de cette saison, cela pouvait être défavorable à la Formule 1, mais Lewis Hamilton septième vainqueur de la saison, c'était trouvable. Le pilote McLaren est en forme depuis les premiers tours de piste en Australie, sa première victoire de la saison lui échappait pour diverses raisons.

Hamilton a remporté sa troisième victoire sur le circuit Gilles Villeneuve après une bataille avec Alonso et Vettel - un trio prévisible - mais cette saison a un petit plus. Certaines équipes comme Lotus ou Sauber sont à l'affût quand ceux de devant font les mauvais choix. Cette saison 2012 est tout sauf ennuyeuse.

Le 7 ne sourit plus à Schumacher

Michael Schumacher voulait miser sur la superstition pour être le septième vainqueur de la saison. Sa Mercedes porte le numéro 7, il a été sacré sept fois champion du monde, il s'était imposé sept fois à Montréal. Mais sa malchance le poursuit. Pour la cinquième fois de la saison, Schumacher ne voit pas l'arrivée, trahi par un problème mécanique. Sur ses cinq abandons en 2012, un seul est une erreur de pilotage, quand il a percuté l'arrière de la Williams de Bruno Senna à Barcelone.

Le pilote allemand a marqué seulement deux points depuis le début de la saison, après sept épreuves. Mercedes n'était pas dans le rythme pour le podium au Canada, vous ne pouvez donc pas faire penser au pilote le plus titré de ce sport qu'il pourra gagner à nouveau s'il brise cette série.

Débats sur le DRS

L'année dernière, les deux zones DRS avaient facilité les dépassements, même un peu trop. Cette saison, la seule et unique zone avait même été raccourcie. De nombreux dépassements ont été effectués dans la dernière chicane, grâce à des différences de vitesses évidentes. Encore trop simple ?

Les possibilités de dépassements ont ouvert la porte à différentes stratégies, Hamilton a choisi de faire un deuxième arrêt, il espérait revenir sur les leaders, Alonso a lui dû s'incliner sous les attaques. Ce système ne fait pas débat chez les pilotes, mais la manœuvre de Nico Rosberg à l'extérieur sur Kimi Räikkönen est la preuve qu'il fonctionne parfaitement. Au moins, c'était un beau retour des dépassements après le Grand Prix de Monaco.

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