Elles sont loin les années 60, où la course automobile n'était que le hobby d'un jeune anglais du nom de Frank Williams. Le garage du loueur de voitures de compétition a bien grandi depuis, pour devenir une des plus grandes multinationales de la F1.

C'est à la fin des années 1970 que le patron s'est rendu compte de tout le potentiel commercial et technologique de la catégorie reine. Il a été parmi les premiers à bénéficier des largesses du groupe TAG (Technique d'Avant Garde), une puissance dont il se servira d'ailleurs à merveille pour propulser son écurie sur le devant de la scène. Le jeune ingénieur qu'était alors Patrick Head a su concevoir des monoplaces fiables et très performantes qui allaient permettre à l'Australien Alan Jones d'offrir le premier doublé (pilotes et constructeurs) de l'écurie Williams en 1980.

Près de 30 ans plus tard, beaucoup de choses ont changé. Touchée dans sa chair par un accident de la circulation, la vie de Frank Williams a pris un tout autre visage, son esprit étant dévoué désormais uniquement à la seule cause qui ait encore de l'importance à ses yeux, la prospérité de son entreprise. Avec le début d'une nouvelle aventure avec le motoriste Honda en 1986, l'équipe anglaise allait retrouver le chemin du succès dont elle ne s'éloignera plus pendant plusieurs années.

Deux titres mondiaux consécutifs (1986-87) allaient récompenser le travail de ses troupes. Une fois Honda parti, Frank Williams se tournait vers Renault pour continuer à satisfaire son appétit de succès. C'est avec les moteurs du constructeur français que l'écurie Williams allait se porter au niveau de Ferrari et McLaren dans la grande histoire du Formula One Circus. Ce n'est pas moins de cinq titres mondiaux des constructeurs que Williams s'est appropriés avec Renault.

Jadis pris au dépourvu par le départ soudain de Honda, la retraite anticipée de Renault fut plus calculée grâce aux relations nouées à l'avance avec BMW. Ford, Honda et Renault ont donc connu la gloire avec l'équipe anglaise, un paramètre qui n'a certainement pas été étranger au choix de BMW d'effectuer son retour dans la catégorie reine avec l'écurie Williams.

La première saison du duo anglo-allemand, en 2000, a été des plus remarquables. Désormais anobli par la reine d'Angleterre, Sir Frank Williams était heureux de voir son écurie retrouver sa place sur le podium mondial des constructeurs, à la 3e place. Ne restait plus qu'à renouer avec un succès en course qui fuyait l'écurie depuis la fin de saison 1997. Ralf Schumacher, frère de Michael, et un jeune espoir colombien, Juan Pablo Montoya, ont chacun replacé une Williams au sommet du podium en 2001.

A l'issue d'une année 2002 très prometteuse, la montée en puissance de l'équipe s'est poursuivie en 2003 quand elle est devenue vice-championne. Malheureusement, 2004 n'a pas été celle de la consécration attendue, la faute à un défaut de conception et une rupture annoncée entre les pilotes et l'équipe qui ne facilitera pas la tâche des techniciens. Une seule victoire, lors du dernier rendez-vous au Brésil, a évité la catastrophe...

En 2005, Mark Webber et Nick Heidfeld étaient chargés de remonter la pente. Pari osé mais qui n'a pas payé malgré trois apparitions sur le podium de l'Allemand (Sepang, Monaco, Nurburgring) et une de l'Australien (Monaco). Lâchées par BMW, c'est un pas en arrière qu'effectueront les troupes de Grove en 2006 puisque les châssis étaient de nouveau propulsés par des V8 Cosworth. Nico Rosberg, fils de Keke (champion du monde en 1982) et appelé à devenir le nouveau coéquipier de Webber, représentait les espoirs de l'écurie. Malheureusement, au lieu d'aller de l'avant, l'équipe Williams toucha le fond bien malgré lui.

En 2007, propulsée par Toyota, l'équipe Williams et son pilote fétiche Rosberg avaient quelque peu sorti la tête de l'eau. Même Alex Wurz, le revenant, réussit quelques très belles courses et c'est d'ailleurs lui qui signa le seul podium de la saison pour Williams, au Canada. Mais c'est Rosberg qui fut le plus constant en terminant sept fois dans les points.

La saison 2008 permit à Rosberg de monter deux fois sur le podium, la première fois en Australie grâce à une troisième place et la seconde fois à Singapour où il termina deuxième. Le reste de la saison fut beaucoup moins brillant, malgré un total de 26 points marqués, le double de la saison 2007. Coéquipier de Rosberg en 2008, le jeune Japonais Kazuki Nakajima a été confirmé dans ses fonctions pour une autre année, malgré une faiblesse certaine en qualification.

La saison 2009 n'a fait que confirmer les difficultés de l'équipe jadis victorieuse. 7e à la conclusion du championnat, Williams perdait son moteur Toyota suite au départ du constructeur japonais (ainsi que Kobayashi, dont le contrat était lié). Malgré tous les espoirs investis en lui, Rosberg devait penser à sa carrière et a donc rejoint Mercedes.

Rubens Barrichello, le plus expérimenté des pilotes dans l'Histoire de la F1, est venu prêter main-forte en 2010. Pour l'autre voiture, Frank Williams a choisi la recrue Nico Hülkenberg qu'il voyait comme un nouveau Rosberg. Motorisée par Cosworth, l'écurie battait Force India dans le classement des constructeurs, se méritant la 6e place par un seul point. Mais le moment de gloire est survenu au Brésil, où Hülkenberg signait une sensationnelle pole position surprise. Cela n'empêcherait pas Williams de le remercier, l'équipe ayant perdu des sponsors d'importance et se voyant obligée de recourir à un pilote 'payant'.

Le soutien financier de Pastor Maldonado a aidé Williams à faire son choix : la recrue vénézuelienne sera le coéquipier de Barrichello en 2011. Vu son expertise au niveau du SREC, réintégré à la F1 en 2011, il reste à voir si la vénérable écurie de Frank Williams saura grimper un échelon ou deux.

Après une saison 2011 complètement ratée (cinq points marqués), Williams retrouve son partenaire préféré et reprend sa collaboration avec le motoriste français RSF1. Senna a remplacé Barrichello, Maldonado continue pour une deuxième saison. Et le Vénézuélien remercie son équipe de lui avoir fait confiance en s'imposant à Barcelone. Ce Grand Prix d'Espagne 2012 restera mémorable pour Williams, le garage ayant pris feu quelques heures après ce succès, le premier depuis Juan Pablo Montoya à Interlagos en 2004.

Le reste de l'année 2012 sera moins performant, Williams termine à la huitième place du classement constructeurs. En 2013, Maldonado sera encore là mais son coéquipier ne sera plus sud-américain mais finlandais en la personne de Valtteri Bottas.