Deuxième équipe de F1 achetée par Dietrich Mateschitz, le propriétaire de la marque Red Bull, la Scuderia Toro Rosso a repris les fondations de la petite Scuderia Minardi. Pour la saison 2006, la première sous son nouveau nom, le châssis utilisé par Toro Rosso était celui de l'équipe Red Bull en 2005, remis au goût du jour.

Pour la saison 2006, l'ancien pilote de F1 Gerhard Berger entrait dans le capital de l'équipe en achetant la moitié des parts. Il prenait par la même occasion la direction de l'équipe. L'Autrichien a ensuite fait appel à Franz Tost (son ancien collaborateur chez BMW). Pour piloter ses monoplaces, deux jeunes espoirs : un Américain (Scott Speed) et un Italien (Vitantonio 'Tonio' Liuzzi). Une saison d'apprentissage sans exploit notable de la part des deux coéquipiers.

En 2007, les Toro Rosso étaient propulsées par des V8 Ferrari et toujours pilotées par Speed et Liuzzi. Mais avant même le début de la saison, Gerhard Berger n'avait pas caché son mécontentement à propos de ses pilotes, dont les postes ont été confirmés très tardivement. Les résultats n'étant pas à la hauteur des espoirs, Speed a payé le prix fort en étant débarqué en milieu de saison, une supposée altercation physique entre lui et Tost n'ayant certainement pas aidé la situation.

Speed a été remplacé par le très prometteur Sebastian Vettel, pur produit de la filière Red Bull. À la fin de la saison 2007, c'était au tour de Liuzzi de se faire raccompagner jusqu'à la porte de sortie où il croisait un certain multiple champion ChampCar nommé Sébastien Bourdais. Le pilote français devint en effet l'équipier de Vettel en 2008.

Cette saison 2008 est à ranger dans le tiroir réservé aux bons souvenirs, surtout grâce à Vettel qui remporta sa première victoire en F1 - ainsi que la première (et seule à ce jour) de l'équipe - à Monza lors d'un Grand Prix d'Italie pluvieux. Auteur de quelques exploits retentissants, Vettel fit beaucoup d'ombre à Bourdais qui pourtant ne déméritait pas, mais la malchance et des questions de réglages ont souvent empêché le Français de transformer quelques belles prestations en points.

Les exploits de Vettel ont convaincu Dietrich Mateschitz de lui confier une Red Bull en 2009. Gerhard Berger décidait alors de quitter la direction de l'équipe ; l'Autrichien revendait ses parts à son ami Mateschitz et Franz Tost prenait les commandes de l'équipe.

Pour la saison 2009, Le Suisse Sébastien Buemi (issu du programme Red Bull) a très vite été confirmé en tant que remplaçant de Vettel, mais Bourdais a dû attendre le mois de février pour être confirmé. De toute évidence, les relations étaient tendues et c'est sans surprise que l'équipe remerciait Bourdais pour ses services après neuf courses. Il fut remplacé par un Espagnol, Jaime Alguersuari (un autre membre du programme de développement de Red Bull).

Le duo composé de Buemi et Alguersuari était de retour en 2010, et bien qu'ils aient gagné en expérience, les résultats n'y étaient pas. La malchance a été un facteur, mais la voiture manquait surtout de compétitivité. Le Suisse et l'Espagnol ont chacun marqué des points à deux occasions, la meilleure prestation étant une 8e place.

Les deux coéquipiers étaient de retour en 2011, mais sous grande pression car Toro Rosso menaçait de remplacer à tout moment le moins performant des deux. Le stratagème a fonctionné puisque chacun a non seulement complété le championnat mais aussi connu la meilleure saison de sa carrière. C'est donc avec stupéfaction qu'Alguersuari et Buemi ont appris qu'ils étaient remplacés par des recrues.

Toro Rosso ayant choisi de revenir à sa vocation première, soit le développement de jeunes pilotes pour la filière Red Bull, Daniel Ricciardo et Jean-Éric Vergne ont été titularisés pour 2012. Chacun aura son point fort, Ricciardo les qualifications, Vergne la course, mais c'est le Français qui termine la saison devant son coéquipier australien. Ils seront associés en 2013 pour se disputer la place qui sera peut-être laissée vacante par Mark Webber chez Red Bull en 2014.