• Chronique ESPNF1 : Karun Chandhok

Vettel le chanceux

Karun Chandhok
26 septembre 2012
L'abandon de Hamilton a donné la victoire à Vettel
© Sutton Images
Agrandir

Karun Chandhok revient sur le Grand Prix de Singapour, où Sebastian Vettel a profité des déboires de Lewis Hamilton pour s'imposer.

Il existe peu de doutes sur le fait que la victoire de Sebastian Vettel à Singapour, sa deuxième de la saison, est dû en grande partie à la défaillance de la boîte de vitesses de la McLaren pilotée par Lewis Hamilton ; ce dernier avait déjà trois secondes d'avance au moment de son abandon au 23e tour. Mais sachant que le pilote Red Bull avait lui-même abandonné sur panne d'alternateur, il y a quelques mois à Valence alors que la victoire lui était pratiquement assurée, on ne pourrait lui en vouloir d'être heureux que la chance lui porte bonheur cette fois.

Pendant tout le week-end singapourien, le champion en titre et Hamilton semblaient sur une autre planète. Ni leurs coéquipiers ni leurs adversaires n'étaient à la même hauteur pendant les essais, et à l'exception des chronos de Seb pendant la Q3, on pouvait s'attendre à ce que les qualifications se décident entre eux. L'abandon en course de Lewis était vraiment dommage pour lui, mais aussi pour son combat dans le championnat. Il s'est retrouvé à marcher vers les stands plutôt que grimper sur la plus haute marche du podium. Il est maintenant à 52 points du leader Fernando Alonso au lieu des 27 qu'il pouvait espérer.

Le pilote Ferrari n'a jamais été une réelle menace pour Hamilton ou Vettel, et ce de tout le week-end. Une fois de plus, ce fut pour lui une course de détermination et de patience, avec un autre podium à l'arrivée. Fernando a profité des abandons de Lewis et Pastor (Maldonado) pour rejoindre le podium à la conclusion d'un autre week-end pendant lequel sa mission était de limiter les dommages. Par conséquent, son avance demeure sensiblement la même après chaque course. Chaque fois on ressent du soulagement en provenance de Maranello, mais c'est sûrement une manière très stressante de remporter un championnat du monde.

"Chaque équipe est très forte et par conséquent chaque pilote enlève des points à l'autre, ce qui facilite la tâche de Fernando"
Karun Chandhok

Pour expliquer mes propos, quelques statistiques vont donner le contexte. À ce point-ci de la saison en 2010, Vettel n'avait remporté que deux courses (comme cette année) et a néanmoins réussi à combler un déficit de 25 points lors des deux dernières manches de la saison pour arracher le titre des mains d'Alonso lors de la finale. La Ferrari de 2010 n'était pas aussi compétitive que la Red Bull d'alors (comme cette année), et l'équipe comptait sur sa constance et quelques victoires ici et là pour conserver le leadership du championnat (comme cette année). Ferrari a sûrement fait le parallèle et sait qu'elle doit gagner une ou deux courses, et ne connaître aucun abandon d'ici la fin de la saison, pour remporter le championnat des pilotes qu'Alonso mène depuis si longtemps.

Quant à McLaren et Red Bull, ces écuries doivent améliorer leur fiabilité. Chaque équipe est très forte et par conséquent chaque pilote enlève des points à l'autre, ce qui facilite la tâche de Fernando d'une certaine façon. Mais ils doivent ignorer cet aspect et se concentrer entièrement à réduire l'écart qui les sépare du leader. Puisque Jenson (Button) et Mark (Webber) s'éloignent, le combat pour la couronne se transforme lentement en lutte à quatre. Mais Lewis, Sebastian et Kimi (Räikkönen) doivent remporter au moins une ou deux courses d'ici la fin de l'année, en plus de grimper sur le podium régulièrement, pour s'emparer du titre.

L'écurie Lotus a vécu un week-end difficile à Singapour ; autant Kimi que Romain (Grosjean) semblaient un peu perdus vendredi. L'équipe a cependant bien récupéré samedi et dimanche pour placer ses deux voitures dans les points, limitant ainsi les dommages, mais il faudra comprendre pourquoi ce fut si difficile. La nature rapide et fluide du tracé de Suzuka devrait mieux convenir à Lotus, dont les monoplaces s'étaient montrées très compétitives sur des circuits très 'aéro' tels ceux de Barcelone, Hongrie et Silverstone. L'équipe doit vraiment enfin gagner une course cette année, ne serait-ce que pour se débarrasser de cette frustration avant l'hiver.

Ce fut un autre week-end de 'si seulement' pour Maldonado et l'écurie Williams...
© Sutton Images
Agrandir

Force India et Paul di Resta ont connu un très bon week-end. Le pilote écossais a bien fait lors des qualifications et sa stratégie à deux arrêts lui a permis de mettre la pression sur Fernando pendant la dernière partie de la course. Il sera intéressant de voir si Force India a finalement réglé ses problèmes de dégradation des pneus ou si ce sont les deux déploiements de la Voiture de Sécurité qui ont donné un coup de main à l'équipe.

C'est vraiment très dommage pour l'écurie Williams : un autre week-end pendant lequel l'équipe était très rapide mais n'a récolté aucun point pour le prouver (double abandon sur cause mécanique). Le tour de qualification de Pastor Maldonado a été très impressionnant (2e meilleur chrono), et après un premier tour de course quelque peu prudent, il semblait se diriger vers un résultat dans le top 5. Il serait intéressant de revoir ces week-ends de 'si seulement' vécus par Williams pour déterminer combien de points potentiels ont été perdus cette saison.

Maintenant nous prenons la direction du Japon pour nous rendre sur le circuit de Suzuka, véritable favori parmi les pilotes. En ce qui me concerne, avec Monaco et Silverstone, il s'agit certainement d'un des meilleurs au monde et les fans japonais sont tout simplement extraordinaires. Et avec chaque manche, le championnat se resserre et la pression augmente pour rallier l'arrivée, marquer des points, monter sur le podium et signer des victoires.

Notre chroniqueur Karun Chandhok analyse chaque Grand Prix en exclusivité sur ESPNF1.

© ESPN EMEA Ltd.

flux RSS flux RSS: ESPN Staff

  • Email
  • Commentaires
  • Imprimer
Email