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C'est en juillet 1976 que Bernard Hanon et Gérard Larrousse prenaient officiellement la décision d'engager la régie en F1. Pour l'époque, c'était une politique très volontariste. François Castaing a été chargé de concevoir le châssis alors que Bernard Dudot s'occupait du V6 turbo. La voiture a été présentée au printemps 1977 et faisait ses grands débuts en F1 à l'occasion du Grand Prix d'Angleterre où la RS01 recevra le sobriquet de 'Yellow Tea Pot' (la théière jaune).

Le 1er juillet 1979, sur le circuit de Dijon, Jean-Pierre Jabouille offrait à Renault son premier succès dans la discipline reine. Une victoire éclipsée par le formidable duel entre la Ferrari de Gilles Villeneuve et la seconde Renault de René Arnoux.

Renault décidera de poursuivre son aventure en faisant appel à un jeune espoir du sport automobile tricolore du nom d'Alain Prost. 'Le professeur' décrochera sa première victoire en F1 au volant d'une monoplace française et jouera à plusieurs reprises le titre… et le ratera autant de fois.

Une fois séparé de son pilote phare, Renault, en plus de son équipe, choisissait de devenir motoriste pour d'autres écuries. Lotus, qui engage un certain Ayrton Senna, s'en tirera le mieux. En 1986, la dernière pour Renault avec le moteur turbo, les problèmes financiers rencontrés par le constructeur obligeaient la direction à très fortement réduire les frais du domaine sportif.

En octobre 1988, moins d'un an après sa mise en chantier, une Williams effectuait quelques tours de roue avec le premier moteur atmosphérique V10 Renault. Après une année d'apprentissage prometteuse, en 1990, Thierry Boutsen arrachait une magnifique victoire au Grand Prix de Hongrie. L'année suivante, le bilan de Williams et Renault aura belle allure puisque Nigel Mansell et Riccardo Patrese se sont partagés sept victoires.

Rien ne résistera plus à Mansell et sa Williams Renault en 1992. Un premier sacre qui était suivi par ceux d'Alain Prost en 1993, Damon Hill en 1996 et enfin de Jacques Villeneuve en 1997, tous sur Williams Renault. À cela, il faut ajouter le sacre mondial de Michael Schumacher en 1995, sur Benetton Renault.

En 2002, Renault revenait avec la ferme intention de combler le seul manque à son palmarès, un titre des constructeurs. La disparition du fabricant de vêtements Benetton des grilles de départ était inéluctable suite à des années de descentes aux enfers et c'est donc sur les ruines de cette équipe que Renault prépara son grand retour en tant que constructeur à part entière.

L'année 2004 semblait bien partie pour être celle de tous les succès pour l'équipe Renault F1. Longtemps accrochée à la 2e place dans l'ombre de l'intouchable Scuderia Ferrari, la victoire de Jarno Trulli à Monaco a même entretenu l'illusion jusqu'à quelques encablures de la fin de la saison où les efforts conjugués de Fernando Alonso et de Jacques Villeneuve ne parviendront pas à éviter le recul au 3e rang du championnat des constructeurs. Une place de mieux qu'en 2003 toutefois.

En 2005, l'objectif était de récolter le plus grand nombre de victoires possible - Fernando Alonso et Giancarlo Fisichella ne demandaient que ça ! Un premier succès de l'Italien en Australie dès le premier Grand Prix donnait le ton pour l'équipe française, qui allait rester invaincue lors des quatre premières manches avec trois victoires du futur champion du monde espagnol. Le premier sacre obtenu avec Alonso, celui des pilotes, l'écurie Renault est allée en décrocher un second, celui - tant attendu - des constructeurs. Le premier de l'histoire du Losange en F1.

Fernando Alonso et Renault ont réussi à doubler la mise en 2006, face à un tout autre adversaire : Michael Schumacher et sa voiture rouge. L'Espagnol et l'écurie dirigée par Flavio Briatore ont su s'imposer avant de se séparer, mais pas pour longtemps, même si à la fin de la saison 2006, ils ne le savaient pas encore...

Après avoir brillé de mille feux en 2005 et 2006, l'équipe Renault est nettement rentrée dans le rang l'année suivante. La R27 n'était pas la meilleure amie des pneus Bridgestone en 2007 et malgré quelques belles courses de la part de Giancarlo Fisichella et de son équipier Heikki Kovalainen, la monoplace française n'a jamais fait illusion.

L'année 2008 voyait le retour "à la maison" de Fernando Alonso (après un passage d'une saison chez McLaren), en plus de résultats à la hauteur des ambitions de l'équipe. Le champion espagnol a même été celui qui a marqué le plus de points lors des dernières courses de l'année, ajoutant deux succès à son palmarès (Singapour et Japon). Quant à Nelson Piquet Jr, il n'a pas vraiment convaincu malgré quelques beaux, mais trop rares, résultats.

En 2009, l'équipe Renault repartait en campagne avec Alonso et Piquet, ce dernier se voyant ainsi offrir une seconde chance de briller au plus haut niveau. L'objectif de l'écurie française - et d'Alonso - était de se battre pour le titre mondial. Ils en seront incapables et l'année sera désastreuse à plus d'un niveau. Alonso terminait à la 9e place du championnat des pilotes, Renault à la 8e du classement des constructeurs.

Le congédiement de Piquet Jr au cours de l'été poussera le Brésilien à faire des révélations choquantes : il avait délibérément fracassé sa voiture contre un mur lors du GP de Singapour 2008, et ce à la demande du patron Flavio Briatore et du directeur technique Pat Symonds. Le but de l'opération était de neutraliser la course derrière la Voiture de Sécurité au moment où Alonso venait de ravitailler. Cette stratégie a permis à ce dernier de remporter la course. Le scandale Crashgate naissait, un an après les événements.

L'enqête de la FIA est arrivée à la conclusion qu'Alonso ne savait rien de la tricherie. Cependant, Briatore et Symonds se voyaient bannis de la F1 (cette décision sera annulée en appel devant une cour civile). Les deux hommes quittaient Renault F1 dans la honte alors que le manufacturer automobile se questionnait sur l'avenir de son équipe. Alonso était alors en partance pour Ferrari et les services de Romain Grosjean, le remplaçant de Piquet, n'ont pas été retenus. Telle était la situation de crise à la fin du championnat 2009.

En décembre, Renault décidait de vendre une part majoritaire de son écurie à la société luxembourgeoise Genii Capital (dirigée par Gérard Lopez), ne conservant qu'un quart à son nom. L'équipe, avec Éric Boullier à la barre, s'inscrivait au championnat 2010 sous l'enseigne Renault F1. Avec l'arrivée de Robert Kubica, l'espoir renaissait.

Kubica, remarquable au volant d'une R30 en constante évolution, montait trois fois sur le podium au cours de la saison 2010. L'équipe se classait à la 5e place du championnat des constructeurs et confirmait sa remontée. Cependant, plusieurs erreurs commises par la recrue Vitaly Petrov coûtèrent de nombreux points à l'équipe. Le Russe a toutefois signé une belle performance lors de la finale à Abou Dhabi lorsqu'il a retenu Alonso pendant 40 tours, jouant ainsi un rôle inattendu dans l'attribution du titre remporté par Sebastian Vettel.

En décembre 2010, Renault vendait ses parts au manufacturier automobile Group Lotus, qui prenait alors "une participation significative" mais non précisée dans l'écurie. En prévsion du championnat 2011, Renault F1 est devenue Lotus Renault GP. Genii Capital serait toujours l'actionnaire majoritaire. Éric Boullier demeure patron de l'équipe, Kubica et Petrov sont maintenus à leurs postes.

Le programme F1 de Renault se concentre de nouveau sur un rôle de motoriste, bien qu'il fournisse une expertise technique à son 'ancienne' équipe. De plus, Renault prépare des moteurs pour Red Bull et Team Lotus (cette dernière écurie étant aux prises avec Group Lotus pour l'utilisation de ce nom).

Avec l'investissement important qu'apporte Group Lotus à l'équipe, on s'attendait à voir Lotus Renault GP - et ses pilotes - progresser davantage en 2011. En raison essentiellement de l'accident de rallye de Kubica et de choix techniques audacieux mais trop risqués il n'en a rien été. En 2012, Renault devient Lotus et fait l'événement avec le retour de Kimi Räikkönen.

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