Red Bull a rejoint la F1 en 2005 après que l'enseigne de boissons énergisantes eut racheté Jaguar Racing en novembre 2004. Le prix ? 1$. Mais l'investissement monta rapidement à 400 M$. Le titre mondial était au bout, cinq ans plus tard.

Fondée à la fin de l'année 1996 par Jackie Stewart et son fils Paul, l'équipe Stewart Grand Prix connut une belle progression jusqu'à ce que les deux Écossais cèdent les commandes de leur équipe à la Ford Motor Company. Le manufacturier automobile était décidé à lancer sa marque de prestige, Jaguar, dans le grand bain de la F1 en l'an 2000. Malheureusement, aussi séduisant fut-il, le scénario n'a pas eu la réussite escomptée.

Les résultats n'y étant pas et contraint de passer la main à son tour, à la fin de l'année 2004, Ford a trouvé en Dietrich Mateschitz un repreneur doté d'une énergie nouvelle. L'homme d'affaires autrichien a fait fortune grâce à une boisson gazeuse énergisante vantée par le célèbre slogan "Red Bull donne des ailes!"

Nouveau nom, nouvelles couleurs... L'équipe Red Bull misa sur l'expérience de David Coulthard et la jeunesse de Christian Klien et Vitantonio Liuzzi (qui se sont partagés le volant) pour parcourir les 19 étapes de la tournée mondiale 2005 du grand cirque de la Formule 1. La première campagne mondiale de l'écurie de Milton Keynes sous les couleurs de Red Bull redonna des ailes à David Coulthard dès le premier rendez-vous en Australie, où le vétéran écossais allait offrir le meilleur résultat de la saison à sa nouvelle équipe : une 4e place.

À la fin de l'année, Red Bull annonçait un grand coup : l'embauche de l'ingénieur Adrian Newey, celui qui avait conçu des voitures championnes pour Williams et McLaren. Voilà de bonnes raisons de prendre le projet Red Bull Racing au sérieux.

En 2006, c'est un V8 Ferrari qui motorisait les voitures de Coulthard, Klien et Robert Doornbos. Coulthard a signé le premier podium de Red Bull dans un décor de prestige, à Monaco. Puisque l'équipe faisait alors la promotion du film Superman Returns, Coulthard s'est présenté sur le podium drapé d'une cape rouge.

En 2007, c'est un bloc Renault qui propulsait les monoplaces de Coulthard et Mark Webber (qui avait déjà piloté pour l'écurie à l'époque Jaguar). C'est ce dernier qui signait le seul podium de l'équipe au Nürburgring, mais la Red Bull RB3 aurait pu faire beaucoup mieux si seulement son niveau de fiabilité avait été meilleur.

Newey et son équipe d'ingénieurs ont donc donné la priorité à la fiabilité pour 2008, mais c'est surtout la compétitivité de la RB4 qui semblait en retrait, notamment face à la monoplace de l'équipe petite soeur Toro Rosso et de son pilote surdoué Sebastian Vettel qui remportait le GP d'Italie à Monza.

David Coulthard a toutefois réussi à monter sur le podium une dernière fois au Canada avant d'annoncer qu'il allait faire valoir ses droits à une retraite bien méritée à la fin de l'année. Vettel a remplacé le vétéran écossais en 2009.

L'objectif 2009 de Red Bull était de remporter une victoire, mais l'équipe en a plutôt remporté six. La première, en Chine, a été l'œuvre de Vettel (les GP de Grande-Bretagne, du Japon et d'Abou Dhabi vinrent ensuite). Webber ajoutait l'Allemagne et le Brésil. La menace que représentait Red Bull devenait bien réelle pour les autres équipes.

Le championnat 2010 a été extrêmement compétitif. La bataille entre les pilotes Red Bull, McLaren et Ferrari a vu la tête du classement changer à plusieurs reprises. La RB6 était clairement la meilleure voiture mais des problèmes de fiabilité en début de saison ont coûté cher. La tension entre Webber et Vettel, qui augmentait sans cesse, a causé sa part d'erreurs et de mésententes. Le propriétaire Mateschitz , de son côté, préférait perdre le titre des pilotes honorablement qu'imposer une consigne d'équipe.

Au Brésil, un doublé octroyait la couronne des constructeurs à Red Bull : une réussite de taille pour une organisation qui ne comptait que six saisons de Formule 1 à son actif. Lors de la finale à Abou Dhabi, Vettel décrochait le titre des pilotes à la conclusion d'une course marquée par la mauvaise stratégie de ses adversaires. Il devenait ainsi le plus jeune champion dans l'Histoire de la F1.

En 2011, Red Bull Racing réussissait à conserver ses deux titres et de quelle manière puisque Vettel était facilement sacré, battant au passage le record du nombre de pole positions en une saison, qui était détenu depuis 1992 par Nigel Mansell, 15 contre 14.

En 2012, Red Bull était moins dominatrice, surtout en début de saison mais le génie d'Adrian Newey parlait sur la fin et la fabuleuse série se poursuivait avec un troisième titre des Constructeurs et Vettel plus jeune triple champion du monde de l'Histoire.