Lorsque l'écurie Honda annonce en 2008 qu'elle se retire de la Formule 1, avec effet immediat, l'avenir de l'équipe et de ses pilotes semble bien sombre. Durant l'hiver, les rumeurs vont bon train : de nombreux racheteurs seraient sur les rangs, pour la somme symbolique de 1£.

Le 6 mars 2009, l'ancien directeur technique de Honda, Ross Brawn, annonce qu'il a racheté l'équipe. Renommée Brawn GP, l'écurie s'inscrit pour la saison 2009 et engage deux pilotes expérimentés, Jenson Button et Rubens Barrichello, soit ceux qui étaient déjà en place. Les monoplaces Brawn (nées Honda) sont équipées du puissant moteur Mercedes.

L'équipe a eu très peu de temps pour faire des essais de pré-saison, mais certaines écuries rivales sont néanmoins surprises par le potentiel que démontrent les voitures blanches. Cependant, bien que les temps aient été rapides, on ne s'attend pas à de grands résultats.

Mais, prouvant qu'il ne faut jamais sous-estimer Ross Brawn, Button remporte le Grand Prix d'ouverture, en Australie, dans un style très convaincant. Barrichello termine deuxième, tout près de son coéquipier. C'est l'étonnement total : depuis des années, les voitures Honda s'étaient montrées anémiques. La magie de Ross Brawn fonctionne toujours.

Button continue à museler la critique en remportant six courses sur les dix premiers Grands Prix, ce qui permet à l'écurie Brawn d'être largement en tête du classement constructeurs. Et, bien que leurs adversaires soient venus les chatouiller en fin de saison, Brawn GP présente un bilan record pour la saison 2009 en ayant été : huit fois vainqueur, quatre fois deuxième, trois fois troisième et en n'ayant abandonné que deux fois.

L'écurie Brawn réussit l'exploit improbable de remporter le championnat des constructeurs au terme de sa première année de compétition. L'équipe a inscrit 18,5 points de plus que son rival Red Bull. Et après 10 ans passés en F1, Jenson Button est enfin sacré champion du monde. Un véritable et incroyable conte de fées.

Le 16 novembre 2009, le groupe Daimler et Abou Dhabi Aabar Investments annoncent qu'ils rachètent 75,1% des parts de l'écurie et qu'en 2010, elle courra sous le nom de Mercedes GP. Le mois suivant, une autre grosse surprise : Michael Schumacher sort de sa retraite et rejoint ainsi l'équipe de son ancien compagnon de l'époque Ferrari, Ross Brawn.

En fait, c'est le départ de Jenson Button vers McLaren qui a permis l'embauche de Schumacher. Rubens Barrichello, quant à lui, avait déjà été remplacé par Nico Rosberg avant l'arrivée de Mercedes.

C'est donc avec un duo de pilotes allemand que Mercedes entame le championnat 2010 avec de grands espoirs. Mais les efforts investis par l'équipe pour remporter le championnat 2009 ont retardé le développement de la voiture 2010. Rosberg monte trois fois sur le podium, mais le rythme demeure loin des meneurs que sont Red Bull, McLaren et Ferrari.

Après une absence de trois ans, Schumacher s'adapte tant bien que mal à la nouvelle réalité de la F1 et à une voiture dont il n'a aucunement contribué à la conception. Plus souvent qu'autrement battu par Rosberg, en fin de saison il parvient à faire de bonnes choses bien que ses manœuvres demeurent parfois contestables.

L'écurie Mercedes, championne en 2009 sous la bannière Brawn GP, termine la saison 2010 à la 4e place du championnat. L'année 2011 s'annonçait meilleure mais elle ne l'a pas été : aucun podium contre les trois de la saison précédente, même si Schumacher a failli monter sur la "boîte" pour la première fois depuis 2006 au Canada.

En 2012, Mercedes décrochera sa première victoire grâce à Nico Rosberg en Chine. Michael Schumacher fera aussi un podium, son 155e en carrière, à Valence lors du Grand Prix d'Europe. Après des débuts prometteurs, Mercedes ne finit pas la saison sur le bon tempo, inscrivant aucun point pendant cinq courses consécutives. L'écurie reste sous la menace de Sauber pour la 5e place, Lewis Hamilton est très attendu en 2013 pour essayer d'amener Mercedes vers les sommets, mais il a déjà prévenu que la tâche serait ardue.