• Écuries de pointe

Pérez, premier de sa génération

Laurence Edmonson
13 janvier 2013

Sergio Pérez aura tout un défi à relever chez McLaren cette année. Au cours des deux prochains mois, soit d'ici le début du championnat 2013, il devra se transformer en pilote de milieu de peloton au grand potentiel en pilote d'écurie de pointe capable de rivaliser contre Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Kimi Räikkönen et bien sûr son propre coéquipier Jenson Button.

Jadis, se préparer pour ses débuts au sein d'une écurie de pointe était beaucoup plus facile pour un jeune pilote. Lewis Hamilton n'était qu'une recrue lorsqu'il a rejoint McLaren en 2007, mais il avait déjà accumulé 16 000 kilomètres d'essais privés, tandis que Pérez a actuellement 9400 kilomètres de course d'expérience après ses deux saisons comme titulaire chez Sauber. Ce n'est pas négligeable, mais il n'aura droit qu'à six journées d'essais (les six autres étant pour Button) au volant de la nouvelle McLaren avant d'entamer la saison.

C'est peu de temps pour se familiariser avec une nouvelle voiture et une nouvelle équipe. Sans oublier qu'il faudra que Pérez aide les ingénieurs à résoudre les inévitables premiers petits pépins de développement, comme c'est toujours le cas lors des essais de pré-saison.

Formation accélérée

Pérez est donc le premier d'une nouvelle génération de pilotes qui obtient un poste de titulaire dans une écurie de pointe, sans avoir le bénéfice d'essais privés quasi-illimités pendant l'hiver et entre chaque Grand Prix ou presque. Vettel, Alonso, Hamilton, Button, Räikkönen et Webber ont tous été recrutés par des écuries de pointe avant que l'interdiction sur les essais privés entre en vigueur à la fin de 2009. Les essais ont été réduits de manière drastique pour des raisons d'économie, mais cela a eu un impact négatif sur les jeunes pilotes, qui ont depuis beaucoup moins d'opportunités pour gagner de l'expérience en piste.

C'est donc pendant les week-ends de course que Pérez et ses contemporains (Maldonado, di Resta, Grosjean et Hülkenberg entre autres) ont dû apprendre leur métier de pilote titulaire en F1. Cela s'est avéré une expérience difficile par moments, surtout pour Pérez, Maldonado et Grosjean, car des erreurs qui auraient eu peu d'importance lors d'essais privés ont été commises en conditions de course devant des millions de téléspectateurs. Les excellents résultats réalisés par Pérez l'an dernier chez Sauber (trois podiums) démontrent clairement son potentiel, mais le fait demeure qu'il a encore beaucoup à faire et à apprendre avant d'entamer son premier test aux commandes d'une McLaren. Et il le sait très bien.

"Le plus important pour moi, c'est de développer un rythme automatique dans tous les domaines, comme le volant, les codes et la compréhension des réglages, et aussi développer une bonne communication avec mes ingénieurs", a expliqué le Mexicain. "Bâtir ma relation avec mes ingénieurs et l'équipe est un aspect très important car je dois être aussi familier que possible avec l'équipe pour les premiers essais. Ensuite, lorsque nous arriverons à Melbourne (pour le premier GP de l'année), je serai bien préparé. Tout sera automatique et je n'aurai pas besoin de réfléchir à autant de choses. Mieux je serai préparé, mieux ce sera."

Apprendre tous les rouages

Pérez devra vite se familiariser chez McLaren
© McLaren
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Chez McLaren, on fait le maximum pour que Pérez soit aussi bien formé que possible avant le début de la saison. Pour bien absorber son nouvel environnement, il passe tout le mois de janvier à l'usine de Woking, en Angleterre. Il a même accumulé des heures dans le simulateur McLaren avant la fin de son contrat précédent (avec la permission de l'écurie Sauber bien entendu). Cependant, le fait de travailler dans un simulateur est déjà une nouvelle expérience pour lui.

"Nous n'en avions pas chez Sauber", a-t-il dit. "McLaren s'appuie énormément sur son simulateur. C'est une bonne expérience, mais cela prend un peu de temps pour s'y habituer."

Lorsque la nouvelle MP4-28 fera ses premiers tours de roue à Jerez, au début de février, il ne faudra pas que McLaren se retrouve avec d'importants problèmes de développement comme ce fut le cas il y a deux ans. Chaque minute passée dans le cockpit sera cruciale pour Pérez car les ingénieurs compteront sur ses impressions pour éliminer des dixièmes de seconde supplémentaires avant d'arriver en Australie. Par conséquent, sachant qu'elle aura un pilote moins expérimenté derrière le volant, l'équipe espère éviter tout problème technique de taille. Button ne pourra pas tout régler seul.

S'habituer à son nouvel environnement "prendra un peu de temps avec seulement six jours d'essais", a reconnu Pérez. "Je dois me familiariser avec l'équipe, mais je m'attends à être compétitif à Melbourne. Le plus grand défi sera de gagner. Nous sommes tous ici pour gagner et c'est le défi auquel nous faisons face chez McLaren."

"Lorsque vous arrivez chez McLaren, on s'attend à ce que vous gagniez chaque course car vous êtes dans la meilleure équipe. Et si vous ne gagnez pas, c'est que quelque chose cloche", a-t-il ajouté. "Je m'attends donc à subir une plus grande pression, mais comme pilote vous cherchez toujours à être dans une écurie de pointe et à gagner des courses et des championnats."

La courbe d'apprentissage risque d'être plutôt raide pour Sergio Pérez, mais observer son évolution ne sera qu'une des nombreuses histoires intéressantes à suivre au cours du championnat 2013.

Laurence Edmondson est éditeur-adjoint chez ESPNF1

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