• McLaren

Hamilton pouvait-il être champion ?

ESPN Staff
30 novembre 2012 « De Villota poursuit sa convalescence | Bianchi va découvrir Yeongam »

Avant le Brésil, manche de clôture de la saison 2012, le patron de l'écurie McLaren, Martin Whitmarsh a reconnu que Lewis Hamilton aurait pu se battre pour le titre mondial avec Sebastian Vettel et Fernando Alonso jusqu'au bout.

Selon lui, le Britannique aurait pu quitter Woking coiffé d'une deuxième couronne mondiale avant de partir pour Brackley et l'équipe Mercedes. C'est vrai, Lewis Hamilton n'a pas été verni cette année, ralenti dans les stands en début de saison, puis contraint à l'abandon à plusieurs reprises cet automne, ennuyé par des soucis de fiabilité. Il a renoncé après un accrochage avec Nico Hülkenberg dimanche dernier dans les S de Senna. L'Allemand avait pu repartir, pas lui, tout un symbole de le voir terminer son année à pieds avant ses petits camarades.

Cette année, il a décroché quatre victoires, une de plus qu'Alonso, une de moins que Vettel. En qualification, il est le meilleur de la saison avec sept pole positions, une de plus que Vettel. Ce dernier a aussi connu des problèmes de fiabilité cette année, son alternateur l'a trahi à plusieurs reprises. Alonso a réussi une superbe saison avec le matériel qui lui a été octroyé, il a été au maximum de ce qu'il pouvait réussir. Sa Ferrari F2012 n'a pas impressionné en termes de performance mais en course, elle n'a pas failli. L'Espagnol a abandonné deux fois, suite à des accrochages, à Spa et à Suzuka, après un contact avec Kimi Räikkönen.

Par rapport à 2011, McLaren n'arrivait pas en retard pour le début de saison, elle réussit ses essais de pré-saison. Lors de la seconde semaine de tests à Barcelone, Lewis Hamilton avait déclaré que "la voiture était forte, plus forte qu'elle ne l'était à la même période l'an dernier." Et pour preuve, après les trois premiers Grands Prix, Hamilton sera leader du Championnat avec deux points d'avance sur son futur-ex coéquipier Jenson Button, McLaren comptant 24 points de plus que Red Bull.

Lewis Hamilton aurait-il pu être champion du monde cette saison ? Aurait-il pu quitter l'écurie McLaren, à laquelle il appartenait depuis l'âge de 11 ans, sur un titre mondial ? Nous nous sommes posé la question, en examinant sa saison et tous ses déboires en profondeur.

Australie : Pole position, troisième place à l'arrivée
Malaisie : Pole position, troisième place à l'arrivée
Chine : Deuxième temps (septième place sur la grille après pénalité pour changement de boîte), troisième place à l'arrivée. Grâce aux trois vainqueurs différents en trois courses, il est en tête du championnat, sa régularité paye en ce début de saison.

Les mécaniciens McLaren n'ont pas été irréprochables au début de la saison, notamment à Bahreïn © Sutton Images
Agrandir

Bahreïn : Deuxième temps des qualifications, huitième place à l'arrivée. Cette course marque le début de ses ennuis au stand. Ses mécanos perdent plusieurs secondes à changer son pneu arrière gauche. Il était troisième avant son premier stop : 11 points de perdus (Alonso, septième, récupère 2 points, Vettel s'impose)
Espagne : Il réussit la pole position devant Pastor Maldonado, mais il est rétrogradé à la dernière place sur la grille pour quantité insuffisante d'essence après la qualif. Chaque pilote doit avoir un litre de carburant dans sa voiture après les qualifications et la course à son retour dans le parc fermé, selon l'article 6.6.2 de la réglementation technique, sauf ''cas de force majeure''. McLaren reconnaît son erreur, Hamilton cravache le dimanche et remonte jusqu'au huitième rang. À Barcelone, le poleman s'est imposé à chaque fois depuis le début du XXIe siècle, sauf une fois. Sebastian Vettel avait triomphé en s'élançant de la seconde position. Maldonado, vainqueur de la course, poursuit cette tendance, Hamilton avait donc toutes les chances de s'imposer : 21 points de perdus (Alonso, deuxième, récupère trois points, Vettel, sixième, deux)

Monaco : Troisième temps, cinquième place à l'arrivée
Canada : Deuxième temps, vainqueur à l'arrivée. Le Britannique remporte sa première victoire de la saison, il est le septième pilote différent à remporter une des sept premières courses en 2012, lors de ce début de championnat complètement fou.
Europe (Valence) : Deuxième temps, dix-neuvième place à l'arrivée. Il est classé après avoir couvert plus de 90% de la course, mais il doit abandonner après une manœuvre kamikaze à deux tours de la fin effectuée par Pastor Maldonado, dans une lutte pour la dixième place. Il n'avait plus de pneus, plus de performance à l'arrière de sa MP4-27. À trois tours de la fin, il pouvait encore viser la deuxième place, derrière Fernando Alonso. Vettel avait lui abandonné sur problème d'alternateur, il se dirigeait vers la victoire. Vettel perd 25 points, Hamilton 15, Alonso, vainqueur de la course, en récupère sept. Les mécaniciens McLaren avaient commis une nouvelle erreur dans les stands, en début de course. Ce sacré pneu arrière gauche, il n'est pas facile à changer !

Classement virtuel après Valence : Hamilton 135, Vettel 108, Alonso 99

Grande-Bretagne : Huitième temps, huitième place à l'arrivée
Allemagne : Septième temps, abandon à onze tours du but. Sa centième course en Formule 1 ne lui sourit pas. Il crève au premier tour en roulant sur les débris de l'aileron perdu par Felipe Massa. Au moment de son abandon, il occupe la seizième place.
Hongrie : Pole position, vainqueur à l'arrivée

Hamilton descend de sa MP4-27 lors du Grand Prix de Singapour © Sutton Images
Agrandir

Belgique : Septième temps, abandon au premier tour après un carton provoqué par Romain Grosjean. Fernando Alonso est aussi une victime de l'accrochage entre le Français et le pilote McLaren. L'Espagnol a dû être surpris de voir la Lotus s'envoler à quelques centimètres de son casque, l'issue aurait pu être dramatique.
Italie : Pole position, vainqueur à l'arrivée. Vettel perd les huit points de la sixième place, il doit abandonner à cinq tours de la fin, encore sur un problème d'alternateur.
Singapour : Pole position, abandon au 22e tour, problème de boîte de vitesses. Il occupait alors la tête de la course devant Sebastian Vettel, qui profite de l'offrande en s'imposant. La victoire était possible pour Hamilton : 25 points de perdus. Vettel, vainqueur, en récupère sept. Alonso, troisième à l'arrivée, trois.

Après Singapour, Lewis Hamilton a perdu 72 points, Sebastian Vettel 24. Fernando Alonso en a gagné 15. Classement virtuel la 14e manche du Championnat 2012 : Hamilton 214, Vettel 199, Alonso 179

Japon : Neuvième temps, cinquième place à l'arrivée
Corée : Troisième temps, dixième place à l'arrivée. Pendant toute la course, il est ennuyé par sa barre anti-roulis. Très peu de casse pendant cette course, un podium était à sa portée, ou au moins une quatrième place : 11 points de perdus. Sebastian Vettel et Fernando Alonso terminent tous les deux sur le podium, aux première et troisième places.
Inde : Troisième temps, quatrième place à l'arrivée

Abou Dhabi : Deuxième temps, promu en pole avec le problème en qualification de Vettel, le même que celui connu par Hamilton à Barcelone. Le pilote Red Bull, avec sa forme depuis le début de la tournée en Asie, aurait gagné ou fini deuxième, derrière Hamilton, confortable leader avant d'abandonner, suite à un nouveau problème mécanique. Hamilton perd 18 points. Vettel, magnifique troisième, en laisse dix. Fernando Alonso, deuxième à l'arrivée, en récupère six. Il n'aurait pas fini mieux que quatrième.
États-Unis : Deuxième temps, vainqueur à l'arrivée. Il réussit une superbe course, battant Sebastian Vettel à la régulière. Sebastian Vettel aurait bien joué une finale mais pas contre Fernando Alonso. Son troisième titre mondial, il aurait dû se battre pour le décrocher face à Lewis Hamilton. Classement virtuel avant la dernière course de la saison : Vettel 307, Hamilton 291, Alonso 249

Hamilton en perdition pour sa dernière chez McLaren © Press Association
Agrandir

Brésil : C'est un miracle de voir Sebastian Vettel continuer la course, bousculé comme il le fut dans le premier tour de l'ultime levée du millésime 2012. Percuté par Bruno Senna, l'Allemand aurait pu tout perdre après un tête-à-queue. Il pourra repartir de l'avant, avec un fond plat endommagé, mais en dernière position. Un moindre mal pour le stand Red Bull rapidement en possession de photos montrant l'ampleur des dégâts. Parmi les premiers, Lewis Hamilton revient sur Nico Hülkenberg, l'Allemand qui devient un vrai spécialiste de cette piste. En 2010, il décrochait une incroyable pole position dans une Williams.

Deux ans plus tard, il réussit une course de haut vol sur une piste humide. Il se bat pour la victoire quand Hamilton revient à sa hauteur. Les deux hommes arrivent de front dans les S de Senna, le pilote Force India sent sa monoplace lui échapper à l'arrière. Il vient percuter le Britannique, cassant sa suspension avant-gauche et causant son abandon, le sixième de l'année. Il avait fait son retard sur Hülk, il pouvait aller chercher la victoire : 25 points de perdus.

Avec un Vettel miraculé mais seulement sixième, Hamilton aurait été sacré champion du Monde 2012 avec 316 unités, une de plus que l'Allemand. Le Britannique termine sa carrière chez McLaren à pieds, après 110 Grands Prix, 21 victoires, 49 podiums, 26 poles, et surtout un sacre mondial en 2008, conquis au dernier tour du Grand Prix du Brésil à Interlagos après un dépassement sur Timo Glock. Il est chaudement applaudi à son retour dans le stand.

Lui qui a confié avoir ''gaspillé'' trois titres mondiaux, en 2007 (perdu pour un point à la dernière course), en 2009 et en 2010, peut ajouter 2012 à sa liste.

© ESPN Sports Media Ltd.

flux RSS flux RSS: ESPN Staff