Nouveau venu en Formule 1 à la fin des années 1950, le Néo-Zélandais Bruce McLaren s'était fait remarquer dès sa première saison dans la catégorie reine en remportant le dernier Grand Prix inscrit au calendrier 1959. Né à Auckland, Bruce McLaren allait toutefois connaître quelques déboires par la suite qui le pousseront à créer sa propre structure en 1963. En 1966, Bruce McLaren Motor Racing faisait ses débuts à Monaco.

En juin 1970, deux ans après sa seule victoire en F1 à bord d'une de ses propres voitures (hors-championnat à Brands Hatch), Bruce McLaren trouvait la mort en essais sur le circuit anglais de Goodwood. Ce n'est qu'en 1974, avec Teddy Mayer comme patron, que l'écurie McLaren connaîtra son premier grand succès en étant doublement sacrée au niveau mondial en remportant les titres constructeurs et pilotes, avec Emerson Fittipaldi comme leader et le vétéran Denny Hulme comme coéquipier. Cette année-là, déjà, McLaren avait battu Ferrari.

Et si, durant les trois années suivantes, la Scuderia prenait sa revanche en remportant trois titres consécutifs des constructeurs, Niki Lauda laissera échapper le titre des pilotes en 1976 au profit de James Hunt et sa McLaren. Les années 1980 allaient marquer le début de la grande ascension de McLaren vers les sommets.

Arrive alors, à la barre de l'écurie, un certain Ron Dennis, et avec lui toute une équipe de nouveaux investisseurs, d'ingénieurs, d'aérodynamiciens et de pilotes qui allaient changer la face de la Formule 1. Niki Lauda, Alain Prost, Ayrton Senna, puis Mika Häkkinen ont écrit les grandes lignes de l'écurie McLaren, sous l'impulsion de Porsche, Honda et Mercedes, tout comme des chefs tels John Barnard, Alan Jenkins, Gordon Murray, Adrian Newey, Mario Ilien et tant d'autres qui ont fait de la petite écurie créée par un Néo-Zélandais expatrié l'une des entreprises les plus rentables du Royaume-Uni, si ce n'est du monde.

Car McLaren n'a pas été victorieuse seulement en F1. Au passage, le constructeur anglais a également remporté les deux autres courses "mythiques" que sont les 24 Heures du Mans (en 1995) et les 500 Milles d'Indianapolis. L'épreuve américaine a été gagnée trois fois : en 1972 (grâce à l'écurie Penske et au pilote Mark Donohue) puis en en 1974 et 1976, cette fois de manière officielle avec Johnny Rutherford au volant.

Après une collaboration très fructueuse avec Niki Lauda, Alain Prost et Ayrton Senna (six titres des constructeurs et sept titres des pilotes entre 1984 et 1991), l'équipe McLaren a connu un petit passage à vide. Il faudra en effet attendre 1998 pour que McLaren remporte un nouveau titre mondial des constructeurs (le dernier à ce jour). Quant à Mika Häkkinen, il remportait le titre des pilotes en 1998 et 1999.

Par la suite, comme c'était le cas pour toutes les autres équipes, la domination sans partage de Michael Schumacher et de sa Ferrari au début des années 2000 a fait en sorte qu'il était difficile de remporter mieux qu'un vice-championnat.

La saison 2007 devait être celle de la reconquête pour McLaren, mais elle fut celle de la descente aux enfers. Il y eut bien sûr l'extrême rivalité entre Fernando Alonso et Lewis Hamilton, ce qui a provoqué quelques incidents ridicules, mais il y eut plus grave. McLaren, par le comportement malhonnête d'un ingénieur en particulier, a été accusée et condamnée pour espionnage aux dépens de la Scuderia Ferrari.

La sanction prononcée par la FIA a été très lourde : une amende record (et impensable) de 100 millions de dollars et l'exclusion de l'équipe du Championnat du monde des constructeurs 2007. Les pilotes ont pu continuer à se battre pour le titre, mais pour corser le tout, Fernando Alonso et Lewis Hamilton ont été battus d'un point au championnat par Kimi Räikkönen, passé à la fin de l'année précédente chez Ferrari. Pour Ron Dennis et ses troupes, cette saison 2007 fut celle de toutes les frustrations. Une année absolument terrible.

Alonso ayant quitté l'équipe McLaren de fort mauvaise humeur à la fin de l'année 2007 (il fut remplacé par Heikki Kovalainen), Hamilton avait la voie libre pour aller chercher le titre mondial en 2008. C'est ce qu'il a fait avec beaucoup de brio, en particulier lors d'un dernier tour d'anthologie lors de la finale au Brésil. Malheureusement pour McLaren, le titre mondial des constructeurs lui échappait une fois de plus au profit de Ferrari.

La saison 2009 a marqué un nouveau tournant important pour l'équipe McLaren puisque Ron Dennis s'est retiré pour se concentrer sur la division automobile de sa compagnie. Il a confié le rôle de patron d'écurie à son fidèle bras droit Martin Whitmarsh. Du côté des pilotes, Hamilton et Kovalainen étaient toujours coéquipiers.

Cependant, Hamilton n'a pas été en mesure de défendre son titre devant la charge surprise menée par Brawn GP (l'ancienne Honda) et Jenson Button, suivis de près par Red Bull. Toutefois, McLaren pouvait se vanter d'être une des deux seules écuries à avoir gagné un Grand Prix avec une voiture équipée d'un SREC (en Hongrie et à Singapour, alors que Ferrari prenait la Belgique). Cette technologie a ensuite été mise de côté par la F1 pour un an.

McLaren a entamé la saison 2010 avec un duo de choc puisque Jenson Button avait rejoint Lewis Hamilton au cours de l'hiver : les deux derniers champions du monde étaient réunis au sein de l'équipe anglaise. Le combat fut rude entre les pilotes McLaren, Red Bull et Ferrari, et ce tout au long d'un championnat très compétitif. Button a été dans le coup jusqu'à l'avant-dernière épreuve, tandis que Hamilton s'est gardé des chances mathématiques pour la finale. Mais Red Bull a tout raflé.

En 2011, McLaren n'a fait guère mieux, toujours dauphine de Red Bull mais n'ayant jamais vraiment été en mesure de contester sa suprématie en raison d'un début de saison en demi-teinte.

La saison 2012 a été très compétitive et imprévisible ; huit pilotes se sont partagés les 20 victoires. McLaren a gagné à sept reprises, mais des problèmes de fiabilité ainsi que des arrêts mal exécutés ont coûté cher en termes de points. L'équipe termine la saison à la 3e place des constructeurs. Lewis Hamilton décide de relever un autre défi en rejoignant Mercedes à partir de 2013.

Pour le remplacer, McLaren a choisi d'embaucher Sergio Pérez et de développer son potentiel. Cela place Jenson Button en position de leader, un rôle qu'il est entièrement prêt à assumer après avoir fait jeu égal avec Hamilton pendant trois ans. Il reste à voir si ce duo de pilotes pourra aider l'équipe à enfin renouer avec la couronne des constructeurs en 2013.