- GP de Corée 2012
GP de Corée : Faits marquants
ESPNF1 fait le tour : le bon, le mauvais et le surprenant du week-end du Grand Prix de Corée, 16e des 20 manches du championnat 2012, couru sur le circuit de Yeongam.
© Sutton Images
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À nous deux !
Les trois dernières courses ont été marquantes pour le championnat des pilotes. Lorsque le grand cirque de la F1 a quitté l'Europe pour se rendre en Asie, McLaren était l'équipe à battre, Red Bull perdait du terrain et chez Ferrari, Fernando Alonso menait le classement par 37 points sur son plus proche rival (Hamilton). Mais grâce à des évolutions agressives, Red Bull et Sebastian Vettel se sont imposés lors des trois dernières courses : Singapour, Japon et maintenant Corée. Alors qu'il reste quatre Grands Prix à disputer, l'Allemand est actuellement au sommet du classement avec six points d'avance sur l'Espagnol.
Dimanche soir, Lewis Hamilton (62 points de retard) a reconnu que ses chances étaient minces mais qu'il espérait toujours. Kimi Räikkönen (-48) n'y croit plus vraiment. Jenson Button (-84) est passé à autre chose. Mark Webber (-63) hausse les épaules. Si l'on met de côté les possibilités mathématiques pour se concentrer sur l'aspect pratique seulement, il ne reste que Vettel et Alonso dans la course au titre. Red Bull a l'avantage d'un nouvel ensemble qui fonctionne très bien - de toute évidence - sur la RB8. La Ferrari F2012 n'a jamais été la voiture à battre mais une évolution importante est attendue pour la prochaine course, en Inde. Alonso demeure réaliste mais optimiste : "Je ne suis plus à la tête du championnat, mais six points de retard ce n'est pas grand chose, de la même manière qu'avoir quatre points d'avance au début de la course ne l'était pas non plus", a-t-il souligné après le GP de Corée. Très vrai, mais chaque point d'avance deviendra de plus en plus crucial au cours des prochaines manches.
Pas de champagne pour Kobayashi
Quelle différence d'un dimanche à l'autre. Kamui Kobayashi était le héros la semaine dernière au Japon alors qu'il montait sur le podium pour la première fois. On ne s'attendait pas à autant de sa part en Corée puisque la monoplace Sauber n'était pas à l'aise sur le tracé de Yeongam, mais on ne s'attendait certainement pas à une erreur de sa part dans le premier tour. Le Japonais a frappé la McLaren de Jenson Button, rebondi contre la Mercedes de Nico Rosberg et encore balayé le côté de la McLaren avant de reprendre le contrôle de sa voiture. Les deux victimes ont abandonné et l'instigateur les a suivis quelques tours plus tard. Kobayashi a admis son erreur, mais c'était "assez faible comme pilotage considérant que nous sommes le pinacle du sport automobile", a déclaré un Button frustré.
Les histoires du week-end
- Choc : Nico Hülkenberg - Son résultat (6e) n'est pas réellement un choc, mais le voir battre son coéquipier Paul di Resta sans réserve pendant tout le week-end, oui. Ses performances ont été impeccables, il a même retenu la Lotus plus véloce de Romain Grosjean. Très impressionnant.
- Choquant : Kamui Kobayashi - La bonne humeur de son podium japonais n'aura duré qu'une semaine. Il a raté son freinage dans le virage 3 au début de la course, éliminant ainsi Button et Rosberg. Pénalisé par un passage dans la voie des stands, il abandonnait peu après.
- Meilleur dépassement : Nico Hülkenberg - L'Allemand a profité du duel entre Grosjean et Hamilton pour emprunter l'extérieur du virage 4 et les doubler tous les deux. Surprise !
- Meilleur tour : Sebastian Vettel - Après avoir glissé et cédé cinq secondes à Webber juste avant de renter aux stands pour changer ses pneus, Vettel est revenu en piste pour signer un 36e tour magistral sur des pneus neufs. Il a directement récupéré une seconde et demie.
- Pire tour : Sebastian Vettel - Tel qu'indiqué ci-haut, Vettel en faisait trop sur des gommes trop usées, pendant son 35e tour, alors qu'il menait par plusieurs secondes. Il a bloqué ses roues, glissé hors piste et créé un méplat sur lequel il a dû rouler plus lentement avant de rejoindre les stands. L'écart avec Webber comptait alors moins de quatre secondes.
- Performance du jour : Sebastian Vettel - Éclipsé par son coéquipier lors des qualifications, Vettel a dominé la course coréenne comme il l'avait fait au Japon. Il n'a pas perdu de temps pour doubler Webber dans le premier virage et ensuite s'envoler vers sa troisième victoire consécutive.
Le timing ne pouvait être pire pour Kobayashi. Son volant chez Sauber n'est aucunement garanti et il a lui-même avoué avoir besoin d'un généreux sponsor pour continuer en Formule 1 l'année prochaine. Il est talentueux, mais une gaffe de ce genre peut faire hésiter de potentiels sponsors, même s'il est vrai que les plus grands de la discipline peuvent aussi commettre des erreurs. Ce qui est surtout dommage, c'est qu'un pilote comme Kobayashi soit obligé de trouver du financement. Telle est la réalité économique de la F1.
La confiance de Grosjean
Romain Grosjean a évité tout accrochage lors du départ et a franchi la ligne d'arrivée à la 7e place. C'est une bonne performance, surtout lorsqu'on sait que d'autres pilotes plus expérimentés ont été impliqués dans des incidents au cours des premières secondes de l'épreuve. Certains cyniques diront que c'est une exception à ses habitudes, mais le pilote français fait réellement des efforts pour améliorer sa gestion des moments intenses du départ. Pour bien terminer sa saison, "il faudra continuer ainsi lors des quatre prochaines courses", a commenté Grosjean, conscient qu'il est sous surveillance. Pas nécessairement par l'écurie Lotus, qui a confirmé avoir préparé un contrat en vue de garder Grosjean à bord en 2013, mais par la FIA qui a menacé de le suspendre à nouveau au prochain incident. Si tout se passe bien d'ici la fin du championnat, il pourra tourner la page et retrouver toute sa confiance ; Grosjean n'en sera que meilleur l'an prochain.
La prolongation de Massa
Dans le paddock, on ressent la confiance renouvelée de Felipe Massa. Le Brésilien a grimpé sur le podium au Japon et il l'aurait fait de nouveau en Corée si son coéquipier Fernando Alonso n'était pas le pilote devant lui. Tous les échos font état d'une prolongation d'un an chez Ferrari dont la confirmation publique arriverait cette semaine. Il fallait voir Massa ce week-end. Habituellement sur la défensive et un peu morose ces derniers mois, cette fois il s'adressait aux médias avec le sourire et avait une démarche heureuse ; son langage corporel disait tout sur son avenir. Bien entendu, le bilan de Massa sur les deux dernières années ne ressemble pas à celui des deux dernières courses. Vous pourriez être en accord ou en désaccord avec la décision de Ferrari. Mais personne ne peut douter de sa grande loyauté envers l'équipe. Le fidèle Massa l'a d'ailleurs à nouveau démontré en expliquant pourquoi il a laissé le podium coréen à Alonso : "Il n'a jamais été question de l'attaquer. Je comprends l'importance de chaque point lorsqu'on se bat pour le titre. Toute l'équipe fait le maximum pour aider Fernando et je suis là pour lui, comme l'équipe était là pour moi lorsque j'étais dans la même situation (en 2008)."
Le marché des pilotes
Puisque nous pouvons pratiquement déjà annoncer que le duo de pilotes Ferrari sera le même en 2013, regardons les rumeurs concernant les postes qui sont ou seront disponibles ailleurs. On raconte que Nico Hülkenberg se dirige vers Sauber pour remplacer Sergio Pérez (qui rejoindra McLaren), tandis que le pilote GP2 Esteban Gutierrez, le réserviste de l'équipe, prendrait la place de Kamui Kobayashi. Qui sait si ce dernier aura les fonds d'un sponsor pour l'aider à continuer en F1 ? Hülkenberg parti, son volant chez Force India pourrait être récupéré par Adrian Sutil, qui ferait un retour dans son ancienne équipe ; c'est un scénario nourri par ses fréquentes visites du paddock cette saison. Jaime Alguersuari a de nouveau déclaré qu'il fera une annonce bientôt, et Jules Bianchi serait également candidat.
Chez Williams, le siège de Bruno Senna semble être de nature éjectable et il pourrait atterrir près du réserviste Valterri Bottas qui a les dents longues. Quant aux volants potentiellement disponibles parmi les écuries de fond de grille, il est peu osé de dire que tout dépendra du portefeuille du pilote (sponsor) intéressé. Cela étant dit, il semble très probable que Heikki Kovalainen (Caterham), Timo Glock (Marussia) et Pedro de la Rosa (HRT) conserveront leurs cockpits respectifs. On ne peut en dire autant de Vitaly Petrov, Charles Pic et Narain Karthikeyan. Puisqu'il y a plus de pilotes que de volants disponibles, qui sait où chaque candidat se retrouvera - ou pas - en 2013 ?
Un peu de patience pour la Corée
La F1 a quitté le circuit de Suzuka, qui débordait de fans japonais passionnés et enthousiastes, pour se rendre à Yeongam, dans un endroit isolé de la Corée du Sud où les tribunes étaient loin d'êtres comblées. L'ambiance y est certes moins colorée et expressive, mais la capacité d'accueil du circuit est très importante (135 000) et forcément, dans un pays qui découvre la F1 depuis 2010 seulement, on ne peut pas s'attendre à un événement à guichets fermés. Il est vrai que l'environnement du circuit est peu flatteur actuellement, mais si le projet complet voit le jour, une marina ainsi que plusieurs tours résidentielles modernes s'ajouteront au paysage. Quant au circuit de Yeongam, son tracé est un véritable défi pour les équipes et les pilotes. Soyons patients, il y a du potentiel si la F1 fait de nouveaux adeptes coréens.

