• Grand Prix du Japon

Grand Prix du Japon, pilote par pilote

Chris Medland / Laurence Edmondson / Daniel Bastien
9 octobre 2011

Jenson Button - 1er : Le pilote McLaren a dominé les trois séances d'essais libres et la pole position lui a échappé par neuf millièmes de seconde. Ses intentions étaient claires. Poussé en partie sur l'herbe au départ, Button n'allait pas laisser Vettel s'en tirer. Passé maître dans la gestion des pneus, l'Anglais s'est patiemment mais constamment rapproché de sa cible. Une fois devant, il a creusé l'écart mais "les derniers cinq ou six tours étaient extrêmement difficiles" car ses gommes ne tenaient plus et le carburant diminuait. Button a fait le maximum et s'est mérité une troisième victoire cette saison.

Fernando Alonso - 2e : Alonso, le ninja de la course. 5e sur la grille de départ, il pointait sa Ferrari à la 3e place à la fin de son premier relais, mine de rien. Pendant ce temps, Button et Vettel se surveillaient mutuellement alors qu'Alonso se rapprochait, haussant le rythme sur des pneus usés et parvenant à boucler trois tours de plus que Vettel avant d'entamer le dernier relais. Passé 2e et non loin de Button, l'Espagnol aurait pu passer à l'attaque avec quelques tours supplémentaires à sa disposition. "Nous tenterons de répéter cela en Corée", a-t-il avisé.

Sebastian Vettel - 3e et champion 2011 : Pour la première fois cette saison, nous avons vu un petit côté conservateur chez Vettel. Il a été agressif comme toujours pendant la majorité de l'épreuve, mais pas lors des derniers tours. Les gommes semblaient se dégrader plus rapidement sur la Red Bull puisque l'Allemand était toujours le premier des meneurs à effectuer un arrêt. Il n'était pas content de se retrouver derrière Alonso, mais après un certain temps l'équipe a dû lui rappeler qu'un seul point suffisait à assurer le titre des pilotes. Sur des pneus usés, il s'est montré un peu plus prudent mais sans s'éloigner du duo de tête. La récompense : un 2e titre mondial à l'arrivée. "Je me sens fortuné et privilégié de vivre cette journée", a-t-il dit avec sincérité.

Mark Webber - 4e : Pas le meilleur des départs, mais beaucoup mieux que ses dernières courses. Cela lui a permis de garder le contact avec les deux Ferrari, mais le pilote Red Bull n'arrivait pas à les doubler. Webber a toutefois profité d'un (autre) incident entre Hamilton et Massa pour passer devant lors d'un arrêt. L'Australien a lui-même été chanceux de sortir indemne d'une touchette contre Schumacher. Pas de podium, mais Webber a terminé quelques secondes seulement derrière son coéquipier Vettel.

Button a mis deux pneus sur l'herbe au départ
© Sutton Images
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Lewis Hamilton - 5e : Bien parti pour s'attaquer lui aussi à Vettel, les plans de Hamilton ont été sabotés par une crevaison lente à l'arrière. Sa stratégie d'arrêt initiale maintenant perturbée, le pilote McLaren a été obligé de faire durer son deuxième train de pneus plus longtemps que prévu. Un podium n'était déjà plus vraiment à sa portée lorsqu'il a touché Massa, qu'il dit n'avoir pas remarqué. Une manœuvre quelque peu audacieuse sur Rosberg voyait Hamilton rejoindre le top 5.

Michael Schumacher - 6e : Une autre bonne course pour Schumacher, et c'est une tendance qui se maintient à mesure que progresse la saison. Un long deuxième relais, suivi par un troisième encore plus long, ont vu le pilote Mercedes mener la course pendant quelques tours avant de retrouver une place plus habituelle pour son équipe. Notons toutefois que Schumacher semble avoir apprivoisé les gommes Pirelli, ce qui l'a certainement aidé à retenir Massa vers la fin.

Felipe Massa - 7e : Le Brésilien a mené son coéquipier Alonso pendant plusieurs tours avant de se défendre mollement contre l'attaque de ce dernier. Massa semblait toutefois en mesure de viser le top 5, mais une touchette contre Hamilton a légèrement endommagé sa Ferrari qui ne se comportait plus parfaitement ensuite. Le temps perdu derrière Rosberg après son dernier arrêt a permis à Schumacher de passer devant, et là encore Massa n'est pas parvenu à le doubler. Il s'en est pris à Hamilton pour ce résultat, mais cela n'explique pas tout.

Sergio Pérez - 8e : Une très bonne course pour Pérez, 17e au départ, et un résultat d'autant plus impressionnant sachant que le pilote Sauber souffrait d'une grippe. Le Mexicain a de nouveau démontré son talent pour faire durer les pneus : malgré une monoplace lourde de carburant, ses gommes médium ont accompli 20 des 53 tours de la course. Vers la fin Pérez s'était même rapproché de Massa.

Vitaly Petrov - 9e : Son départ a été un moment crucial, car chaussé de gommes médium, il ne pouvait se permettre de perdre trop de places. La Renault était en meilleure forme qu'à Singapour et Petrov a complété deux relais sur la gomme plus dure avant de passer sur les tendres et attaquer. Le Russe a réussi des manœuvres sur Kobayashi, Sutil et di Resta pour s'emparer des deux points de la 9e place.

Les luttes serrées étaient fréquentes lors du GP du Japon
© Sutton Images
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Nico Rosberg - 10e : Le pilote Mercedes considère ce résultat "raisonnable" car il visait surtout la 8e place. Ce plan était réalisable, surtout que la Voiture de Sécurité a coïncidé avec un arrêt déjà prévu. Mais il s'est retrouvé confronté a des voitures plus rapides, soit celles de Webber, Hamilton et Massa. C'est tout de même un point de plus pour lui et Mercedes.

Adrian Sutil - 11e : La Voiture de Sécurité a été déployée juste après son arrêt ; il n'a pu profiter du plein potentiel de ses gommes neuves. De plus, sa Force India avait tendance à user les pneus un peu plus rapidement. Sutil ne pouvait se défendre contre Petrov et Rosberg pendant les derniers tours.

Paul di Resta - 12e : Après avoir exécuté un départ "incroyable" selon ses propres mots, di Resta a lui aussi été désavantagé par la Voiture de Sécurité. L'avance que le pilote Force India avait accumulé a été effacé pendant la neutralisation. Et comme son coéquipier Sutil, un dernier relais sur la gomme médium le laissait avec peu de moyens de se défendre. Après un doublé de points à Singapour, c'est zéro points à Suzuka pour l'équipe.

Kamui Kobayashi - 13e : Bien qualifié, le héros national pouvait espérer bien faire devant son public. Malheureusement, les choses se sont gâchées dès le départ. Le système anti-calage de sa Sauber s'est activé et Kobayashi est vite passé de la 7e à la 12e place. Comme toujours, il a attaqué fort pour reprendre le terrain perdu, mais la Voiture de Sécurité a forcé un arrêt prématuré et déséquilibré sa stratégie. Le Japonais a conservé ses pneus médium pendant les 29 derniers tours ; il n'en restait plus beaucoup vers la fin.

Pastor Maldonado - 14e : Les monoplaces Williams n'avaient pas de rythme ce week-end, alors ce résultat reflète la réalité. Sur la gomme médium, Maldonado avait de la difficulté à contrôler sa voiture. Il était 17e à dix tours de l'arrivée, mais en chaussant des gommes tendres sa monture à repris vie. Il a doublé Alguersuari dans le dernier tour pour terminer 14e.

Alonso, Button et Vettel avaient de quoi célébrer à Suzuka
© Sutton Images
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Jaime Alguersuari - 15e : Sa stratégie avait le potentiel de l'emmener dans les points, ce qu'il a démontré à plusieurs reprises cette saison (c'est pratiquement devenu sa spécialité), mais le limiteur du moteur l'empêchait d'atteindre la vitesse de pointe nécessaire. Le 7e rapport était probablement un peu trop court, et cela n'aidait pas le pilote Toro Rosso à se rapprocher suffisamment de ses adversaires pour les doubler. "Je ne me souviens plus de la dernière course où dépasser était aussi difficile", a-t-il déclaré.

Bruno Senna - 16e : Chaussé de pneus médiums au départ, le pilote Renault ne parvenait pas à retenir les voitures roulant sur des gommes tendres. Son premier relais semblait un peu court (15 tours) et lorsque Senna est revenu en piste, ce fut en plein trafic. Sans oublier que dépasser n'est jamais facile à Suzuka, DRS ou non. La Renault était plus compétitive qu'à Singapour, mais pas assez pour le sortir de cette situation.

Rubens Barrichello - 17e : Il roulait à la 10e place juste avant son deuxième arrêt, mais la Voiture de Sécurité a ruiné son retour en piste. Barrichello, au ralenti comme le reste du peloton, n'a pu profiter au maximum d'un train neuf de gommes tendres. Son dernier relais sur les médiums lui a coûté des places. Mauvais week-end pour un pilote dont l'avenir est incertain, mais sa Williams en est surtout la cause.

Heikki Kovalainen -18e : Bien que l'équipe a été aidée par le resserrement du peloton derrière la Voiture de Sécurité, Team Lotus a néanmoins franchi une étape importante au Japon : ses deux pilotes étaient toujours sur le tour du meneur à l'arrivée. Kovalainen a effectué un des meilleurs départs de la course et s'est retrouvé à la 14e place à la fin du premier tour. Le Finlandais a ensuite reculé un peu, ce qui était attendu, mais c'est néanmoins du beau travail. "C'est la première fois cette saison qu'aucun drapeau bleu nous était adressé", a-t-il fièrement souligné.

Un bon résultat pour un Pérez déterminé
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Jarno Trulli - 19e : L'Italien a terminé a huit secondes de son coéquipier Kovalainen, mais considérant que sa Team Lotus était équipée du système de direction assistée précédent qu'il déteste tant, ce n'est pas si mal comme résultat. Ajoutons que la boîte de vitesses s'est montrée problématique pendant quelques tours. Globalement, Trulli était satisfait de ce résultat "assez significatif" pour l'équipe.

Timo Glock - 20e : Une petite excursion sur l'herbe, et un retard de cinq secondes vu un écrou de roue récalcitrant sur sa Virgin, n'ont pas aidé la course de l'Allemand. Cependant, il a regagné du terrain après le retrait de la Voiture de Sécurité. Glock a battu son coéquipier d'Ambrosio par un peu plus d'une seconde.

Jérôme d'Ambrosio - 21e : Une performance raisonnable en soi, mais considérant que Glock a pu le doubler malgré tous ses ennuis, d'Ambrosio aurait probablement pu faire mieux et terminer devant. Mais le pilote Virgin peut se consoler : il a battu son coéquipier lors des qualifications.

Daniel Ricciardo - 22e : Le pilote australien a certainement progressé depuis ses débuts en Grande-Bretagne à la fin de juillet, et terminer à 2,4 secondes d'une Virgin, cela ressemble à une sorte de victoire pour le pilote HRT. Une bonne performance pour Ricciardo, pas d'erreurs, et un meilleur résultat que son coéquipier Liuzzi. Il doit être heureux de son week-end.

Tonio Liuzzi - 23e : Sachant qu'il n'a pu boucler que 12 tours en essais libres avant d'entamer les qualifications, personne ne s'attendait à ce que Liuzzi fasse quelque chose d'extraordinaire avec des réglages non validés en piste. Après un bon départ, ses pneus avant se sont détériorés à un rythme effarant, peu importe le type de gomme. Le pilote HRT avait trois tours de retard au drapeau à damiers. "L'aspect le plus positif de la journée, c'est d'avoir franchi la ligne d'arrivée", a-t-il noté.

Abandons

Sébastien Buemi - (roue détachée, 11e tour) : Le pilote suisse a fait un très bon départ et rapidement dépassé cinq voitures. Il venait de rejoindre le top 10 lorsqu'il a effectué son premier arrêt. Un bon résultat - peut-être dans les points - se profilait. Malheureusement, en quittant les stands Buemi a réalisé que le pneu avant droit de sa Toro Rosso n'était pas ancré. Quatre virages plus tard, sa course a pris fin dans le gravier, le pneu détaché couché sur le côté.

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