- Chronique, Karun Chandhok
''McLaren bien partie''
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Button craint pour ses pneumatiques
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- Grand Prix d'Italie
La victoire de Lewis Hamilton à Monza a été marquée par une domination totale. C'est quelque chose que nous n'avons peut-être vu qu'une seule fois cette saison et c'était à Spa-Francorchamps lorsque son coéquipier, Jenson Button, a lui aussi remporté une victoire facile. Et voilà McLaren à trois victoires d'affilée, sur des circuits requérant des appuis aérodynamiques moyens et faibles, ce qui montre que c'est l'équipe en forme du moment. Les deux champions du monde britanniques ont trusté la première ligne et si Jenson n'avait pas dû abandonner, le doublé n'était pas loin en Italie.
Malgré cette domination, ce week-end a été marqué, un peu comme les autres, par une lutte acharnée dans les premières places. Fernando Alonso et Ferrari ont semblé à nouveau très compétitifs, après avoir passé deux courses à sembler à la traîne par rapport aux autres. Pendant tous les essais libres, les deux voitures rouges ont paru fortes et en mesure de se battre pour la victoire.
Lewis s'est assez bien élancé et une fois qu'il a réussi à repousser les assauts de Felipe dans la première chicane, la course a été assez simple pour lui. Une stratégie à un seul arrêt pour pas mal de monde a rendu la course assez lisible. McLaren a réussi à gérer son rythme et l'usure des pneumatiques de manière à s'assurer d'avoir assez d'avance au cas où Sergio Pérez parviendrait à revenir et à menacer Hamilton sur la fin de course. Le départ de Jenson n'a pas été bon et il s'est retrouvé derrière Felipe assez rapidement. Une fois qu'il a effacé la Ferrari après le premier arrêt, il semblait lui aussi bien lancé pour prendre la deuxième place tout en restant assez loin de Lewis. Et puis il y a eu ce problème de pompe à essence qui l'a forcé à l'abandon.
Pérez a été la star de la course. L'équipe Sauber a fait un pari stratégique en le mettant au départ avec les pneumatiques et les plus durs et en lui faisant faire un premier relais très long. La nature de sa voiture, qui est douce avec les pneumatiques, lui a permis d'effectuer 29 tours malgré une forte charge en carburant. Il avait alors assez de vitesse pour conserver une bonne place dans le classement. Et lorsqu'il a chaussé les pneumatiques les plus tendres, pour la deuxième moitié de la course, il marchait comme un avion par rapport aux autres voitures dont la plupart étaient en pneumatiques durs. Cela lui a permis de revenir dans la course et de réussir un nouveau podium pour Sauber. On dirait que l'équipe suisse va vivre une grande saison.
Alonso a fait ce qu'il fait de mieux : exploiter une situation qui n'est pas favorable pour remporter un maximum de points. Après un problème de barres anti-roulis qui l'a laissé à la dixième place sur la grille de départ, l'Espagnol est parti le couteau entre les dents. Il s'est retrouvé rapidement dans les cinq premières places. Tous les dépassements qu'il a faits ont été vraiment très propres, il n'a rien cassé, il n'est pas monté sur les vibreurs, il a pris soin de ses pneumatiques. Sa bagarre avec Sebastian Vettel a donné lieu à une certaine controverse. Et je dois dire qu'on adore entendre à la radio de Ferrari des commentaires tels que : "Il a ruiné ma course". L'équipe sait sans aucun doute que ces petites phrases vont arriver jusqu'à l'oreille des commissaires.
© Press Association
Au final, la pénalité qui a été infligée à Sebastian a été vaine puisque le champion en titre a dû abandonner pour un nouveau problème avec son alternateur. Pour Red Bull, c'est un week-end à oublier l'urgence avec un double abandon. À la fin de la saison, on reparlera de l'intérêt d'être constant pour gagner des titres. Fernando est maintenant en tête du classement pour 37 points alors que Lewis, Sebastian, Kimi et Mark ont manqué justement de cette constance qui a été la marque de fabrique de l'Espagnol. Néanmoins, la course au titre est encore grand ouverte car il reste sept courses à disputer mais ces quatre pilotes qui constituent le peloton de chasse ne peuvent plus vraiment se permettre de passage à vide s'ils veulent encore remporter la couronne cette année. Du point de vue de Fernando, tous ces garçons peuvent évidemment se prendre des points les uns aux autres ce qui va l'aider à n'en pas douter. Enfin, il ne faut pas oublier que si Ferrari connaît un jour sans son pilote peut se retrouver très loin avec beaucoup de ses adversaires devant lui. Il y aura donc beaucoup de pression entre aujourd'hui et la fin de la saison !
Maintenant, nous prenons la direction de Singapour pour un retour à un circuit demandant un fort appui aérodynamique. Lewis, Fernando et Sebastian ont tous étés très rapides dans les rues de la Cité-État dans le passé. Pour moi, il y a encore cinq pilotes représentant quatre équipes qui peuvent remporter le championnat. La pression est aussi sur ces équipes. Elles doivent mettre en piste leurs dernières évolutions et continuer à développer la voiture de cette année. Il y a beaucoup de nuits blanches en perspective à Maranello, Woking, Enstone et Milton Keynes...
