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- GP d'Italie, dimanche
ESPNF1 fait le tour : le bon, le mauvais et le surprenant du week-end du Grand Prix d'Italie, 13e manche du championnat 2012, couru sur le circuit de Monza.
Partira, partira pas ?
Jeudi, lorsque les médias ont retrouvé Lewis Hamilton dans le paddock de Monza, il y a eu plusieurs points de presse quelque peu tendus pendant lesquels le pilote McLaren répondait en monosyllabe (habituellement en prononçant le mot "non") à toute personne lui demandant s'il allait piloter pour Mercedes en 2013. Samedi, les médias étaient quasiment convaincus que l'Anglais était en route vers Mercedes et qu'une entente serait bientôt signée. Mais dimanche, la situation semblait moins claire.
McLaren a insisté sur le fait que les négociations se poursuivent, cependant le patron Martin Whitmarsh a clairement indiqué qu'il ne voulait que des pilotes entièrement dévoués dans son équipe. La victoire de Hamilton en Italie démontre qu'il n'y a aucun problème en piste, mais son attitude dans le paddock laisse croire qu'il y a effectivement un problème quelque part. Rappelons que ses remerciements, entendus à la radio pendant le tour d'honneur, étaient loin d'être débordants d'enthousiasme. Et Ron Dennis, le grand patron du McLaren Group, est resté presque de marbre.
Mais sachant que McLaren gagne des courses et que Mercedes ne rejoint pas souvent le top 5, il faut se demander ce que Hamilton aurait à gagner en changeant d'équipe. Il se peut que ce soit une question commerciale, dans le sens où le champion 2008 souhaiterait avoir plus de liberté en ce qui concerne ses sponsors personnels. McLaren a publiquement laissé entendre que son salaire ne serait pas augmenté, alors si Mercedes lui offre un salaire similaire mais aussi plus de contrôle sur ses sponsors, la facette monétaire fait peut-être réfléchir. La possibilité d'être membre d'une écurie appartenant à un constructeur, alors qu'une nouvelle génération de moteurs débutera en 2014, est peut-être un autre facteur.
Et peut-être que Hamilton laisse courir les rumeurs pour s'en servir comme levier dans ses discussions avec McLaren. Quant à Mercedes, elle se contente de dire qu'elle ne commente jamais les rumeurs. Mais quoi qu'il en soit, en ce qui concerne la décision de Hamilton, il faut être brave pour tourner le dos à une écurie qui gagne des courses chaque saison et qui se bat actuellement pour le titre des pilotes et celui des constructeurs.
Les histoires du week-end
- Choc : Sergio Pérez - Le paddock n'arrivait pas à comprendre le rythme de sa Sauber pendant la course. Le pilote mexicain était sur une stratégie différente de celle de Kamui Kobayashi, mais sa vitesse a dépassé les attentes. L'équipe elle-même peinait à l'expliquer. Ce qui signifie que Pérez est vraiment talentueux.
- Choquant : Les alternateurs de Renault - Sebastian Vettel a maintenant abandonné à deux reprises cette saison, et chaque fois l'alternateur de son moteur Renault était en cause. En fait, si on compte le problème survenu lors des essais libres ce week-end, cela fait trois événements. En F1, personne ne tolère qu'une composante connaisse trois défaillances.
- Meilleur dépassement : Sergio Pérez - Sa manœuvre sur Kimi Räikkönen, par l'extérieur de la chicane Roggia, était autant culottée que bien calculée. Le Finlandais ne laisse jamais plus que la largeur d'une voiture à son adversaire ; le Mexicain s'en est servi avec panache.
- Meilleur tour : Sergio Pérez - Lors du dernier tour, le pilote Sauber s'est montré une seconde plus rapide que tous les autres pilotes sur une stratégie à un arrêt. Avec quelques tours de plus à faire avant le drapeau à damiers, le vainqueur n'aurait peut-être pas été Hamilton.
- Pire tour : Mark Webber - Ses pneus arrière en mauvais état, il a perdu le contrôle de sa Red Bull à deux tours de la fin. Webber a récupéré, mais les méplats sur ses pneus étaient tellement importants que les vibrations l'empêchaient de voir la piste correctement. Par mesure de sécurité pour lui et la voiture, il a abandonné un tour plus tard.
- Performance du jour : Sergio Pérez - Êtes-vous surpris ? Passer de la 12e à la 2e place était déjà remarquable, avoir des pneus en aussi bon état malgré un seul arrêt aussi. Le voir dépasser autant de voitures en piste, incluant les deux Ferrari en fin de course, était impressionnant.
Le taureau enragé
L'avantage de Red Bull dans le championnat des constructeurs a fondu à 29 points, conséquence d'un score de zéro en Italie. C'est la première fois depuis le GP de Corée du Sud, en 2010, que l'équipe ne marque aucun point. Sebastian Vettel a abandonné sur une panne d'alternateur, comme à Valence en juin. Est-ce une répétition du même problème ? En répondant à cette question, Christian Horner s'est montré très frustré.
"Je n'ai pas vu la composante, mais la similitude se trouve dans le fait que c'est un autre abandon", a souligné le patron de l'équipe. "Alors cela fait deux défaillances qui nous ont coûté une victoire certaine (à Valence) et aujourd'hui un grand nombre de points. C'est extrêmement coûteux et cela doit être corrigé pour les sept dernières courses. Je pense qu'une autre voiture (équipe) a eu un problème avec la même composante au cours du week-end. C'est très décevant. Il faudra travailler avec Renault pour tenter de comprendre le problème et s'assurer que celal ne se répète plus."
Red Bull n'aime pas perdre, surtout après avoir raflé tous les titres ces deux dernières années. Mais avec un peloton aussi serré, des qualifications plus difficiles depuis deux courses, aucun point récolté à Monza et maintenant le risque d'une pièce défectueuse, la pression augmente. Et sur le motoriste Renault aussi.
Budgets, le temps presse
Si vous parlez à la FIA, aux équipes et à la FOM, tous s'entendent pour dire la même chose : la réduction des coûts en F1 est absolument nécessaire pour assurer la viabilité de la discipline. Mais façonner un encadrement pour réaliser cet objectif s'avère très, très difficile. Sans oublier que la nouvelle version des Accords Concorde, dont les ententes actuelles arrivent à échéance cette année, n'est pas finalisée. Mercedes négocie toujours mais on dit que l'équipe pourrait bientôt signer. Une réunion des joueurs clé a eu lieu vendredi à Maranello ; le président de Ferrari, Luca di Montezemolo, a rapporté que les discussions progressent.
Il le faut, car l'arrivée en 2014 du moteur V6 turbo et des nouveaux systèmes de récupération d'énergie nécessite énormément de développement, mais aussi d'investissements que les motoristes voudront récupérer par la vente du nouveau groupe propulseur. Cela inquiète les écuries-clientes, qui ne veulent pas voir une part beaucoup plus importante de leur budget consacrée au moteur. Si les budgets de la F1 diminuent mais que le prix du moteur augmente, quelque chose va casser. Nous aurions raison de craindre pour certaines petites écuries.
Les équipes doivent donc trouver une solution logique, raisonnable et juste pour s'assurer que la Formule 1 demeure économiquement viable pour tout le plateau, des plus grandes écuries aux plus petites. Jean Todt, le président de la FIA, affirme que certaines équipes seront à risque au cours des prochaines années si les coûts ne sont pas réduits d'au moins 30 %, mais il n'a pas voulu se prononcer sur la façon dont cet objectif peut être atteint, ni si la FIA devait être l'organisme ayant la responsabilité de contrôler les budgets. 2014 approche, le temps presse.
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Vettel la victime ?
Lorsque Fernando Alonso a rattrapé Sebastian Vettel dans la Curva Grande, il s'est rapidement placé sur la gauche pour tenter de passer par l'intérieur dans la chicane Roggia. Vettel a peut-être été surpris par la manœuvre, mais il n'a pas laissé suffisamment d'espace et les roues des deux voitures se sont intercalées. Un gros accident a été évité mais Alonso s'est retrouvé les quatre pneus sur l'herbe ; heureusement, il a pu garder le contrôle et revenir en piste. Après la suspension de Romain Grosjean pour le carambolage qu'il a provoqué en Belgique, ce n'est pas surprenant que les commissaires aient décidé de pénaliser Vettel par un passage obligatoire dans la voie des stands. La FIA veut se montrer plus sévère, mais certains diront que le fait d'avoir un pilote-commisaire italien a joué un rôle dans la décision. Ce n'est sûrement pas le cas, la faute était réelle.
La course au titre
Ah, comme une semaine peut faire toute la différence. En fait, dans le cas du GP d'Italie, nous devrions dire que 21 tours font toute la différence. Au 32e tour, Fernando Alonso venait de dépasser Sebastian Vettel ; Lewis Hamilton et Jenson Button étaient devant tandis que Kimi Räikkönen et Mark Webber le pourchassaient. Une demi-heure plus tard, Alonso avait augmenté son avance dans le championnat à 37 points et Hamilton était le seul parmi ses rivaux à marquer plus de points que lui à Monza. Pas surprenant que l'Espagnol ait parlé d'un "dimanche parfait."
Nous pourrions dire qu'il ne reste plus six mais plutôt cinq pilotes ayant encore des chances réalistes de remporter le titre. L'abandon de Button le place à 78 points du leader à sept courses de la fin ; il a encore des chances mathématiques mais ce sera très difficile. Webber peut encore y croire, mais son déficit est maintenant de 47 points. Hamilton, Vettel et Räikkönen doivent espérer qu'Alonso ne marque aucun point au moins une fois. Autre solution : s'imposer continuellement devant lui et le tenir loin du podium. Cela étant dit, en cette saison imprévisible, tout reste possible pour les ténors.
L'efficacité suisse
On parle beaucoup du potentiel de Lotus, mais le fait demeure que l'équipe n'a toujours pas réussi à profiter de la situation pour gagner une course. Chez Sauber, il y a un effet inverse : l'écurie suisse semble avoir des ambitions modestes mais surpasse souvent toutes les attentes. Sergio Pérez aurait dû gagner en Malaisie si ce n'avait été de son tête-à-queue ; lui et Kamui Kobayashi étaient de très sérieux candidats en Belgique avant d'être impliqués dans le carambolage du premier virage. Mais l'équipe progresse et en Italie, la stratégie mise en place par les ingénieurs de Sauber était parfaite. Pérez a été extraordinaire en piste, dans la gestion des gommes et dans ses dépassements. Le Mexicain a signé son troisième podium cette saison. Serait-il temps de croire que Sauber pourrait grimper sur la plus haute marche avant Lotus ?

