- Interview Paul di Resta
''Tout le monde doit hausser le rythme''
Après avoir piloté pour la première fois la nouvelle Force India VJM05 à Jerez, Paul di Resta s'est confié à ESPNF1 sur ses attentes pour la saison 2012.
© Sutton Images
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Après deux jours et 170 tours au volant de votre nouvelle voiture, qu'en pensez-vous ?
Je pense que ce furent deux journées productives pour ce qui concerne ce que nous avons pu tester, et ce que nous avons pu vérifier par rapport à nos calculs en soufflerie ou à l'usine. Le principal but de ces essais c'était de faire cela, de comprendre où en est la voiture.
Qu'est-ce qui a changé dans la voiture depuis l'année dernière lorsqu'on la pilote ?
C'est un peu différent, le style de conduite doit évoluer légèrement et ce qui a le plus changé résulte des travaux que nous avons faits en soufflerie.
Les pneus sont également nouveaux. Avez-vous pu noter des changements lorsque vous étiez au volant ?
C'est difficile de dire de butte en blanc ce qu'il y a de nouveau. Je pense que les différents types de gommes sont, et de loin, meilleurs que ce qu'ils étaient, je pense que Pirelli a fait du bon travail. Après, c'est difficile à dire parce que la suspension et des choses comme ça ont évolué également. Et pour l'instant nous sommes en train d'essayer de comprendre tout cela.
Êtes-vous allé aux limites de la voiture ou bien cela se fera-t-il plus tard ?
Cela n'a pas été le souci numéro un. Nous avons essayé différents rythmes, mais tous ont été considérés de la même manière.
En 2010, vous étiez le pilote essayeur et aujourd'hui vous voici le pilote le plus expérimenté, en tout cas celui qui a accompli le plus de kilomètres pour Force India. Avez-vous plus de pression et de responsabilité ?
Nico (Hülkenberg) et moi-même avons le même statut. Nous avons dans les jambes le même nombre de courses et le même nombre de Grands Prix. La philosophie de l'équipe, c'est de nous associer et que nous fonctionnions très bien ensemble. Nous représentons tous les deux l'équipe de la même manière.
Est-ce que l'équipe vous demande plus, à vous personnellement, pour cette deuxième année en tant que titulaire ?
Oui, ils ont raison. Ils ont raison de me demander davantage. Nous avons des objectifs qui sont plus haut placés. Et moi aussi je demande plus de leur part dans la soufflerie et avec les réglages de la voiture. Je demande plus aussi au département conception et ingénierie. Tout le monde doit hausser le rythme.
© Sutton Images
Dans la deuxième partie de la saison dernière vous avez commencé à avoir de meilleurs résultats ; était-ce en raison de la voiture qui s'améliorait ou aux progrès du pilote ?
Je pense que c'est un ensemble. On a coutume de dire que l'on gagne ensemble et que l'on perd ensemble. Or l'engagement de chacun des membres de l'équipe en fin d'année dernière était excellent et on était vraiment au-dessus de notre niveau. On a réussi à accomplir des choses fantastiques. On est pas passés loin de rafler la cinquième place à Renault, ce qui fut un grand moment.
Avant d'arriver en Formule 1, vous pilotiez en Tourisme allemand. Est-ce que ce passage en Allemagne vous a aidé à grandir avant de courir en Formule 1 ?
Probablement. J'ai couru en DTM pendant quatre ans pour Mercedes-Benz avec la même structure tous les week-ends, beaucoup de travail auprès des médias et j'ai représenté une grande marque. J'ai également pu développer une voiture, construire une nouvelle voiture chaque année avec l'aide d'un personnel large de 300 membres, c'est à peu près la même chose que la Formule 1. Évidemment ce n'est pas le même niveau, mais la transition a été bonne. Je suis arrivé en tant que pilote essayeur avec une année pour m'adapter à l'équipe mais j'étais toujours impliqué dans le DTM, en combinant les deux disciplines. L'année dernière, je dirais que cela a été un grand cap de passé. Mais je me suis appuyé sur ce que j'ai appris l'année précédente.
Était-ce frustrant de voir des pilotes que vous aviez battu dans d'autres catégories rejoindre la Formule 1 alors que vous étiez toujours en DTM ?
Je ne dirais pas de la frustration. J'ai juste envie de pouvoir à nouveau m'expliquer avec eux d'égal à égal.
Pour que tout soit clair, quelle est votre relation exacte avec Mercedes aujourd'hui, on dit que vous êtes encore lié à cette marque…
J'ai de bonnes relations avec Mercedes. J'ai piloté pour eux pendant six ans et ils m'ont donné la chance que je n'avais jamais eue. Maintenant, je suis un pilote Force India, j'ai un contrat avec Force India et je fais du mieux que je peux pour Force India. J'ai beaucoup de respect pour Norbert (Haug, le vice-président de Mercedes Motorsport) et Gerhard Unger à HWA, ce sont deux amis. Je pilote une voiture qui est motorisée par Mercedes-Benz. Voilà mes relations avec Mercedes, elles ne vont pas plus loin.
Nous avons parlé avec le numéro deux de votre équipe, Bob Fernley, et il dit que ce sera très difficile de vous conserver, vous et Nico, dans l'équipe, dans les années à venir. Est-ce que d'autres équipes vous ont déjà contacté ?
C'est toujours quelque chose qu'un pilote doit avoir en tête parce qu'il ne cesse de vouloir progresser. Mais mon engagement pour l'instant est auprès de Force India et je vais faire de mon mieux pour représenter cette équipe, pour réussir les meilleurs résultats possibles pour l'équipe et pour moi-même parce que je veux évidemment avoir de bons résultats. Pour le futur, qui sait ? Cette équipe est jeune, elle est ambitieuse, elle va investir... Je pourrais rester ici pour plusieurs années, je me sens bien et cela m'intéresse et me plaît. C'est un peu comme une petite famille pour moi.
Paul di Resta
La cinquième place des Constructeurs, c'est ce dont vous avez parlé lors de la présentation de l'équipe. Je sais que vous n'avez passé que deux jours dans la voiture, mais est-ce réaliste ?
C'est trop tôt pour le dire… Vraiment, c'est trop tôt pour le dire.
Des objectifs personnels ?
C'est très ouvert. Mais tant que nous continuons à progresser je suis content.
La cinquième place, c'est l'objectif de l'équipe, mais comment comptez-vous aller plus haut que cela sachant que vous avez un budget qui ne peut être comparé à celui des quatre meilleures équipes ?
Il faut bien commencer quelque part. Il n'y a pas si longtemps, Red Bull n'était pas à la place qu'elle occupe aujourd'hui. Je ne dis pas que nous allons réussir ce que Red Bull a fait, mais il faut bien voir la direction que nous prenons. Il y a trois ans, personne n'aurait probablement dit que nous serions à la place où nous sommes aujourd'hui, et regardez où nous sommes. Nous sommes tous motivés pour réussir du mieux possible, maintenant est-ce que nous allons effectivement réussir, c'est une autre question.
© Sutton Images
J'ai pu noter qu'il y avait vos cousins, Dario et Marino Franchitti, pour ces essais à Jerez, c'est vous qui leur avez demandé de venir ?
Ils ont voulu venir. Évidemment nous sommes une famille qui est très proche, et c'est chouette d'avoir leur soutien. Ils sont venus avant les essais et ils se sont entraînés. Ils voulaient avoir des idées pour des méthodes d'entraînement différentes et on a fait cela ensemble. Ça leur donne une idée de ce qu'il se passe en Formule 1 pour mieux aborder eux-mêmes leur propre discipline.


