En achetant l'équipe Jordan, au début de l'année 2005, Alex Shnaider, patron de la société d'investissement Midland, avait pour ambition d'imposer le nom de sa société et de faire disparaître celui d'Eddie Jordan. Mais seule l'identité officielle avait changé, puisque les infrastructures restaient celles de Silverstone.
Le milliardaire canadien - d'origine russe - disposait de beaux atouts, principalement le moteur Toyota. Malheureusement, la monoplace de la saison 2006 n'en tira pas vraiment le maximum. L'aventure Midland F1 s'arrêtera là !
Convoitée par Michiel Mol, lui-même soutenu par un consortium d'entrepreneurs néerlandais et d'investisseurs de divers horizons, l'écurie changea de mains dans le courant de la saison 2006. Au début de la saison 2007, c'est sous le nom de Spyker qu'elle se présenta sur les grilles de départ. Ce nom, sorti d'outre-tombe, est celui d'un petit constructeur automobile hollandais.
Mais l'entreprise n'avait malheureusement pas les reins assez solides pour se lancer en F1 et les difficultés financières empoisonnèrent très vite la vie de cette équipe. Michiel Mol, encore lui, se mit donc dans la tête de racheter l'équipe avec le milliardaire indien Vijay Mallya. Le nom Spyker disparaissait à la fin du championnat 2007. Bien que les deux investisseurs aient chacun la moitié des parts de l'équipe, c'est Vijay Mallya qui en devint le patron.
Mallya pensa tout de suite à donner une image et une identité indienne à son équipe et il ne pouvait pas mieux faire en lui donnant le nom de Force India. Depuis 2008, cette équipe a des moyens financiers bien plus importants que par le passé. Le vétéran pilote Giancarlo Fisichella est recruté. L'équipier de l'italien était l'Allemand Adrian Sutil, qui était déjà en poste l'année précédente.
Le duo ne fut malheureusement pas en mesure de marquer le moindre point en 2008. Sutil a bien été à deux doigts de le faire à Monaco, alors qu'il occupait la quatrième place sur une piste humide, mais Kimi Räikkönen le harponna à la sortie du tunnel avec sa Ferrari. Un superbe résultat prenait fin.
Bien que cela n'ait rien à voir avec l'incident de Monaco, Force India décida à la fin de la saison 2008 de mettre un terme à sa collaboration avec Ferrari. En 2009, Force India entrait dans un partenariat technique qui voyait ses monoplaces motorisées par Mercedes et équipées de boîtes de vitesses McLaren. Pour l'équipe de Silverstone, une nouvelle ère commençait.
En 2009, Mallya s'était donné comme objectif de voir Force India terminer régulièrement dans les points. Après avoir licencié le patron de l'équipe, Colin Kolles, le milliardaire indien a tout simplement pris les commandes de son écurie. Les résultats seraient à la fois décevants et exaltants.
Sutil et Fisichella ont chacun marqué des points qu'à une seule occasion en 2009. Mais dans le cas de Fisichella, ce fut spectaculaire. La Force India de l'Italien était quasi-imbattable en Belgique : seul le SREC sur la Ferrari de Kimi Räikkönen, sans cesse talonné, a empêché Force India de signer une première victoire. La 2e place fut donc autant une défaite qu'une fabuleux accomplissement en soi.
La saison 2010 ne verrait aucun podium, mais plus de points. Sutil, avec Tonio Liuzzi comme coéquipier, ont marqué des points sur 12 des 19 courses. Malheureusement, un bon départ en début de saison a été perturbé par de nombreux soucis techniques par la suite, surtout dans le cas de Liuzzi. De plus, certains membres clés ont rejoint d'autres équipes.
2011 a vu Force India terminer à la 6e place des Constructeurs avec un rookie nommé Paul di Resta, associé à Adrian Sutil. Mais elle a vécu aussi deux événements importants, le rachat de 42,5% des parts par le groupe indien Sahara et par le premier Grand Prix d'Inde qui fit couler des larmes sur les joues rebondies de Vijay Mallya.

