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Le moteur ''c'est zéro défaut''

ESPNF1 Staff
5 avril 2012

Renault Sport F1, qui motorise quatre des douze écuries, Caterham, Lotus, Red Bull et Williams, nous emmène dans son atelier de montage dirigé, à Viry-Châtillon, par Olivier Loret. Une activité clé et forcément passionnante.

Son rôle - Je gère une équipe dont la fonction est de fournir des moteurs qui répondent aux besoins du service essai. Il y a le moteur projet pour effectuer des essais de boîte de vitesse, un moteur cartographie pour faire des tests suivant les différents Grands Prix, des moteurs « perfo » diverses ou encore des moteurs endurances. Sur les moteurs endurance, notre métier est de pouvoir valider des lots pièces dont nous disposons pour les futurs moteurs de course.

La validation - Le service métrologie vérifie que la pièce est bien conforme aux attentes de la spécification puis nous récupérons la pièce afin de fabriquer le moteur puis de le tester. Une fois l'endurance réalisée, les pièces sont démontées : elles sont alors analysées par le service fiabilité puis validées dans un dernier temps. Il existe en fait deux moteurs spécifiques : un pour le banc « perfo » et l'autre pour l'endurance. Après c'est le service essai qui a la gestion des moteurs montés. En revanche s'il faut modifier ces moteurs selon une nouvelle spécification, là, c'est notre boulot.

2014, fondamentalement différent

Gérer le stock - C'est du jonglage. On n'a pas forcément pléthore de pièce en stock, on s'arrange entre le service essai et le montage pour utiliser tel type de pièce à la place de tel autre si on n'en a pas assez. On essaie de trouver la meilleure solution possible pour pouvoir monter un moteur dans la spec demandée. La règle est que cela ne doit pas avoir d'impact sur le test à mener. On peut assurer la traçabilité des 4000 pièces constituants le moteur. La majeur partie de ces pièces (environ 50%) sont gérées par lot : d'où l'importance du travail de validation.

Le temps passé - Disons qu'il faut environ une semaine de travail à deux personnes (pour monter un moteur. (Pour effectuer une modification en fonction des essais à mener) ça peut être une demi-journée, une heure... Lorsqu'on commence à devoir modifier le cœur du moteur, il est parfois plus simple d'en construire un nouveau ! Tout dépend du planning que l'on a, des hommes dont on dispose et des besoins du service essai. Parce que c'est une chose de fabriquer les moteurs, c'en est une autre de les passer au banc après.

La V8 Ferrari 056 de 2011
© Ferrari
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Des moments difficiles ? - Oui, il faut alors savoir prendre du recul pour faire les choses dans les règles de l'art. Il y en a beaucoup moins qu'auparavant car les moteurs sont figés. On fait surtout de la validation de lot. Quand la saison reprend on fait beaucoup de cartographie et des essais de boîte de vitesse.

Premier démarrage - Il y a toujours l'appréhension d'avoir fait une erreur. Même si dans ce métier là normalement c'est zéro erreur, on reste humain. Oui, il y a une certaine appréhension. Mais maintenant, on arrive à maîtriser le processus. Il y a des documents précis à remplir pour telle ou telle opération, il y a des check-lists. On travaille en binôme et il y a une certaine complicité entre les deux personnes pour éviter un oubli. Pour combattre la routine, j'essaie de faire tourner un maximum les personnes.

Cracking test

Le destin des pièces - Oui, il y a certaines pièces qui sont sujettes à un kilométrage limite, selon un document fourni par le service fiabilité. Après utilisation, la pièce suit un cycle de rénovation : il y a du visuel, sur d'autres pièces du dimensionnel et puis ce que l'on appelle du "cracking test" pour vérifier qu'il n'y a pas de petites fêlures. Il y a aussi de la magnétoscopie pour toutes les pièces ferromagnétiques.

2014, le futur moteur 4 cylindres turbo… - C'est génial ! ça fait du bien. Il y a pleins de choses nouvelles qui vont arriver et puis on va être obligé de changer notre procédure de montage. Le moteur sera fondamentalement différent. Nous allons devoir le maîtriser sur le bout des doigts. On va prendre un réel plaisir à travailler là dessus. Ce ne sera plus du routinier. Cela fait depuis 2007 qu'on n'a pas vu un nouveau moteur !

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