L'histoire de la Scuderia Ferrari est indissociable de la F1. Légende parmi les légendes, l'équipe fondée par Enzo est la seule en activité à avoir participé à chaque campagne mondiale depuis 1950, même si ce ne fut qu'à partir du 2e Grand Prix, en mai à Monaco. Les années 50, les années 60, 70, 80 et même 90 ont été marquées par les exploits et les déboires des voitures rouges et de ses pilotes plus ou moins charismatiques.

Pourtant, pendant plus de 20 ans, aucun pilote de l'écurie italienne n'allait réussir à décrocher la couronne suprême. Les années 1980 ont fait illusion grâce à l'apparition des moteurs turbos. Une technologie qui permettra aux Rouges de remporter leur dernier titre de champion des constructeurs avant des lustres. Les années 1990 ont été celles des " vaches maigres" malgré le recrutement des meilleurs pilotes du moment - Nigel Mansell, Alain Prost, puis le duo Jean Alesi-Gerhard Berger. Rien n'y fit.

Il faudra tout le poids de Fiat, appuyé par Marlboro, afin de recruter Jean Todt, Michael Schumacher et ses ingénieurs pour redorer le blason des rouges. D'emblée, le pilote allemand a remis la Scuderia au centre des débats, mais sans pour autant avoir atteint la terre promise. En 1999, le redressement du cheval cabré s'est poursuivi avec le succès final des voitures rouges dans le Championnat du monde des constructeurs, 16 ans après le sacre de la 126-C3 aux mains de Patrick Tambay et René Arnoux.

L'an 2000 a été l'aboutissement d'un rêve, celui de Jean Todt, de Michael Schumacher, mais surtout celui de tous les tifosi. Une nouvelle ère s'est ainsi ouverte, et l'équipe italienne a de la sorte confirmé un premier titre de champion du monde des pilotes en deux décennies.

Porté par la vague, 2001 et ensuite 2002 n'ont pas vu l'élan victorieux se briser. En fait, l'aisance et la domination affichées par les voitures rouges de Michael Schumacher et Rubens Barrichello ont été outrancières, obligeant les hautes instances régissant le summum du sport automobile mondial à prendre des mesures drastiques : interdiction des consignes d'équipe et changement au barème de points.

En 2003, le défi s'est avéré encore plus difficile à relever, compte tenu du niveau toujours plus élevé des adversaires. Mais personne n'a réussi à briser l'unité qui pousse la Scuderia toujours plus loin. C'est au contraire Ferrari qui allait écraser un peu plus la concurrence avec 15 victoires sur 18 possibles et un sixième titre des constructeurs consécutif à la clé. Difficile de faire mieux après… mais on l'a déjà si souvent répété !

Six couronnes d'affilée après 15 saisons sans le moindre sacre, l'équipe Ferrari savait que la spirale du succès s'arrêterait un jour. Le coup d'arrêt a été net et brutal en 2005, où la Scuderia n'a dû son salut qu'à une victoire tronquée à Indianapolis où seulement six voitures étaient en piste suite au forfait des équipes chaussées de pneus Michelin.

Retombés au troisième rang, l'écurie italienne et son leader allemand étaient de retour sur le devant de la scène en 2006 pour un baroud d'honneur avant une (première) retraite bien méritée pour Schumacher. Un nouveau cycle s'ouvrait en 2007. La Scuderia Ferrari devait démontrer qu'elle pouvait s'imposer sans le Kaiser. Pour ce faire, elle a embauché Kimi Räikkönen au côté de Felipe Massa.

Ces deux-là ont bouclé une saison remarquable. L'un comme l'autre ont fait honneur à Ferrari en se comportant comme de vrais coéquipiers au sein d'une équipe dont la principale qualité est sa cohésion. Räikkönen a coiffé sur le fil les pilotes de l'équipe McLaren, Fernando Alonso et Lewis Hamilton, grâce à trois victoires au cours des quatre dernières manches de la saison. Il devenait champion par un point d'avance.

En 2008, la Scuderia Ferrari et Räikkönen remettaient leurs titres en jeu face à une équipe McLaren et un Hamilton assoiffé de revanche. Jean Todt ayant décidé de ne plus diriger la Scuderia, c'est son bras droit Stefano Domenicali qui lui succède.

Cette saison 2008 allait se dérouler un peu moins bien que la précédente. Räikkönen a en effet été victime d'une sévère baisse de régime à partir de la mi-saison et c'est Massa qui l'a relayé en tant qu'adversaire principal de Hamilton. Malheureusement pour lui, Massa a dû s'incliner face au prodige britannique de l'équipe McLaren, par un seul point, à la conclusion d'un incroyable dernier tour d'anthologie au Brésil. Quant à la Scuderia Ferrari, elle s'est consolée en remportant une fois de plus le titre mondial des constructeurs.

En 2009, l'objectif des troupes de Maranello était le même que toujours : remporter les deux titres. Mais l'écurie Brawn GP, l'ancienne Honda reprise par l'ex-directeur technique de Ferrari, Ross Brawn, prenait tout le paddock par surprise. Jenson Button était couronné et son équipe aussi. Ferrari décidait alors de se séparer de Räikkönen pour le remplacer par le redoutable Fernando Alonso en 2010.

Bien que L'Espagnol ait remporté la première manche, il faudra attendre la mi-saison pour voir Ferrari remonter la pente. En Allemagne, une consigne d'équipe forçant Massa à céder la victoire à Alonso laissait un goût amer qui allait longtemps suivre la Scuderia. Mais la remontée d'Alonso et des Rouges était entamée : Red Bull et McLaren ripostaient tant bien que mal.

Leader du championnat au départ de la dernière épreuve, à Abou Dabi, une stratégie bâclée allait tout gâcher pour Alonso : Sebastian Vettel sacré, Alonso devait se contenter - difficilement - d'être vice-champion. Au terme d'une saison 2010 incroyablement compétitive à tous les niveaux, Ferrari s'est retrouvée à la 3e place du classement des constructeurs.

La fameuse Scuderia n'a pas réussir à conquérir les titres en 2011, une année compliquée pour l'équipe. Elle n'a remporté qu'une victoire, mais quelle victoire ! Alonso a gagné à Silverstone, soixante ans après le premier succès de Ferrari en F1 sur le même circuit. Un scénario de rêve.

2012 fut une anné difficile pour Ferrari, remarquable pour Fernando Alonso. La monoplace rouge n'a jamais été à la hauteur de ses rivales, mais le pilote espagnol parvenait toujours à surpasser les attentes. 13 podiums en 20 courses, dont trois victoires inespérées. Au début de la saison, personne n'aurait cru le voir se battre pour le titre lors de la dernière manche. La couronne lui a échappé par trois points, mais sa persévérance a été largement louangée. Felipe Massa, après une mauvaise première moitié de saison, a retrouvé son rythme et aidé Ferrari à s'emparer de la 2e place du classement des constructeurs.

Pour 2013, le mot d'ordre a été donné : il faudra démarrer la saison avec une voiture déjà compétitive et enfin casser la mainmise de Red Bull qui dure depuis 2010.