• Top 10 des liens de parenté

Une affaire de famille

ESPN Staff
7 janvier 2013

L'Histoire de la Formule 1 est parsemée de pilotes dont le patronyme a déjà figuré dans les classements à des époques différentes. ESPN présente son top 10 des familles ayant la course dans le sang.

Jack, Gary et David Brabham

Jack a non seulement gagné trois championnats, mais son dernier titre (1966) a été remporté alors qu'il pilotait pour son écurie éponyme, fondée trois ans plus tôt. 16 saisons après ses débuts, à 44 ans, il remportait un Grand Prix en 1970 ; difficile de suivre dans de telles traces. Son fils Gary a participé à deux courses au volant d'une Life au début du championnat 1990, tandis que son frère cadet David a couru deux saisons complètes : en 1990 avec Brabham (que son père avait vendu quelques années auparavant) et en 1994 avec Simtek.

Ces deux écuries ne jouissaient pas de moyens énormes, les résultats reflétaient cette réalité. Matthew, dont le père Geoff est le fils aîné de Jack, pourrait devenir un Brabham de troisième génération à courir en F1. Après avoir remporté le titre USF2000 l'an dernier, il courra dans le championnat Pro Mazda en 2013.

Graham et Damon Hill

Dès sa naissance, l'entourage de Damon était composé de voitures et de pilotes. Et avec son double champion de père Graham, il semblait inévitable que fiston choisisse le même métier. Toutefois, Graham n'était plus là pour aider son fils, qui n'avait que 15 ans lorsque son père est décédé dans un accident d'avion. Damon a travaillé comme livreur de courrier à moto pour gagner sa vie ; ce n'est qu'à 23 ans qu'il a repris un volant. De plus, il a dû emprunter 123 000 euros (161 000 $) pour continuer sur cette voie et poursuivre son rêve.

Ses débuts en F1 (à 31 ans !) avec Brabham n'avaient rien d'extraordinaire, mais avec Williams il a démontré tout son potentiel à partir de 1993. Damon a gagné le titre en 1996, alors qu'il avait déjà décidé de quitter l'équipe. Les Hill devenaient ainsi les premiers (et seuls à ce jour) champions du monde de père en fils. Contrairement à d'autres pilotes figurant sur notre liste, la percée de Damon lui revient entièrement ; il a surmonté d'importantes épreuves personnelles et professionnelles avant de triompher.

Ayrton et Bruno Senna

Compte tenu de ses réussites et de son immense talent, Ayrton Senna avait placé la barre très haute pour son neveu Bruno. Il transcendait la discipline et était souvent dans une classe à part ; plusieurs le considèrent toujours comme le plus grand pilote dans l'Histoire de la Formule 1. Suite à ses trois titres avec McLaren, tous s'attendaient à le voir remporter d'autres championnats avec Williams ; malheureusement, son décès à Imola en 1994 nous a privés de sa présence. Mais Ayrton avait eu le temps de déclarer : "Si vous pensez que je suis rapide, attendez de voir mon neveu Bruno."

Bruno évoluait en karting lorsqu'Ayrton a perdu la vie. Et avec le décès de son père moins de deux ans plus tard, sa mère l'a forcé à quitter les sports mécaniques. Il est revenu en 2004, après avoir manqué les années de développement normalement absorbées pendant l'adolescence. Considéré par Honda fin 2008, Bruno a finalement réussi à rejoindre la F1 en 2010, mais en passant par la très peu compétitive HRT avant d'accéder à une Lotus en 2011 et ensuite une Williams en 2012 ; son meilleur résultat est une 6e place. Cependant, malgré quelques bons coups, il n'a pas clairement démontré le grand potentiel que son oncle Ayrton affichait régulièrement. Bruno se retrouve (pour le moment) sans contrat pour la saison 2013.

Gilles Villeneuve n'a pas été champion, mais son fils Jacques a triomphé en 1997
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Gilles, Jacques et Jacques (senior) Villeneuve

La réputation de Gilles était telle, au moment de son décès à Zolder en 1982, quand Jacques avait 11 ans, que son fils devait surmonter une tâche quasi-impossible pour perpétuer la renommée de la famille. Jacques a néanmoins réussi à bâtir sa propre réputation : la couronne Indycar en 1995, suivi par le titre F1 en 1997, voilà qui annonçait un autre brillant passage du nom Villeneuve au pinacle du sport automobile.

Cependant, de mauvais choix de carrière ont fait en sorte qu'il n'est remonté sur le podium qu'à quatre reprises (aucune victoire) au cours des huit saisons ayant suivi l'année de son triomphe. Un autre Jacques, le frère de Gilles, a tenté sa chance entre 1981 et 1983, mais sans parvenir à se qualifier pour un Grand Prix.

Emerson, Wilson et Christian Fittipaldi

Comme les Brabham, trois Fittipaldi ont couru en Formule 1 et chaque famille avait sa propre équipe. Lorsqu'il a remporté son premier titre en 1972, à 25 ans avec Lotus, Emerson était alors le plus jeune champion du monde. Une autre couronne avec McLaren deux années plus tard semblait le destiner à une longue carrière au sommet. Mais en 1976 il choisissait de rejoindre l'équipe éponyme que lui et son frère possédaient ; Emerson a renoué avec le podium seulement deux fois avant de prendre sa retraite en 1980.

Ce fut plus compliqué pour Wilson, qui a marqué trois points sur une carrière de 38 courses, dont 13 manches ont été courues pour l'écurie de la famille Fittipaldi. Il a décidé de prendre sa retraite comme pilote et de diriger l'équipe ; c'est alors que son frère Emerson le remplaçait en piste, sans grand succès. Christian, le fils de Wilson, est arrivé en Formule 1 en 1992. Il a fait un peu mieux que son paternel, soit 12 points en 42 Grands Prix malgré des voitures peu compétitives, mais n'a jamais démontré le potentiel qu'avait jadis son oncle Emerson. Il s'est recyclé en IndyCar en 1995.

Michael et Ralf Schumacher

Michael est le pilote ayant connu le plus grand succès de toute l'Histoire de la Formule 1. Il est monté sur le podium à 155 reprises, dont 91 fois comme vainqueur. Il a remporté deux titres avec Benetton (1994 et 1995) avant de redonner vie à Ferrari en gagnant cinq couronnes consécutives (2000 à 2004), un accomplissement inédit. Sa carrière a cependant connu de nombreuses controverses : entre autres moments disgracieux, pensons à sa disqualification de la saison 1997 après avoir volontairement frappé Jacques Villeneuve lors de la finale. Mais le talent et la détermination de Michael lui permettaient de demeurer populaire auprès des fans. Retraité fin 2006, son aura s'est ternie lors de son retour en F1 avec Mercedes (2010 à 2012), mais ses fans étaient toujours loyaux.

Ralf a donc dû affronter le palmarès incroyable de son frère aîné tout au long de sa propre carrière en F1, surtout que les performances des deux Schumacher pouvaient être directement comparées sur la piste (sauf en 2007). Mais Ralf, que l'on surnommait 'Monsieur Frère', a fait ses preuves malgré la pression et les attentes : il a remporté six courses avec Williams, dont une à Montréal où il a mené un mémorable doublé Schumacher jusqu'à la ligne d'arrivée.

Nelson et Nelson (Jr) Piquet

Nelson senior a gagné trois championnats et était reconnu pour son grand talent. Niki Lauda a dit de lui qu'il "commet peu d'erreurs, est toujours rapide, est toujours en forme." Mais sa personnalité était complexe : tempérament abrasif, langage vulgaire, humour espiègle, sentiment d'importance... Autant de gens l'aimaient que le détestaient. La F1 l'a rendu très riche (il exigeait 6,5 M$ par saison en 1988), et après sa retraite cet argent ainsi que le patronyme Piquet ont servi à ouvrir des portes pour son fils Nelson junior.

'Nelsinho' avait un certain talent mais pas autant que son père. La carrière en F1 de Nelson Jr a été détruite pour toujours suite à son rôle dans l'affaire Crashgate, lorsqu'il a volontairement fracassé sa Renault contre un mur pendant le Grand Prix de Singapour 2008 pour favoriser la stratégie de son coéquipier Fernando Alonso (qui irait gagner la course). Il avait obéi aux ordres pour plaire à ses patrons d'alors, tout cela dans l'espoir de conserver son volant. Nelson Jr a plaidé son manque d'expérience et la pression qu'il subissait, mais le paddock ne voulait plus de lui.

Jody et Ian Scheckter ont couru 20 Grands Prix ensemble
© Sutton Images
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Jody et Ian Scheckter

Comme c'est souvent le cas, un champion du monde est suivi par un membre de la famille au potentiel moins important. Jody a fait ses débuts en F1 à la fin de 1972, son frère Ian l'a rejoint deux saisons plus tard. Jody est passé de McLaren à Tyrrell en 1974, ce qui lui a permis de marquer ses premiers points et signer ses premières victoires. Il se battait pour le titre aux commandes d'une Wolff en 1977, mais c'est avec Ferrari qu'il est devenu champion du monde en 1979, devant son coéquipier Gilles Villeneuve. La monoplace suivante étant peu compétitive, Jody est parti à la retraite heureux d'avoir accompli son objectif.

Ian n'a pas connu une carrière aussi longue. Après avoir participé à six courses en trois ans, ce n'est qu'en 1977 qu'il a réussi à obtenir un volant à temps plein, chez March. Ce fut une saison désastreuse pendant laquelle Ian a été classé deux fois en 14 Grands Prix ; il est ensuite retourné chez lui en Afrique du Sud où sa carrière s'est mieux portée. En F1, Ian a franchi la ligne d'arrivée quatre fois seulement, sans jamais marquer un point.

Keke et Nico Rosberg

Nico a tout le talent nécessaire pour réussir autant que son père, même si sa saison 2012 n'a pas tout à fait été à la hauteur des attentes. Keke fumait une cigarette après l'autre tout en étant obsédé par l'exercice ; il se prenait "incroyablement au sérieux" selon Niki Lauda. Il a remporté le titre en 1982 (malgré une seule victoire) et terminé 3e du classement en 1985, chaque fois avec Williams. Keke a géré la carrière de son fils à ses débuts, ce qui ouvrait des portes et attirait des sponsors, mais depuis 2006 Nico a bien établi sa propre réputation et elle est solide.

Après avoir grimpé sur le podium à cinq reprises au cours de sa carrière, Nico a enfin signé sa première victoire tant attendue lors du Grand Prix de Chine 2012. Une 2e place à l'arrivée du GP de Monaco était de bon augure pour le reste de la saison, mais la compétitivité de sa Mercedes a chuté par la suite. Il attend toujours que son équipe lui fournisse une voiture capable de viser le titre ; plusieurs observateurs aussi.

Mario et Michael Andretti

Fils d'un immigrant italien, Mario s'est battu jusqu'au sommet du sport automobile américain avant de rejoindre la F1, et encore, il avait 35 ans au moment de finalement obtenir un premier volant à temps plein. Très talentueux en piste et très populaire auprès du public, il a remporté le championnat 1978 aux commandes d'une Lotus. Quelques années plus tard, le charismatique Mario est retourné aux États-Unis courir pendant une autre décennie ; il rivalisait toujours parmi les premiers même dans la cinquantaine.

Son fils Michael a aussi connu le succès en Amérique, mais la comparaison s'arrête là. Au terme d'une saison peu impressionnante chez McLaren, Michael a quitté la F1. Plus tard, son fils irait affirmer que l'équipe avait "saboté" ses chances de réussir, et ce dans le but d'embaucher le moins dispendieux Mika Häkkinen. Certains observateurs ont contré cet argument en soulignant deux facteurs importants ayant pesé dans la décision de McLaren, soit que Michael refusait obstinément de déménager en Europe et qu'il avait une certaine méconnaissance technique. Marco, le fils de Michael et petit-fils de Mario, a fait quelques essais pour l'écurie F1 de Honda en 2006 et 2007. Il fait carrière en IndyCar depuis 2006.

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