• Interview ESPN - Alejandro Agag

La Formule E prend forme

Chris Medland
3 décembre 2012

ESPN a discuté avec Alejandro Agag, le dirigeant de Formula E Holdings et patron du futur championnat de monoplaces électriques qui verra le jour en 2014.

Vous êtres très heureux de confirmer la tenue d'une course de Formule E dans une capitale européenne ?
"C'est une excellente nouvelle pour le championnat. Il s'agit de la première ville européenne confirmée. Nous avions déjà fait une annonce en Amérique du Sud à Rio de Janeiro, et nous avons déjà cinq ou six autres villes à révéler, mais cette première annonce (en Europe) est un grand moment pour nous. Surtout dans une ville comme Rome où le spectacle s'annonce impressionnant avec tous ces monuments comme décor. Nous sommes vraiment très enthousiastes."

La Formule 1 a déjà tenté de courir à Rome ; est-ce un facteur lorsque vous considérez des villes hôtes potentielles ?
"Non, pas du tout. Nous ne regardons pas les autres championnats, nous voulons vraiment nous concentrer sur le nôtre et sur son avenir. Nous cherchons à présenter des courses dans les grandes capitales du monde, dans des villes au décor impressionnant, et c'est exactement pourquoi nous avons choisi Rome. Nous pensons qu'avoir le Colisée et le Circus Maximus comme toile de fond pour la course en fera un grand succès. C'est ce que nous cherchons à faire dans d'autres villes. Nous voulons vraiment courir dans les grandes capitales du monde et celle-ci compte certainement parmi ce nombre. Les villes que nous annoncerons en janvier et février auront le même profil."

Pouvez-vous nous dire où d'autres courses auront lieu ?
"Nous allons annoncer deux courses aux USA, dans de très grandes villes américaines. C'est très excitant car le championnat attire beaucoup d'attention aux États-Unis. La passion pour les véhicules électriques et la mobilité propre est très élevée là-bas, nous nous en rendons compte. Nous allons aussi annoncer une grande capitale, probablement la plus grande d'Asie. Ces confirmations seront les prochaines. Il y aura ensuite d'autres viles en Europe et ailleurs, mais les prochaines seront les deux courses aux États-Unis et une autre en Asie."

À quel point le concept de la Formule E est-il important dans le contexte actuel ?
"Nous pensons qu'il est très pertinent. Nous pensons que l'industrie automobile est en mutation, nous pourrions même parler d'une révolution, vers des modes de transport plus propres et viables. Pour le moment, la plus propre de toutes les solutions est définitivement l'électricité et nous croyons que l'électricité mérite d'avoir son propre championnat. C'est pour cette raison que nous sommes ici. Nous sommes le seul championnat mondial pour voitures électriques reconnu par la FIA. Nous croyons que c'est très important et je pense que notre succès sera très important pour l'ensemble de l'industrie de la voiture électrique."

Rome est la première ville européenne confirmée sur le calendrier de la FE
© FIA
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D'après vous, quel sera le plus grand défi de ce championnat ?
"Nous avons deux défis majeurs. Le premier, c'est d'avoir des circuits urbains au cœur de dix villes mondiales. Les choses se portent vraiment très bien de ce côté-là, car nous avons déjà plus de dix villes souhaitant accueillir notre championnat et plus de 10 villes correspondant à nos critères de grandes capitales mondiales. Il faudra ensuite concevoir et construire des circuits urbains dans toutes ces villes. Le second défi, c'est de produire des voitures rapides et excitantes. Cela se passe très bien de ce côté également car nous avons un partenariat avec McLaren pour le groupe motopropulseur. Nous allons très bientôt faire une annonce concernant un partenariat pour la fourniture de batteries et il s'agit d'une très grande compagnie mondiale. Ce sont nos deux grands défis et je pense que nous progressons bien dans les deux cas."

Le championnat sera ouvert à toute voiture homologuée. Il y a-t-il suffisamment d'intérêt pour avoir une grande diversité de voitures sur la grille, ou s'agira-t-il d'un championnat à modèle unique lors de la première année ?
"Nous nous attendons à ce que la première saison, en 2014, ne compte qu'un seul constructeur car c'est très difficile et très unique de produire une voiture avec de telles caractéristiques, mais il y a beaucoup d'intérêt de la part de plusieurs manufacturiers différents. Alors je pense que notre championnat comptera plusieurs manufacturiers à partir de sa deuxième année, sûrement à partir de la troisième. Nous nous attendons à ce que chaque équipe ou presque aie une voiture d'une marque différente à partir de la quatrième année."

Vous savez par votre propre expérience à quel point les coûts peuvent grimper, même en GP2. Quel budget prévoyez-vous pour une écurie de Formule E ?
"C'est l'avantage de démarrer un championnat à partir de rien. Nous souhaitons que les budgets soient beaucoup moins élevés que dans d'autres séries. Il y aura probablement de gros investissements pour le développement des batteries et du groupe motopropulseur, mais les constructeurs qui travailleront là-dessus devront offrir ces équipements aux autres écuries selon le prix maximal établi. À travers ces mécanismes, nous pourrons mettre sur pied un système de contrôle des coûts très serré. Nous discutons actuellement du montant final, mais les coûts d'opération d'une équipe pour une année ne devraient pas dépasser 5 000 000 $ (3,8 M€) comme maximum absolu."

Vous avez parlé de McLaren, qui travaillera en collaboration avec Spark Racing Technology ; c'est bon signe pour votre championnat. Souhaitez-vous que d'autres compagnies ayant des liens avec la Formule 1 s'engagent également ?
"En fait, sans mentionner la Formule 1 uniquement - car nous faisons toujours référence à d'autres séries pour ne pas vraiment être comparés à qui que ce soit - la réponse à votre question est oui. Nous voulons des équipes de course traditionnelles émanant de d'autres séries. Nous parlons déjà à des équipes actives en IndyCar, NASCAR, Formule 1 et ailleurs, mais nous aimerions aussi qu'à peu près la moitié de la grille soit composée de nouvelles équipes. Donc, de nouvelles équipes, ainsi que des marques globales qui ne se sont jamais impliquées dans la course automobile, mais qui aimeraient s'engager dans ce nouveau championnat, dans cette nouvelle façon de voir la course automobile. Alors nous nous attendons à une grille hybride, composée d'équipes traditionnelles et de nouvelles marques souhaitant rejoindre notre championnat."

Chris Midland est éditeur-adjoint chez ESPNF1

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