• La vie en F1

Vettel, côté personnel

ESPN Staff
14 juillet 2012 « Sauber, priorité aux qualifs | Quelques regrets pour Allison »

Dans un entretien accordé au site officiel de la Formule 1, le double champion en titre Sebastian Vettel explique l'impact quotidien que peut avoir une carrière dans la catégorie reine sur la vie privée.

Les aspects négatifs : "Ce que les gens ne voient pas. Il vous voient dans la voiture, ils vous voient courir, et si vous avez un bon résultat ils vous applaudissent. Mais les gens ne voient pas tout ce qu'il faut faire pour arriver à ce niveau. La discipline, la préparation physique quotidienne, contrôler nos tentations et nos mauvaises humeurs. Ce sont les défis typiques que le monde extérieur ne voit pas. Et il y a aussi le défi intellectuel. Lors des réunions avec les ingénieurs, il faut être à leur niveau de discussion pour comprendre ce qui se passe d'un point de vue technique, et cela dans un environnement qui ressemble à celui d'un laboratoire."

"Ce sont tous des aspects que les fans ne voient pas, donc ils ne peuvent pas en comprendre l'importance. Lorsque vous allumez la télévision et regardez les qualifications, vous pourriez penser que ce n'est rien d'extraordinaire de boucler quelques tours. Mais pour arriver à ce point, c'est un marathon qui dure 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pendant 10 mois."

Le rêve et la réalité : "C'est différent de ce que vous pouvez imaginer. Lorsque vous avez toujours rêvé de courir à ce niveau, difficile de faire mieux. Mais la vie qu'il faut mener, vous ne pouvez pas y rêver car vous ne savez pas ce que c'est. On ne peut pas du tout imaginer ce qui nous attend. Vous voyagez continuellement, votre boulot occupe toutes les heures de la journée et tous les jours de la semaine, vous avez peu de temps pour vous-même et encore moins de temps pour les amis et la famille."

"Mais ne vous trompez pas, je ne me plains pas car j'adore la vie que je mène. Si j'avais à tout recommencer, je choisirais exactement cette même existence car ma plus grande satisfaction c'est de courir. Je n'ai jamais trouvé quoi que ce soit qui puisse me donner autant de plaisir, et de loin. Mais je dois admettre qu'il y a un prix à payer qui n'est pas trop apparent de l'extérieur. Tout ce qui brille n'est pas de l'or ! (…) Mais je suis chanceux d'être là où je suis et j'espère que je l'apprécie suffisamment."

"Dans l'ensemble, je dirais que vivre en Formule 1, c'est d'une certaine façon l'antithèse du vacancier"
Sebastian Vettel à propos des nombreux déplacements

La franchise envers soi : "Je crois dans le dicton qui dit que vous n'êtes jamais aussi bon que les autres disent que vous l'êtes, ni jamais aussi mauvais. Je ne dirais pas qu'il faut ignorer tous les commentaires, mais il ne devraient pas vous influencer. Ma philosophie, c'est qu'il faut être capable de se regarder dans le miroir et être satisfait. J'adore l'honnêteté ainsi que l'honnêteté envers soi-même. Ce serait facile et pratique de dire qu'une roue s'est détachée et c'est pourquoi j'ai quitté la piste. Mais parfois des erreurs surviennent et il faut être assez honnête pour le reconnaître et s'excuser lorsque c'est vous le responsable. Comme à Spa il y a deux ans, lorsque j'ai tenté de dépasser Jenson (Button) et que j'ai perdu le contrôle de ma voiture, ruinant ainsi nos deux courses. C'était naturel d'aller le voir et de présenter mes excuses. Je m'attends au même traitement. C'est une question de respect."

Chez vous partout ? : "C'est sûr, votre valise devient une amie très proche. Et avec le temps, la remplir devient une routine. Cependant, on arrive jamais à éliminer complètement l'erreur qui fait que l'on emporte toujours plus de choses que nécessaire. Je pense que c'est dans l'ADN du voyageur ! Dans l'ensemble, je dirais que vivre en Formule 1, c'est d'une certaine façon l'antithèse du vacancier. Les vacanciers ont hâte de se retrouver sur l'avion, de dormir dans un hôtel, d'avoir un buffet pour le petit déjeuner. Tandis que de notre côté, nous sommes heureux de dormir une fois de temps en temps dans notre propre lit et de faire de la popote dans notre propre cuisine."

Dans sa valise, il n'oublie jamais : "Ma brosse à dents. Et des chaussettes blanches pour que l'on puisse immédiatement m'identifier comme Allemand !"

Avec un mois de liberté totale : "Je ne prendrais définitivement pas l'avion ! Je passerais du temps avec les amis et la famille, et pour le reste j'irais me promener à pied ou sur un vélo. Choisir une destination et partir à l'aventure."

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