• Pneumatiques

Pirelli : même défi pour tous

ESPNF1 Staff
31 mai 2012

Les pneumatiques Pirelli font le bonheur des uns et le malheur des autres cette saison ; certains dans le paddock se plaignent de gommes trop difficiles à gérer, alors que le public est enthousiasmé par un championnat 2012 qui compte six vainqueurs différents en six courses.

Paul Hembery, le patron de Pirelli Motorsport, est fier de jouer un rôle important dans ce spectacle et de contribuer à l'intérêt que génère la saison actuelle. Mais pour lui, les pneus ne sont qu'une partie de l'équation. Il s'est confié au site officiel de la F1.

Le débat sur les Pirelli : "Après six courses, certains ont l'impression que nous imposons un trop grand défi sur les équipes. Mais lorsqu'on regarde cela d'un autre angle, on constate que les voitures sont beaucoup plus compétitives cette année. On voit un grand nombre de pilotes, aux commandes de plusieurs voitures différentes, séparés par quelques dixièmes de seconde. Nous n'avions jamais vu cela auparavant. Bien sûr, la relation entre la voiture et les pneumatiques est devenue beaucoup plus pointilleuse, alors commettre une erreur peut être très pénalisant. Alors oui, on parle beaucoup de nous, mais le fait demeure que nous n'avons pas effectué d'énormes changements depuis les pneus de 2011. Je pense que nous avons fait des modifications intéressantes pour stimuler le défi. Jusqu'à maintenant, la situation est très intéressante."

"Nous fournissons le même produit à tout le monde. L'objectif est d'apprendre à tirer le maximum de l'équipement à votre disposition. Le défi et les opportunités sont les mêmes pour tout le monde. Les six premières courses de l'année ont été très intéressantes et nous avons reçu énormément de commentaires positifs de la part du public. C'est vraiment phénoménal. Mais bien sûr, on ne publie pas d'articles sur cet aspect. Les bonnes nouvelles n'aident pas à vendre des journaux. Mais comme je l'ai mentionné, les fans aiment."

L'évolution de la saison : "Je crois qu'au bout de 20 courses, les plus grandes équipes aux plus grands budgets seront à l'avant. C'est ce qui va se produire. L'an dernier, les gens se sont plaints d'une saison dominée par une seule équipe. Sebastian (Vettel) a connu une saison formidable bien entendu, mais les fans auraient aimé voir quelque chose de plus compétitif... et c'est ce que nous avons cette année. Si vous vous souvenez de 2010, même à la dernière course l'identité du champion était incertaine et c'est ce genre de championnat dont nous avons besoin. C'est alors que les fans vont suivre en grand nombre. Et jusqu'à maintenant, nous sommes sur la bonne voie. Nous avons vu de nouveaux vainqueurs avec Nico Rosberg et Pastor Maldonado, nous avons vu trois champions gagner une course (Jenson Button, Fernando Alonso et Sebastian Vettel) et Mark Webber est un des plus expérimentés pilotes sur la grille. Alors dans l'ensemble, on ne peut pas dire que n'importe qui peut gagner ; seuls les plus talentueux et expérimentés y parviennent."

Webber, 6e vainqueur en six Grands Prix : un record
© Sutton Images
Agrandir

"Lors de chaque course, chaque équipe gagnante a fait un petit quelque chose de spécial pour décrocher la victoire. Il n'y a pas un seul truc que tout le monde peut ensuite copier. Mais d'après moi, je pense que nous pourrons déceler une tendance dans le championnat lorsque nous arriverons à Silverstone (GP de Grande-Bretagne, début juillet). Les écuries auront alors colligé beaucoup d'informations lors des courses précédentes, elle devraient avoir compris comment s'adapter et progresser."

Les pneus, facteur décisif du championnat ? : "Non, car dans chaque championnat il faut savoir maximiser son ensemble. Cela signifie maximiser la performance de chaque composante, et les pneumatiques ne sont qu'une composante parmi d'autres. Il est vrai que la gestion des gommes est un élément crucial, mais dans quelques semaines vous verrez que les équipes sauront exactement ce qu'il faut faire pour tirer le maximum de performance des pneus, et cela en fonction de leurs besoins. Ce n'est qu'une question de temps. Mais vous savez, c'est beaucoup plus satisfaisant de voir six vainqueurs différents que de voir la même voiture gagner continuellement, car cela ferait fuir le public."

Le niveau de compétitivité : "Le public sait que les courses sont très serrées cette année et que la plus petite erreur risque d'être sévèrement punie. Si vous vous trompez lors d'un arrêt ou si vous commettez la moindre petite erreur en retournant en piste, les conséquences peuvent être énormes. Nous savons que notre décision de rendre les gommes dures plus tendres qu'auparavant est audacieuse. Nous avons constaté l'an dernier que seules deux écuries de pointe parvenaient à exploiter la gomme dure, ce qui avait comme effet de pénaliser tout le reste du plateau. Il fallait mettre un terme à cela car nous devons prendre soin de toutes les équipes et non seulement des deux à l'avant. Si la discipline et les équipes veulent que nous leur fournissions des pneus à faible dégradation et à très haute performance qui ne nécessitent qu'un seul arrêt par course, nous pourrions le faire sans problème. Mais ce n'est pas ce que l'on nous a demandé. Nous ne faisons que respecter les demandes des équipes."

© ESPN EMEA Ltd.
  • Email
  • Commentaires
  • Imprimer
Email
Close