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Stewart, toujours en croisade

Chris Medland
11 janvier 2012
Jackie Stewart n'a jamais couru son dernier Grand Prix après la mort de son coéquipier François Cevert en qualification
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Les événements tragiques qui ont marqué l'année 2011 en IndyCar doivent avoir la valeur d'un signal pour la Formule 1, selon Jackie Stewart

Pionnier de la sécurité dans la course automobile, Jackie Stewart n'a jamais fait l'économie de son opinion lorsque ce sujet a été abordé. Stewart était au sommet de son art à l'époque où les accidents mortels étaient nombreux. Depuis, en partie sous son impulsion, les choses se sont améliorées mais le triple champion du monde nous confie aujourd'hui qu'il a pu se dérouler beaucoup d'accidents qui auraient pu être évités.

S'il est une discipline où les pilotes vivent avec le danger au quotidien, c'est l'IndyCar. La mort de Dan Wheldon, en octobre dernier à Las Vegas, l'a montré de manière douloureuse récemment. Depuis le décès d'Ayrton Senna, dernier pilote fatalement touché en Formule 1, sept de ses collègues ont perdu la vie en course en IndyCar. Stewart à le sentiment que cet accident effroyable, qui a touché une vingtaine de voitures, a ouvert les yeux à la nouvelle génération de pilotes sur les périls que comporte leur métier.

"L'accident de Dan Wheldon a poussé chacun à se demander : 'Est-ce que nous comprenons la dynamique d'un accident en course automobile ? Est-ce que nous avons compris que l'effet d'engrenage entre les roues est ce qui a causé cela ?' Tout ce carambolage a été causé par un effet d'engrenage entre les roues. L'origine exacte peut ne pas être cela mais c'est ce qui lui donnait toute son ampleur."

Bravo à Webber et à Alonso

Dans son autobiographie, Winning is Not Enough ("Gagner ne suffit pas"), Stewart revient sur les décès de Jim Clark, Jochen Rindt et François Cevert. Avant même la disparition de Clark, Stewart faisait déjà campagne pour une meilleure sécurité. Le jour de la mort de Clark, Stewart effectuait une inspection de sécurité sur le circuit de Jarama au lieu de courir lui-même à Hockenheim ou à Brands Hatch.

Les accidents récents de Sergio Pérez à Monaco en 2011 et Mark Webber à Valence en 2010, qui se sont terminés sans beaucoup de casse, sont pour Stewart des exemples typiques des sorties de route qui peuvent rendre les pilotes moins prudents. "Je pense qu'en Formule 1 on devient confiant, peut-être trop. Nos statistiques sont incroyables : presque 18 ans depuis la mort d'Ayrton. C'est un beau résultat en termes de gestion des risques. Mais au final la plus grande responsabilité est entre les mains des pilotes."

Le paddock de la Formule 1 rend hommage à Dan Wheldon
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Pour autant, Stewart ne dit pas qu'il veut voir des courses moins spectaculaires. Pour lui, d'ailleurs, le dépassement de Fernando Alonso par Webber en bas de la montée de l'Eau rouge lors du dernier Grand Prix de Belgique a été la manœuvre de l'année. "C'est l'exemple typique d'un pilote qui a de l'expérience et qui court contre un autre pilote de Grand Prix dans lequel il a suffisamment confiance. Il faut rendre hommage à Alonso, car c'est quelqu'un dans lequel Webber a beaucoup de confiance. Il en faut pour exécuter un tel dépassement."

Pour Stewart, d'un côté les pilotes doivent faire leur possible pour éviter les accidents, mais ils doivent également être épaulés par les instances qui se doivent d'analyser chaque incident dans chaque catégorie pour en éviter les pires conséquences. Si la Formule 1 peut faire état de telles statistiques de mortalité ces dernières années, c'est qu'elle s'est montrée plus proactive que réactive.

"Si vous regardez la réalité en face et si vous regardez ce que nous avons fait pour assurer la viabilité à long terme de la discipline, alors on peut être satisfaits mais il faut faire plus. Vous pouvez me croire, si l'accident de Wheldon s'était déroulé sur un circuit de Formule 1, sa voiture aurait terminé dans la foule. La hauteur des grillages en IndyCar est différente. Ils ont des pistes qui leur permettent d'installer de hauts grillages pour arrêter les roues et les pièces des voitures et même les voitures elles-mêmes avant qu'elles n'aillent dans la foule. Alors il nous faut être réalistes sur la manière dont nous gérons cela. Cela coûte beaucoup d'argent mais cela en coûterait encore beaucoup plus si un mauvais accident venait à se produire."

Jackie Stewart est président honoraire du Springfield Youth Club, un automobile club pour les jeunes

© ESPN EMEA Ltd.

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