- Revue de la décennie - 4e partie
Histoires de scandales et déceptions
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Coughlan espère gagner le respect
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Le Crashgate expliqué
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La FIA répond
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Le TGI casse la décision de la FIA
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Briatore ressent une "immense joie"
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Boullier, itinéraire d'un surdoué
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«Remettre l'équipe sur les rails»
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Briatore : radiation annulée
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Décision mardi pour Briatore
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Scandale de la décennie
Gagnant: Spygate
L'écurie McLaren fut disqualifiée du championnat 2007 et reçut une amende de 100 millions $ US (70m €) - la plus grande amende jamais octroyée en Formule 1 - pour avoir bénéficié d'informations confidentielles appartenant à Ferrari. Un des ingénieurs en chef de McLaren, Mike Coughlan, fut au centre de cette affaire lorsqu'une enquête démontra qu'il recevait des documents secrets de la part d'un collègue chez Ferrari, Nigel Stepney. Les deux hommes furent démis de leurs fonctions par leurs équipes. McLaren s'est vue obligée de remettre les plans de sa voiture à la FIA pour qu'elle puisse s'assurer qu'aucun concept ou idée ne fut copié et utilisé, autant pour la voiture 2007 que la prochaine 2008; l'écurie dut également accepter certaines conditions, dont une surveillance accrue de la part de la FIA.
Nonobstant la décision de totalement exclure l'équipe McLaren, Fernando Alonso et Lewis Hamilton purent conserver leurs points et se battre pour le titre; ce fut une logique plus ou moins acceptée mais cela permit au très serré championnat des pilotes de se poursuivre. Kimi Raikkonen remporta la couronne mondiale avec Ferrari par un point, devant Alonso et Hamilton, ex aequo.
2e place : Crashgate
La révélation faite par Nelson Piquet Jnr en août 2009, soit qu'il avait délibérément accidenté sa voiture lors du Grand Prix de Singapour 2008, a grandement secoué le monde de la Formule 1. Des tricheries, il en existe dans tous les sports, mais personne ne pouvait s'attendre de voir un pilote volontairement placer sa vie en danger - sans oublier celles de ses rivaux sur la piste et des spectateurs dans les gradins - pour ainsi donner un avantage à son équipe ou à soi-même. Les résultats de l'enquête menée par la FIA furent assez solides pour voir le patron de l'écurie Renault, Flavio Briatore, banni à vie de la F1 alors que le directeur technique Pat Symonds sera exilé de la catégorie reine pour les cinq prochaines années [ces décisions sont contestées devant les tribunaux].
L'équipe Renault elle-même reçut une peine suspendue de deux ans, la FIA jugeant que le complot ne faisait pas partie d'un plan élaboré au-delà d'un très petit groupe de gens incluant Briatore, Symonds, Piquet, et au moins une autre personne demeurée anonyme en retour pour son témoignage. Piquet, qui expliqua avoir agi de la sorte car il se sentait maltraité par Briatore et s'inquiétait pour son avenir en F1, bénéficia d'une immunité consentie par la FIA. Il révéla tout après avoir été congédié par Briatore au cours de l'été. Son coéquipier Fernando Alonso, qui remporta le GP de Singapour 2008 grâce à une stratégie de course adaptée à la période de voiture de sécurité provoquée par Piquet, fut blanchi.
Suite au jugement du 21 septembre, l'écurie Renault perdit immédiatement l'appui de son sponsor principal, le groupe financier ING. Le retrait prématuré d'ING eut lieu alors qu'il ne restait que quatre Grands Prix à disputer; le contrat avec Renault devait prendre fin à la conclusion de l'année.
3e place : La modification des réservoirs chez BAR
Suite au Grand Prix de Saint-Marin 2005, l'écurie BAR fut disqualifiée et bannie pour deux courses lorsqu'il fut découvert qu'un réservoir de carburant auxiliaire permettait aux voitures de rouler en deçà du poids minimum permis. La voiture respectait le règlement lorsque le second réservoir était plein, mais se trouvait en défaut si vide. Les commissaires vinrent donc à la conclusion qu'une monoplace BAR se trouvant en piste avec le réservoir principal et le réservoir auxiliaire presque vides pouvait alors contrevenir aux exigences de poids minimum stipulés par le règlement.
BAR se défendit en expliquant que la voiture devait avoir un minimum de carburant à bord pour fonctionner, d'où l'existence de ce réservoir auxiliaire qui, plein, permettait de respecter le règlement de poids en conditions de course; il n'était pas nécessaire de respecter le poids en dehors de la piste. Cette interprétation fut rejetée par la FIA et l'équipe BAR fut interdite de participation aux Grands Prix d'Espagne et de Monaco. LA FIA voulut bannir l'équipe du championnat 2005, mais il ne fut jamais prouvé que BAR avait intentionnellement voulu tricher; l'équipe eut le bénéfice du doute vu son interprétation différente des exigences du règlement.
La direction de BAR annonça néanmoins qu'elle porterait cette décision en appel, mais mit fin à cette démarche peu de temps après et accepta la décision rendue par la FIA.
Déceptions de la décennie
Gagnant : La décennie de Toyota en F1
En 2002, Toyota arriva en Formule 1 avec d'énormes ressources et de grands espoirs de se battre éventuellement à l'avant. L'équipe effectua des essais avec sa voiture pendant une année avant d'entamer son premier Grand Prix de F1, mais ne marqua que deux points au cours du championnat. Les rumeurs parlaient d'un budget atteignant plus de 350 millions $ US (244m €) à son apogée, peut-être même 500 millions $ US (349m €). Malgré quelques podiums, Toyota ne connut jamais la victoire et ne put faire mieux qu'une 4e place dans le classement des constructeurs; plusieurs pointent du doigt une série de mauvaises décisions et une suite de procédures peu corrigées.
Les efforts de Toyota symbolisent très bien une période au cours de laquelle les grands manufacturiers automobiles augmentèrent sans cesse leurs budgets déjà astronomiques, pour ensuite soudainement quitter la F1 lorsque le marché économique s'est amoindri.
2e place : Michael Schumacher prend sa retraite
En 2006, Michael Schumacher quitta la Formule 1 après 17 années dans la catégorie reine. Au cours de cette période, il remporta sept couronnes mondiales et 91 courses, faisant de lui le plus grand pilote de l'histoire. Plusieurs fans furent déçus de le voir partir alors qu'il semblait toujours au mieux de sa forme : il venait de terminer sa dernière saison tout près du Champion du Monde Fernando Alonso. L'allemand avait alors justifié sa décision en faisant part de son désir de passer davantage de temps en famille et, sachant que Kimi Raikkonen arrivait chez Ferrari en 2007, Schumacher ne voulait pas voir son ami Felipe Massa mis de côté. D'autres croient qu'il ne voulait tout simplement pas être comparé à Raikkonen au volant de voitures identiques. Quoi qu'il en soit, Schumacher devint alors conseiller pour Ferrari.
Au cours de l'été 2009, Schumacher semblait fin prêt à reprendre le volant pour remplacer Felipe Massa, blessé à la tête en Hongrie; cette possibilité - même temporaire - excita plus d'un amateur de F1. Cependant, la déception serait au rendez-vous : une blessure aux vertèbres cervicales empêcha tout retour... cette année du moins. Les fans furent dépités, Schumacher démoli. Mais le septuple Champion du Monde se sentit alors prêt pour un retour à plein temps.
Schumacher débutera donc une nouvelle décennie en F1, cette fois au volant d'une Mercedes. Il sera très intéressant de voir si l'allemand pourra réunir tous les élments nécessaires pour décrocher une 8e couronne mondiale.
3e place : Les pneus rainurés
Lorsque les pneus rainurés - offrant ainsi moins de contact direct avec le sol - firent leur apparition en 1998, la FIA croyait alors régler plus d'un problème affectant la F1. Les rainures devaient rendre les courses plus sécuritaires en diminuant la vitesse dans les virages; les équipes compensèrent en améliorant l'aérodynamisme des voitures. Les pneus devaient également encourager les dépassements en offrant moins d'adhérence et en allongeant les distances de freinage, mais l'énorme emphase mise sur l'aérodynamisme fit en sorte que les voitures pouvaient difficilement se suivre sans turbulences - un problème davantage amplifié par le manque d'adhérence des pneus.
Le nombre de dépassements déclina tout au long des années 2000, au point où il devint nécessaire de remédier promptement à la situation. Pour la saison 2009, la FIA adopta une importante série de changements aux règlements techniques pour ainsi améliorer le spectacle et le rendre plus excitant. Ironiquement, le retour des pneus lisses et la disparition des pneus rainurés fut une priorité.


