• Ces circuits du passé

Dix tracés de légende

Laurence Edmondson et Martin Williamson / D.B.
3 mai 2010

Nos dix circuits les plus spectaculaires, les plus durs et les plus beaux de l'Histoire de la F1.

Tribunes naturelles, bottes de paille et grand soleil pour voir Jackie Stewart foncer vers la victoire lors du GP de France 1969 à Charade
© Sutton Images
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Charade, France
Tracé à flanc de volcan, à 15 km au sud de Clermont-Ferrand, Charade est un petit Nürburgring. Ce circuit très tourmenté a accueilli le Grand Prix de France en 1965, 1969, 1970 et 1972. Tous ceux qui l'ont parcouru en gardent un souvenir impérissable. Son problème était les gravillons, lors de l'édition 1969, il y eut dix crevaisons. En plus de mettre un terme à la carrière de Helmut Marko : une pierre projetée par une des roues arrière d'Emerson Fittipaldi est venue le frapper, le rendant partiellement aveugle. Le tracé a été modifié en 1988 vu des inquiétudes concernant le manque de dégagement, ce qui l'a ramené de huit à quatre kilomètres.

L'ancien Interlagos, Brésil
L'ancienne version du circuit brésilien était très différent de celui que nous connaissons aujourd'hui. Le tracé originel comptait quatre virages rapides séparés par de longues lignes droites ; les voitures y roulaient à fond pendant une vingtaine de secondes. Vu la quantité de bosses parsemant chaque tour, le circuit était considéré comme très dangereux, surtout à partir de 1980 avec l'effet de sol. Cette réalité, en plus des favellas qui entouraient de plus en plus le circuit, ont vu le GP du Brésil déménager au prestigieux circuit de Jacarepagua, à Rio de Janeiro. Lorsque l'événement est revenu à Interlagos, en 1990, un plan de réaménagement de 15 M$ avait donné au circuit sa forme actuelle.

Österreichring, Autriche
Situé dans les Alpes autrichiennes, l'Österreichring était un fantastique circuit de pilotes. Avec du relief et peu de dégagements. L'endroit le plus dangereux était la Boschkurve, un virage à 180 degrés où le rail de sécurité pouvait sévèrement punir la plus petite erreur. Malgré les inquiétudes au niveau de la sécurité, qui ont d'ailleurs contribué à l'abandon du circuit après 1987, le seul décès lié à la F1 fut celui de Mark Donohue, en 1975. La F1 est retournée sur le circuit (maintenant connu sous le nom d'A1 Ring) en 1997, mais le tracé était complètement "castré" par Hermann Tilke.

Bremgarten, Suisse
Cinq Grands Prix de Formule 1 ont eu lieu à Bremgarten avant que la course automobile soit interdite en Suisse, en 1955, conséquence de la tragédie impliquant Mercedes lors des 24 Heures du Mans en France. Mais les autorités fédarales auraient déjà pu demander une interdiction en se basant sur la tragédie de 1934, lorsque Hugh Hamilton a perdu la vie pendant la course inaugurale du circuit de Bremgarten. Le tracé, bordé d'arbres, n'avait aucune véritable ligne droite ; sous la pluie, l'étroite bande d'asphalte (conçue pour la moto) était particulièrement traître. Une fois l'interdiction de courir instaurée, le circuit abandonné s'est détérioré avant d'être finalement recouvert à tout jamais par l'expansion urbaine de Berne.

Pescara, Italie
Peut-être le plus long et le plus dangereux des circuits dans l'Histoire de la Formule 1. Pescara n'a accueilli qu'un seul Grand Prix du Championnat, en 1957. Le tracé comptait deux longues lignes droites. Il reliait les villes de Capelle, Monte Silvano et Pescara, à travers les collines des Abruzzes - dont plus d'un kilomètre était parcouru sur le bord de falaises hautes de 150 mètres. Le circuit a été utilisé pour la première fois en 1924 et a vu des courses hors-championnat avant d'être fermé au cours des années 1960 vu les inquiétudes concernant la sécurité. Devant 200 000 spectateurs, Stirling Moss a gagné l'édition 1957 au volant d'une Vanwall ; en guise de protestation contre la proposition du gouvernement italien visant à interdire la course automobile, Ferrari avait décidé de ne pas participer.

Alberto Ascari en action sur le Nürburgring en 1950
© Getty Images
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L'ancien Nürburgring, Allemagne
Le circuit moderne, construit dans les années 1980, n'est que l'ombre du monstre né au cours des années 1920. Inaugurée en 1925, la Boucle nord (Nordschleife) comptait près de 30 kilomètres, pas plus de neuf mètres de large, 174 virages et une surface très irrégulière. Même à cette époque moins portée sur la sécurité, vers la fin des années 1930, le tracé était considéré trop dangereux et fut raccourci à 23 km. Pour ajouter au défi, le site se trouve dans un endroit où la pluie et le brouillard sont fréquents, même en été, et sa longueur signifiait qu'un même tour pouvait se faire en conditions variables. Plusieurs pilotes reconnus n'ont jamais vraiment maîtrisé le parcours et les inquiétudes grandissantes concernant la sécurité ont mené vers des modifications majeures en 1970. Cependant, lorsque le dernier GP eut lieu en 1976 - on s'en souvient surtout pour le terrible accident de Niki Lauda - le circuit était devenu anachronique.

Brooklands, Angleterre
Le premier circuit du monde créé spécifiquement pour la course a été construit alors que les autorités européennes voyaient le sport automobile d'un mauvais œil vu le nombre grandissant de décès. Ouvert en 1907, ce circuit ovale et incliné - haut de neuf mètres par endroits - était fait de béton puisque les problèmes que posaient l'application d'une couche d'asphalte sur une telle inclinaison étaient trop importants. Une ligne noire hachurée se trouvait au centre de la piste : en pilotant au-dessus de cette ligne, un pilote pouvait (en théorie) passer les virages en pente sans utiliser son volant. Le premier Grand Prix de Grande-Bretagne a été couru sur ce circuit en 1926 ; d'autres types de courses y ont également eu lieu jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale, incluant des compétitions de vélo. Les courses ont été stoppées en 1939 et l'endroit est alors devenu une usine de production d'avions militairesv; plusieurs grandes sections du circuit ont été détruites pour construire des usines. Lorsque la guerre a pris fin, il était impossible d'y reprendre des activités de course.

Mosport, Canada
L'automne en Amérique du Nord signifiait autrefois un programme double composé des Grands Prix des États-Unis et du Canada, les deux étant courus sur des circuits entourés d'arbres dont les feuilles resplendissaient de leurs couleurs chaudes. Le Canada utilisait alors le circuit de Mosport Park, un magnifique tracé traversant une contrée boisée située dans l'est de la province de l'Ontario. Mais à mesure que les questions de sécurité prenaient de l'ampleur, le circuit semblait de plus en plus dangereux et ses infrastructures dépassées. Le manque de zones de dégagement a été un facteur important lorsqu'il a été décidé de transférer la course à Montréal en 1978. Don Panoz a acheté le vieux circuit en 1998 et l'a modernisé depuis.

Sterling Moss, aux commandes de sa Maserati 250F, mène le peloton à Monza en 1956
© Getty Images
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L'ancien Spa-Francorchamps, Belgique
Le circuit belge de Spa-Francorchamps est un des plus vieux du calendrier de F1 actuel. Il a accueille sa première course en 1922 et son premier Grand Prix en 1925. Le tracé originel, composé de routes étroites, mesurait 15 kilomètres et était d'un danger notoire. Il s'agissait d'un circuit rapide et jusqu'en 2000, on pouvait y rouler puisqu'il s'agissait d'une route publique. Lors du GP de 1960, Chris Bristow et Alan Stacey ont été tués à quelques minutes d'intervalle ; en 1966, Jackie Stewart s'est retrouvé sur le toit dans le cellier d'une ferme. L'ancien circuit a accueilli sa dernière course en 1970 avant d'être jugé trop dangereux pour la F1. De retour dans la catégorie reine en 1983, il avait été raccourci et modifié en conséquence.

L'ancien Monza, Italie
Peu de noms sont aussi évocateurs que celui de Monza, construit en 1922. Il reste l'un des plus rapides au monde et en tire son surnom de Temple de la Vitesse. Il s'agissait aussi du premier circuit dont l'entrée fut payante. En fait, on y trouvait deux circuits : une ovale à l'américaine comptant deux lignes droites et deux virages à forte inclinaison (démonté en 1938) et un tracé de course. Bien qu'immensément populaire, il était aussi extrêmement dangereux. En 1928, un pilote et 27 spectateurs ont été tués ; cinq années plus tard, et malgré des modifications, trois pilotes de haut niveau sont décédés pendant la même course. Un nouveau circuit incliné a été construit en 1955 mais il a été abandonné après deux Grands Prix vu les contraintes qu'il imposait aux voitures. En 1961 Wolfgang von Trips et 14 spectateurs sont morts lors d'un accident. Le circuit utilisé de nos jours est plus lent, mais plus sûr.

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