- Interview - Le Prince héritier de Bahreïn, le Cheikh Salman
Une fête dans le désert
Laurence Edmondson 10 mars 2010
© Sutton Images
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Si vous lisez ceci, il est presque certain que vous avez l'intention de vous installer devant votre télé ce dimanche pour la première course de la saison 2010, le Grand Prix de Bahreïn. Il s'agit d'une des manches d'ouverture les plus vivement attendues de tous les temps, comptant le retour de Michael Schumacher, trois nouvelles équipes et une nouvelle série de règlements : un très excitant weekend en perspective. En fait, le scénario d'une confrontation spectaculaire a été écrit pour le circuit de Sakhir.
Mais dans le royaume désertique de Bahreïn, rien n'est laissé au hasard. Pour s'assurer une course vraiment inoubliable, les organisateurs, dirigés par le Prince héritier du Royaume de Bahreïn, le Cheikh Salman, ont invité chaque champion toujours de ce monde. Étonnamment, ils ont pratiquement tous accepté et de plus, ils paraderont leurs voitures championnes autour du circuit pour célébrer 60 années de Formule 1.
La liste des invités se lit comme le registre d'un temple de la renommée : Mika Hakkinen, Jacques Villeneuve, Damon Hill, Alain Prost, Nigel Mansell, Niki Lauda, Keke Rosberg, Alan Jones, Jody Scheckter, Mario Andretti, Emerson Fittipaldi, Jackie Stewart, John Surtees et Jack Brabham. Bien sûr, quatre autres champions participeront également au Grand Prix de Bahreïn lui-même, soit Jenson Button, Lewis Hamilton, Fernando Alonso et Michael Schumacher, tous prêts à combattre.
Organiser un tel événement n'est pas une tâche facile. Nous parlons ici de Champions du Monde de la F1 ayant des égos de la taille d'un Champion du Monde de la F1, et ils devront s'aligner ensemble comme des égaux. Mais le Cheikh Salman, l'homme qui emmena la F1 au Moyen-Orient en 2004, révèle qu'une fois l'idée élaborée, les champions étaient très intéressés à prend part à l'événement.
"C'est drôle comment une idée vous trouve parfois", dit-il. "Chaque année nous nous asseyons autour d'une table et nous nous demandons : comment pouvons-nous faire mieux que l'année dernière ? Et comment pouvons-nous aller au-delà des attentes de nos visiteurs ? Nous voulions célébrer le 60e anniversaire et cela signifie célébrer les pilotes et le sport. Alors l'idée est venue nous trouver d'une certaine façon."
"À mesure que l'idée faisait boule de neige, le soutien que nous avons reçu était étonnant et les gens s'y attachaient et montaient à bord. Lorsque nous avons contacté les pilotes, ils ont dit 'C'est fantastique, je veux y être'. Ensuite nous avons regardé les voitures et les propriétaires ont dit qu'ils adoreraient réunir des pilotes comme Andretti avec des voitures comme la Lotus 79. Je ne veut pas dire que c'était facile, chaque objectif a ses défis - surtout lorsque vous faites affaires avec des pilotes de course. Mais il s'agissait d'une idée que les gens ont adopté et apprécié."
© Getty Images
Le spectacle d'avant-course maintenant réglé, le Cheikh Salman a ensuite dirigé son attention vers le Grand Prix lui-même; il y aura du nouveau cette année car près d'un kilomètre sinueux a été ajouté au tracé du circuit. Cet ajout est une autre interrogation à laquelle les équipes devront s'attaquer alors qu'elles tentent déjà de gérer des charges de carburant plus lourdes, davantage de dégradation au niveau des pneus, ainsi que les stratégies de courses pêle-mêle qui en résultent.
"Il s'agira d'un circuit jamais vu auparavant par les téléspectateurs et il en résultera une course mémorable - nous voulons créer des souvenirs associés au Bahreïn", le Prince héritier explique. "Il n'y avait rien de mal avec notre circuit précédent et nous n'y avons pas vraiment coupé de sections importantes. Ce que nous avons fait, c'est ajouter un aspect plus technique car l'ancien tracé comptait trois longues lignes droites, des virages très serrés et quelques virages à appui élevé. Cela offrait des opportunités de dépassement et le circuit était super, mais l'extra ajouté au circuit est plus serré et présente un autre défi. Alors nous sentons qu'il s'agit d'équilibrer ce que devrait être un grand circuit. Là se trouve la beauté de circuits plus longs, comme celui de Spa-Francorchamps; vous avez un mélange de ces différents aspects."
"Ce sera un circuit dur sur les pilotes, physiquement et au niveau de l'endurance, mais c'est aussi un circuit très excitant. Les pilotes devront décider où trouver le bon équilibre entre beaucoup et peu d'appui. Sur un circuit ayant de longues lignes droites, vous avez peu d'appui en vue d'aller chercher une vitesse de pointe plus élevée, mais nous avons ajouté un secteur à appui très élevé où les pilotes devront soit compromettre leur pilotage ou se voir forcés de faire un ajustement sur la voiture. Combiné aux changements concernant le carburant et les réglages, le tracé devrait niveler le plateau puisqu'il sera nouveau pour toutes les équipes."
Ce n'est que la deuxième fois depuis 1996 que la manche d'ouverture de la saison n'a pas lieu au populaire circuit d'Albert Park en Australie (le Bahreïn hérita également de cet honneur prestigieux en 2006). Le Cheikh Salman croit qu'il s'agit là d'une manœuvre logique qui devrait se perpétuer tant que le Bahreïn continuera de présenter un bon spectacle.
"C'est important pour nous d'avoir la course mais cela doit aussi avoir du sens", explique-t-il. "Au niveau du temps c'est parfait, le départ est à 12h00 au Royaume-Uni et à 13h00 en Europe. C'est parfait pour le grand marché européen et c'est mieux que de débuter au milieu de la nuit. Pour moi, c'est du bon sens, alors pourquoi argumenter ? Ensuite, pour les partenaires commerciaux qui apportent de l'argent à la Formule 1, c'est plus facile pour eux de venir au Bahreïn. Si vous quittez l'Europe le vendredi après-midi, vous pouvez être ici en soirée, et par la suite vous quittez le dimanche soir et êtes de retour au bureau le lundi matin. Alors ça fait du sens et nous en voyons les avantages, et nous espérons bâtir là-dessus."
Au moment de lire ces lignes, les voitures seront au circuit, les pilotes en train de remplir leurs obligations envers les sponsors, et aucune pierre du désert ne demeurera tranquille alors que Cheik Salmon cherche la perfection. Heureusement, tout ce que vous aurez à faire c'est de relaxer, laisser la vague nostalgique de la parade des champions vous emporter et ensuite observer l'action qui se déroulera en piste. Pendant que vous en profitez, ayez une petite pensée pour le Prince héritier : "J'ai tellement hâte, mais le problème c'est que je ne pourrai probablement pas voir la course car je serai trop occupé."
Laurence Edmondson est éditeur adjoint chez ESPNF1
D.B.
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Laurence Edmondson is an assistant editor on ESPNF1 Laurence Edmondson is an assistant editor on ESPNF1


