• Essais de Jerez

Premières impressions de 2013

Laurence Edmonson
13 février 2013
Un chrono impressionnant pour Button dès le premier jour, mais que signifie-t-il ?
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La première période d'essais de pré-saison de l'année, c'est toujours quelque chose d'étrange. Après tout l'enthousiasme des dévoilements, les voitures sont enfin lancées en piste sur un véritable circuit et chaussées de véritables pneus de course. Mais tenter de tirer des conclusions valables sur les performances de chaque écurie, en espérant qu'elles seront toujours justes lors de la première course en Australie, est un exercice quasi-impossible.

Puisque les équipes travaillent sur différents programmes, sur différentes charges de carburant, sur différents réglages, et à des moments différents de la journée, les chronos peuvent facilement être trompeurs. Par exemple, le meilleur temps de la semaine, soit 1'17''879 réalisé jeudi par Felipe Massa sur une Ferrari chaussée de pneus tendres, est un résultat impressionnant.

Mais est-il plus impressionnant que celui de Jenson Button, soit 1'18''861, réalisé mardi aux commandes d'une McLaren chaussée de gommes dures alors que la piste était encore poussiéreuse ? Massa lui-même est d'avis que le chrono de Button semble excellent. Mais il y a aussi le temps de 1'18''565 signé par Sebastian Vettel vendredi, sur des pneus durs, qui démontre que Red Bull émerge de l'hiver en bonne forme, bien que ce ne soit pas une surprise.

Ces trois écuries (qui figurent au sommet du classement des constructeurs 2012) semblent compétitives, mais il fallait probablement s'y attendre puisque les règlements techniques n'ont pratiquement pas changé. L'an dernier, nous avons vu à quel point les forces en présence pouvaient changer d'un circuit à l'autre ; le même phénomène devrait se répéter cette année. Alors une voiture qui se montre rapide à Jerez, un circuit qui n'accueille pas un Grand Prix et dont la surface est inhabituellement abrasive, pourrait se retrouver en difficulté le mois prochain sur le circuit d'Albert Park lors de la première épreuve du championnat, à Melbourne.

Il faut également ajouter à l'équation que des évolutions majeures seront installées sur les voitures lors des deux prochaines périodes d'essais. Alors même si nous pouvions déterminer quelle voiture est actuellement la plus rapide, le développement ayant cours dans une autre équipe pourrait faire en sorte que cette voiture se retrouve derrière ses rivales en Australie.

Premiers signes encourageants pour Lotus
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Cependant, nous savons maintenant qu'aucune des écuries de pointe est arrivée à Jerez avec une mauvaise voiture. L'an dernier, la Ferrari était clairement difficile à contrôler ; cette année, personne ne semble avoir de difficultés majeures. Un grand nombre de pilotes ont rapporté des problèmes de sous-virage au début de la semaine car les pneus avant se dégradaient trop rapidement ; toutefois, la cause provenait de la surface trop abrasive de la piste et Pirelli ne s'attend pas à une répétition de ce problème ailleurs.

Lotus semble avoir une voiture compétitive, comme c'était le cas à cette période l'année dernière. Souvenez-vous qu'en 2012, l'équipe s'est vue dans l'obligation d'abandonner sa deuxième période d'essais après seulement sept tours, suite à la découverte d'un problème majeur affectant la suspension. Maintenant, imaginez à quel point l'équipe aurait été encore plus compétitive l'année dernière si ce n'avait été de ces journées de piste perdues. Autre bon signe pour 2013 : Kimi Räikkönen, troisième du classement des pilotes l'an dernier, entame sa deuxième saison dans l'équipe et se retrouve donc dans un environnement beaucoup plus familier. Pour le moment, nous avons toutes les raisons de croire que Lotus pourrait se retrouver parmi les premières places sur la grille de départ de Melbourne.

Quant à Mercedes, cette écurie est l'une des plus difficiles à jauger. Les choses ont mal débuté puisqu'un court-circuit et ensuite un problème hydraulique ont fait en sorte que Nico Rosberg et Lewis Hamilton n'avaient bouclés qu'un grand total de 29 tours après deux jours. Mais ils sont parvenus à rattraper le temps perdu en effectuant chacun au moins 140 tours jeudi et vendredi. Ces premiers pépins seront vite oubliés, mais peut-être pas un autre souci : la voiture semble manquer d'appuis par rapport à ses rivales. Hamilton a d'ailleurs confirmé que les appuis de sa nouvelle W04 sont inférieurs à ceux de sa McLaren de l'an dernier, et cette évaluation ne prend pas en compte les évolutions apportées à la McLaren de cette année.

Mais il est vrai que Mercedes tente de surmonter le déficit d'une seconde au tour dont elle souffrait l'an dernier, ce qui est loin d'être facile. Pour avoir des chances de réussir, les évolutions majeures planifiées pour la dernière période d'essais hivernaux pourraient être cruciales. Notons cependant que l'équipe ne s'attend pas à être en mesure de viser des victoires avant la seconde moitié de la saison.

Hamilton, de bonne humeur et heureux à Jerez
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Sur une note plus personnelle, il était intéressant de constater la manière dont Hamilton identifiait sa nouvelle équipe. Nous sommes habitués à entendre les pilotes utiliser le terme "nous" lorsqu'ils parlent de leur propres performances en piste, car leur réussite est toujours le résultat d'un immense effort d'équipe réalisé à l'usine, dans le garage et sur le muret des stands. Mais lorsque Hamilton parlait de Mercedes, il utilisait surtout le mot "ils", ce qui laisse croire qu'il ne se sent pas encore entièrement intégré dans l'équipe. Cela changera sûrement à mesure qu'il passe plus de temps avec ses ingénieurs au cours des prochaines semaines. Mais dans l'ensemble, il faut souligner que Hamilton semblait plus heureux qu'il ne l'était depuis quelques années, même après avoir perdu ses freins à près de 320 km/h.

Les prochains essais de pré-saison auront lieu à Barcelone, où nous devrions commencer à avoir une meilleure idée de la compétitivité des voitures. À Jerez, il était important de vérifier les systèmes, la fiabilité et l'aérodynamique. Lors de la deuxième période d'essais, les équipes vont se concentrer davantage sur l'exploration des réglages et les performances sur de longs relais. Nous verrons peut-être les premières indications des forces en présence, et à cela nous ajouterons les premiers tours de roue de la nouvelle Williams FW35. La situation n'en sera qu'encore plus intéressante...

Laurence Edmondson est éditeur-adjoint d'ESPNF1

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