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Le directeur technique de l'équipe Caterham, Mark Smith, s'entretient avec ESPNF1 sur la nouvelle CT01 et sur l'avenir de l'équipe.
Tout le monde a vu la CT01. Et vous, qu'en pensez-vous ?
Il est évident que c'est toujours difficile de répondre à cette question jusqu'à ce que la voiture puisse être comparée à celle des autres équipes. La chose qui me fait plaisir, c'est que j'ai le sentiment qu'il était pour nous impossible de faire mieux avec les ressources dont nous disposions. À l'heure actuelle, on ne peut pas en dire plus. Lorsque je la regarde, je ne me dis pas que nous avons raté une chance de faire ceci ou cela, je pense que c'est un pas en avant d'une manière générale.
Vous ne travaillez pour cette équipe que depuis le mois de mai dernier. C'est votre première voiture conçue pour Caterham. Y a-t-il une grosse différence par rapport à la voiture de l'année dernière ?
Non, et pour un certain nombre de raisons. Le motoriste (Renault) et notre partenaire pour la transmission (Red Bull) sont les mêmes, c'est la première raison pour laquelle il y a continuité et le système hydraulique est également déterminé par cela. C'est une évolution mais en de nombreux points la voiture a progressé et je pense que la raison numéro un de ces progrès c'est que, bien que je n'étais pas là l'année dernière, il y a énormément de gens qui ont acquis de l'expérience en gérant les deux premières voitures. Il y avait évidemment des gens d'expérience mais pour la plupart des autres ce fut un peu comme un baptême du feu. Ce que l'on a pu faire cette fois, notamment parce que nous avons un nombre peut-être plus élevé de concepteurs, d'aérodynamiciens et d'ingénieurs en recherche et développement, c'est que nous avons eu la chance d'aller un petit peu plus loin dans chaque aspect de la conception.
Je prends par exemple la suspension avant. Nous avons pu trouver une solution plus précise, ce qui va nous permettre de rendre la voiture plus efficace. Alors chaque pièce de la voiture est selon moi plus efficace, plus à même de remplir la fonction qu'on lui a assignée. On a gagné en rigidité, en poids, en pénétration dans l'air, en force. Je pense que c'est une évolution naturelle. Il ne faut pas oublier que l'équipe est très neuve et que la voiture de l'an dernier était la première qui avait été conçue à Hingham. Je dois dire qu'il était facile pour le groupe de conception de faire avancer les choses dans une bonne mesure.
Vous aviez la pression cette année parce que les tests de collision devaient se passer avant les essais. Quand est-ce que la CT01 les a passés ?
C'était avant Noël, je ne me rappelle pas la date exacte mais tout était réglé avant Noël, ce qui était vraiment un gros bonus pour nous. Entre le succès et l'échec à ces tests on peut dire que la différence est ténue. Il ne nous aurait pas étonné de nous retrouver après Noël à avoir à repasser deux ou trois de ces tests, et le fait d'avoir tout réussi nous a beaucoup aidés. Cela nous a permis de nous concentrer sur les parties restantes de la voiture qui devaient encore être conçues et réglées.
© Sutton Images
Pensez-vous que les crash-tests puissent être un problème pour d'autres équipes ou pas du tout ?
Je dirais que non. Il y en a qui vont avoir des problèmes, ce qui est normal, mais je pense que vu la manière dont c'est fait aujourd'hui, a moins que certaines équipes s'y prennent vraiment tard, je pense que la majorité ne seront pas trop retardées par cela. On sait que toutes les équipes ont commencé par cela pour être prêtes pour les essais hivernaux et je sais aussi que pas mal d'équipes faisaient, comme nous, des essais d'impact avant Noël. Les premiers essais hivernaux commencent le 7 février et cela laisse tout le mois de janvier pour régler certains problèmes.
Il faut que vous nous parliez de l'avant de la voiture, de son museau. Il n'est pas très esthétique ; pouvez-vous nous dire comment vous en êtes arrivés à concevoir une telle forme et quelle est l'influence sur le reste de la voiture ?
La raison de ce qu'on pourrait appeler une marche, en attendant peut-être de trouver un meilleur mot, sur la face supérieure du museau, vient de ce que nous a imposé le règlement. Je suppose que nous ne serons pas la seule équipe à utiliser ce type de solution. La face supérieure du museau doit maintenant avoir une hauteur maximale qui a été abaissé par le règlement. Cette surface doit se situer plus bas que la surface du châssis. Alors on aurait pu relever le tout mais je pense que les équipes vont choisir cette option parce que nous devons maximiser le flux d'air qui passe sous le châssis pour des questions aérodynamiques.
Pour la première fois, votre équipe va utiliser un SREC (Système de récupération de l'énergie cinétique). Qu'est-ce que cela va changer ? Et avez-vous eu du mal à adapter celui de Red Bull ?
Il n'y a pas eu de problème particulier parce que je pense que tous les problèmes ont déjà été résolus par Red Bull en ce qui concerne la manière dont les batteries sont logées dans la voiture. Nous avons à peu près le même aménagement car nous sommes aussi leurs clients en termes de boîte de vitesses. Nous avons bénéficié de tout ce que Red Bull a fait en termes de développement.
© Sutton Images
Vous n'êtes pas sans savoir que Red Bull a connu pas mal de problèmes en début de saison dernière avec ce système de récupération de l'énergie cinétique. Cela vous inquiète-t-il ?
Non, il n'y a pas d'inquiétude là-dessus parce que c'est un système que Red Bull a développé pendant toute la durée de la saison dernière. Je pense que les problèmes qu'ils ont connus au début ont été résolus par la suite. Je crois que le système a plutôt bien fonctionné et qu'il s'est bien inséré dans la voiture. Alors non il y a vraiment pas d'inquiétude. Évidemment, notre voiture est différente, mais je ne pense pas qu'elle rencontre des problèmes avec cela.
Au point de vue de l'agressivité dans le développement où vous situeriez-vous ?
Je ne décrirais pas cette voiture en disant qu'elle est aventureuse au point de vue technique. Nous avons essayé de concevoir une voiture qui matérialise les progrès que nous avons faits. Nous avons essayé de faire quelque chose de plus léger, de plus efficace, quelque chose qui offre une réponse aux problèmes que nous avons rencontrés au plan aérodynamique. Évidemment, d'un point de vue aéro nous essayons tous de faire en sorte qu'il y ait un maximum d'appui sur la voiture, cela a été l'une de nos priorités. Je pense que c'est une voiture assez fluide mis à part le SREC. C'est une partie relativement complexe. Mais le reste de la voiture c'est quelque chose de logique au plan de la conception.
Va-t-il y avoir des évolutions d'ici au début de la saison ?
Il y aura de nouvelles pièces aérodynamiques qui seront testées durant le dernier bloc d'essais hivernaux. Je parle ici de l'aileron avant et de la partie arrière.
Comment allez-vous aborder les essais privés qui se dérouleront pendant la saison (période de trois jours au Mugello en mai) ?
Ce sera la première fois que l'on verra ça depuis fort longtemps. Nous avons une chance de mettre en piste des choses après les premières courses et après les premiers essais hivernaux. Pour être totalement honnête avec vous, il n'y aura pas d'évolution très spécifique que nous avons l'intention de mettre à l'essai pour ces tests. On va juste travailler à fond maintenant dans la soufflerie pour avancer rapidement et voir quel ensemble nous pouvons élaborer et sur quoi nous pouvons travailler pour ces essais. Il y a rien d'arrêté pour le moment.
© Caterham
Est-ce que les plannings sont prêts concernant Heikki Kovalainen et Jarno Trulli ?
Le document que nous avons pour le moment est assez conventionnel. Nous avons trois blocs d'essais privés, maintenant savoir comment on va les utiliser... Vous l'avez dit, le SREC est important, il représentera pas mal de travail. Il y a un programme de base pour chacun de ces blocs d'essais mais il n'est pas fait en fonction des pilotes.
Alors en théorie s'il y avait un changement de pilote cela n'aurait pas d'impact sur votre développement.
Ça ne changerait rien du tout.
Et est-ce qu'un changement est prévu ?
Je n'en ai aucune idée.
Pour finir, c'est votre première année complète avec l'équipe. Est-ce qu'il y a de l'excitation alors qu'elle commence vraiment à se dessiner ?
Énormément. Pour revenir à quelque chose que j'ai dit un peu plus tôt, je pense que l'on peut être fier de ce qui a déjà été fait. Je pense qu'on ne pouvait pas faire mieux avec toutes les ressources qui étaient à notre disposition. Enfin, on ne sait jamais, lorsque l'on va voir les autres voitures peut-être qu'on reviendra sur ce jugement mais en attendant, je suis assez content de ce qu'on a fait. Il est probable qu'avec l'âge, je suppose, je suis devenu méfiant sur le fait de faire des pronostics alors je n'en fais pas. Ce que je veux personnellement, c'est essayer de réduire l'écart qu'il y a entre nous et deux ou trois équipes qui sont juste devant nous. Je veux aussi continuer à développer la voiture de manière à réduire cet écart et espérer qu'à la mi-saison nous puissions rivaliser avec ces gars. Tout ce qu'on pourra faire en plus de ça, ce sera du bonus pour nous étant donné que l'équipe est très jeune, c'est une équipe qui est relativement immature. Si on peut arriver à atteindre ce but alors on pourra dire qu'on aura fait du bon boulot.


