• L'avis de Trulli

Pilotes payants, mauvaise option

ESPNF1 Staff
24 décembre 2011 « Emanuele Pirro nommé commissaire | Schumi, le meilleur ''dépasseur'' »

Jarno Trulli s'est prononcé contre l'embauche de pilotes payants, jugeant cette pratique rarement bénéfique pour les écuries qui l'adoptent.

"Certaines équipes sont petites, pour survivre elle doivent compter leurs sous et sont forcées de vendre un volant", a expliqué le pilote Caterham (ex-Team Lotus) à La Repubblica. "Il s'agit d'une décision économique. Pour moi, cela n'en vaut pas la peine."

"Vous n'avez qu'à regarder ce qu'il s'est passé chez Renault. Lorsque (Robert) Kubica était là, ils avaient un excellent pilote capable de tirer le maximum de la voiture, on les voyait comme des outsiders. Dès que Robert a été mis hors-jeu, ils étaient finis. (Vitaly) Petrov n'était pas un leader pour l'équipe ni pour la voiture, et (Bruno) Senna a démontré qu'il n'était pas assez bon."

Trulli a fait la comparaison avec Nick Heidfeld, que Renault a remplacé par Senna au cours de l'été après avoir jugé ses performances insuffisantes : "Grâce à son expérience et malgré qu'il n'ait complété qu'une moitié de la saison, Nick a marqué presque autant de points que Petrov (NDLR : 34 contre 37)."

L'Italien, qui entamera sa 16e saison de F1 l'année prochaine, croit que les dirigeants de Renault ont bien compris la leçon. Cela se reflète dans leurs choix de titulaires pour le championnat 2012. "Maintenant ils tentent de rectifier la situation en embauchant (Kimi) Räikkönen, qui est loin d'être une recrue, et (Romain) Grosjean, qui a grimpé les échelons", a-t-il souligné.

Une question de détermination

Si Trulli comprend qu'une petite écurie soit obligée d'engager un pilote payant pour boucler son budget, il croit que c'est option est "perdante" lorsque l'équipe est sur le point de passer à un autre niveau en termes de performances.

"Ce n'est pas toujours le cas, mais ceux qui paient (pour obtenir un volant) sont moins habitués à souffrir, ils sont moins déterminés", a-t-il déclaré. "Lorsque vous êtes jeune garçon et que vous montez dans les rangs, vous vous retrouvez dans des situations où vous devez absolument gagner. Vous devez réussir car vous n'aurez pas de seconde chance."

"Tout ce que je savais, c'est que je devais gagner peu importe les conditions"
Jarno Trulli

"Je m'en souviens très bien. J'étais gosse, en karting. Mon père est venu me voir et je ne l'avais jamais vu avec une expression aussi sérieuse. Il m'a dit : 'Jarno, c'est la dernière chance. Nous avons un châssis, quatre roues et un moteur. Nous ferons cette course mais nous n'irons pas plus loin.' Tout ce que je savais, c'est que je devais gagner peu importe les conditions. C'est grâce à cette victoire que ma carrière a pu continuer."

Et encore aujourd'hui, cette expérience lui sert. Il cite en exemple le choix de Caterham, qui a préféré recruter deux pilotes expérimentés (Trulli et son coéquipier Heikki Kovalainen) pour démarrer son projet F1 en 2010. Puisque les équipes reçoivent des redevances selon leur classement final, ce choix aurait fait toute la différence. Ces revenus, accordés aux dix premières équipes seulement, peuvent ensuite être investis dans le développement.

"J'ai signé les deux 13e places qui ont assuré la 10e place de l'équipe dans le championnat des constructeurs. Ces deux dernières années, cela nous a rapporté beaucoup d'argent", a souligné Trulli, qui espère marquer les premiers points de l'écurie Caterham en 2012.

© ESPN EMEA Ltd.

flux RSS flux RSS: ESPN Staff

  • Email
  • Commentaires
  • Imprimer
Email