- Chronique ESPNF1 : Karun Chandhok
Que de confusion !
© Sutton Images
- Mag:
-
''McLaren bien partie''
- Mag:
-
"Bœuf contre Cheval cabré"
- Mag:
-
Complètement renversant
- Mag:
-
Déclarations des pilotes
- Mag:
-
Grand Prix du Canada : Faits marquants
- Compte rendu:
-
Lewis Hamilton reçu sept sur sept
- Course:
- Grand Prix du Canada
- Championnat:
- Championnat de Formule 1 2012
- Fiches:
- Karun Chandhok
- Galerie de photos:
- GP du Canada - dimanche
Quelle course confuse que celle-là au Canada ! La Formule Pirelli F1 a de nouveau sérieusement mêlé les cartes. Suite aux résultats des qualifications, qui osait prédire que Romain Grosjean et Sergio Pérez allaient se retrouver sur le podium ?
Lewis Hamilton et l'écurie McLaren ont fait les bons choix stratégiques et ont profité de leur rapidité en piste tout au long du week-end. Et pour Hamilton, ce fut une première victoire cette saison. Lewis a toujours été un as sur le Circuit Gilles-Vileneuve ; il avait déjà gagné deux fois sur ce tracé. L'an dernier, j'étais situé dans la dernière chicane et je l'observais attaquer les vibreurs avec une assurance et une confiance visiblement plus grandes que tous les autres pilotes. C'est ce que nous avons encore vu le week-end dernier.
En fait, pendant tout le week-end je disais aux gens qu'il fallait compter sur Lewis, mais samedi la tendance semblait pencher en faveur de Sebastian Vettel et Red Bull. Les McLaren étaient véloces dans les conditions plus fraîches de vendredi, mais lorsque les températures ambiantes ont grimpé, Seb est passé à un autre niveau : son tour de qualification a été typiquement étonnant et il a décroché la pole position par trois dixièmes de seconde.
Le double champion en titre semblait être le favori pendant les premières boucles de la course, mais lorsque ses gommes super tendres se sont détériorées il est tombé entre les griffes de Lewis et Fernando Alonso. Seb a été le premier à s'arrêter pour chausser des gommes tendres, mais sur la surface plutôt unique du circuit de Montréal, deux tours étaient nécessaires pour atteindre une pression et une température optimales. En restant en piste et en poussant au maximum, Fernando et Lewis sont tous deux parvenus à passer devant le pilote Red Bull, qui n'a plus jamais paru en mesure de viser la victoire.
Certains événements bizarres sont survenus pendant le reste de la course ; je suis certain que plusieurs personnes d'un bout à l'autre de la voie des stands se grattaient la tête. Par exemple, Grosjean a complété 49 tours sur le même train de pneumatiques tendres alors que Pérez en a bouclé 41, et ensuite 29 autres sur la gomme super tendre, tout en maintenant un excellent rythme. Pendant ce temps, le rythme d'Alonso était en chute libre, comme celui de Vettel. Chez McLaren, Lewis s'envolait vers la victoire sur une stratégie à deux arrêts alors que son coéquipier Jenson Button était complètement perdu sur ses pneus ; il accusait d'ailleurs un tour de retard à l'arrivée.
L'écurie Williams est passée d'une victoire à Barcelone, il y a un mois, à une course difficile à Montréal. Sur la même piste, Lotus et Sauber ont de nouveau démontré leur capacité à bien prendre soin des pneumatiques et elles ont gagné gros en fin de parcours.
© Sutton Images
Force India, comme d'autres équipes, doit sentir qu'elle a raté une belle opportunité. Paul di Resta a signé un superbe tour lors des qualifications, mais souffrait d'un manque d'adhérence à l'arrière sur la gomme super tendre. Encore une fois, pour une raison qui m'est inconnue, l'écurie n'arrivait pas à atteindre la même cadence que ses rivales. Quant à Mercedes, en se basant sur ses performances dans les virages lents de Shanghai et Monaco, elle comptait parmi les favorites au Canada et pourtant, ce ne fut jamais le cas en piste. Je pense que vous comprenez déjà où je veux en venir !
Voilà maintenant sept courses complétées cette saison et nous n'avons toujours absolument aucune idée de l'identité du pilote et de l'équipe qui seront à battre lors de la prochaine épreuve. Toutefois, certaines choses ont été apprises au Canada et elles pourraient nous aider à comprendre comment cette saison va se dérouler.
- Il est très important de changer ses pneus avant d'atteindre la 'falaise', comme Red Bull l'a découvert. En chaussant un nouveau train en même temps que Lewis, Seb aurait peut-être pu terminer à la 2e place, surtout que Ferrari et Fernando étaient déterminés à rester sur une stratégie à un seul arrêt.
- Bien que l'on puisse dire que les qualifications sont aujourd'hui moins cruciales qu'à l'époque du pneumaticien Bridgestone, il est évident qu'avoir le champ libre devant soi facilite la gestion des gommes. Alors se placer sur la première ligne de la grille demeure toujours important.
- Les voitures dont le comportement est plus doux sur les pneus ont toujours des chances de signer un bon résultat, peu importe leur position sur la grille. Pérez et Grosjean étaient rapides même sur des gommes usées et ont pu faire un arrêt de moins, ce qui leur a épargné 20 secondes sur la distance de la course. Vers la fin de l'épreuve, Alonso perdait trois secondes au tour sur des gommes qui n'avaient que deux tours de plus d'usure que ceux de Grosjean ; cela lui a coûté cher.
La seule chose que je n'ai pas particulièrement aimé, c'est la facilité qu'offrait le DRS pour dépasser. De plusieurs façons, je crois que les pneus Pirelli ont réglé la vieille question 'comment améliorer les dépassements en F1' ? C'est un peu dommage pour la FIA et son directeur technique Charlie Whiting que le DRS soit maintenant vu comme un système qui rend la manœuvre trop facile. Le besoin était urgent lorsque le concept a pris forme à la fin de l'ère Bridgestone, mais avec les gommes Pirelli, il serait peut-être bien de réviser la situation avant la saison 2013.
Notre chroniqueur Karun Chandhok analyse chaque Grand Prix en exclusivité sur ESPNF1.

