• GP du Brésil - Présentation

Sao Paulo, l'ultime chance

Chris Medland / Daniel Bastien
22 novembre 2012

Le championnat des pilotes 2012 sera décidé lors du 71e et dernier tour du Grand Prix du Brésil, disputé ce dimanche sur le circuit d'Interlagos. À l'approche de la 20e manche de la saison, Sebastian Vettel compte 13 points d'avance sur Fernando Alonso, qui demeure une véritable menace. Le pilote Red Bull est très fort, mais le leader de Ferrari a déjà accompli plus d'un miracle cette année. Et si la pluie s'en mêle comme prévu, le dénouement n'en sera que plus imprévisible.

Autrement dit, tout est encore possible, d'autant plus lors de la dernière course de la saison quand certains n'ont plus rien à perdre. Pensons à Abou Dabi 2010, lorsque Vettel s'est enfin hissé au sommet du classement. À 2008, lorsque Hamilton a gagné une place dans l'avant-dernier virage du dernier tour. Ou encore à 2007, quand Räikkönen a battu le duo Hamilton-Alonso par un point. Cette année, peu importe le résultat, un nouveau triple champion du monde sera sacré au Brésil. Mais s'agira-t-il de Vettel ou d'Alonso ? Un grand week-end nous attend.

En hausse

Certains n'y croyaient plus, mais aux États-Unis Lewis Hamilton est parvenu à remporter une victoire avant la fin de la saison, réalisant ainsi son rêve de gagner une dernière fois aux commandes d'une McLaren avant de quitter l'équipe. Et puisque sa monoplace s'est montrée rapide et fiable, qui sait s'il répétera l'exploit ce week-end au Brésil ? Ce qui est sûr, c'est que Hamilton est très déterminé, comme en fait preuve sa performance à Austin où il a pourchassé Vettel sans relâche avant de finalement s'imposer dans les derniers tours. Si sa voiture s'était montrée aussi fiable plus tôt cette saison, il serait sûrement toujours dans la course au titre. Mais Hamilton a encore un objectif important : conclure ses six années comme pilote McLaren en offrant une autre victoire à sa première équipe en F1.

En baisse

Le défi que Hamilton souhaite relever chez Mercedes pourrait être plus grand que prévu. L'équipe n'a marqué aucun point au cours des cinq dernières manches, ce qui n'était jamais arrivé auparavant. Pourtant, la saison avait si bien débuté avec une pole position et une victoire en Chine, suivi plus tard par une pole position (avant pénalité) et une 2e place à Monaco. Depuis, la situation s'est détériorée au point où Michael Schumacher pourrait terminer son illustre carrière sans marquer le moindre point au Brésil. Il est vrai que Mercedes se concentre sur sa monoplace 2013 depuis quelques Grands Prix déjà, mais sachant que le règlement technique changera peu et que son ingénieux double DRS sera banni l'année prochaine, on peut se demander où l'équipe espère débloquer de la performance. Schumacher aura besoin d'une bonne dose de chance pour terminer sa carrière sur un bon résultat ; peut-être que Dame Nature sourira au maître de la pluie...

Massa, plus rapide qu'Alonso à Austin, pourrait encore jouer un rôle crucial pour son coéquipier
© Sutton Images
Agrandir

À surveiller

Après une première moitié de saison désastreuse, Felipe Massa est revenu en force après la pause estivale. Le pilote Ferrari n'a marqué que 14 points de moins que Fernando Alonso au cours de cette période. Le week-end dernier aux États-Unis, Massa a fait mieux que son coéquipier lors des qualifications, et malgré une pénalité de recul de cinq places (suite au sabotage volontaire de Ferrari, auquel le Brésilien a consenti pour aider la cause d'Alonso), il a néanmoins suffisamment récupéré pour terminer à la 4e place, au pied du podium sur lequel Alonso a grimpé. Ce week-end, comme toujours, Massa sera gonflé à bloc pour son Grand Prix à domicile et il devrait encore se montrer compétitif. Nous savons déjà que son rôle sera de nouveau stratégique, mais il a maintenant la vitesse pour répondre aux attentes de son équipe. Et peut-être faire la différence dans le résultat final du championnat.

Points chauds

Les jalons de Schumacher et Hamilton : Le seul septuple champion du monde dans l'Histoire de la Formule 1 va retirer son casque une dernière fois à la fin du GP du Brésil. Il l'avait fait en 2006 avant de revenir en 2010, mais cette fois, c'est définitif. L'aventure Mercedes ne lui aura pas permis d'ajouter à son record de 91 victoires, mais il a un podium de plus sur sa liste qui en compte maintenant 155. Quelle différence entre ses première et deuxième retraites : En 2006, il se battait contre Alonso pour le titre ; en 2011, il espère simplement "savourer" le moment. Dans le cas de Hamilton, son nom est synonyme de McLaren depuis 2007 et il a remporté plus d'une vingtaine de victoires, mais le fait demeure qu'il n'a qu'un seul titre. Comme Schumacher l'avait fait jadis en quittant Benetton pour rejoindre Ferrari, Hamilton quitte McLaren en espérant hisser Mercedes vers de nouveaux sommets dans les prochaines années. Contrairement a Schumacher, Hamilton a des chances de viser la victoire ce week-end.

Le marché des pilotes : En plus de Schumacher et Hamilton, le GP du Brésil verra plusieurs autres pilotes compléter leur dernière course avec leur équipe actuelle ; certains par choix, d'autres pas. Sergio Pérez quittera Sauber pour rejoindre McLaren, Nico Hülkenberg quittera Force India pour rejoindre Sauber. Pour plusieurs autres pilotes, l'avenir est incertain. Bruno Senna (Williams), Kamui Kobayashi (Sauber), Charles Pic (Marussia), Heikki Kovalainen et Vitaly Petrov (Caterham), Pedro de la Rosa et Narain Karthikeyan (HRT) attendent toujours des confirmations. Cependant, dans le cas de l'écurie HRT, pour le moment tout indique que la petite écurie espagnole ne sera plus sur la grille en 2013.

Les cieux au-dessus de Sao Paulo : Tout le monde dans le paddock scrute les prédictions météo de très près. Il est probable que les nuages gris se déversent sur la piste d'Interlagos dimanche après-midi pendant la course, ce qui est pratiquement garant d'un résultat imprévisible. Sachant qu'Alonso a souvent été le plus rapide en conditions pluvieuses cette année, le clan Ferrari doit prier pour des orages. On doit probablement faire la même chose chez Caterham, qui tente toujours de reprendre la 10e place du championnat des constructeurs (la dernière place récipiendaire de redevances) à sa rivale Marussia.

Les permutations possibles : Le calcul est assez simple pour Sebastian Vettel, qui jouit d'une avance raisonnable (mais néanmoins à risque) de 13 points : tant qu'il termine parmi le top 4 dimanche, il sera couronné peu importe le résultat d'Alonso. Si les deux prétendants terminent la saison avec le même nombre de points, Vettel sera champion car il compte plus de victoires (cinq contre trois actuellement). Alonso, quant à lui, doit absolument monter sur le podium. S'il gagne la course et que Vettel ne fait pas mieux qu'une 5e place, il sera champion. Si Alonso est 2e, Vettel ne doit pas faire mieux que 8e. Si Alonso est 3e, il ne faudra pas que Vettel marque plus d'un seul point, soit une 10e place. Red Bull a remporté le championnat des constructeurs à Austin, mais seulement 14 points séparent Ferrari et McLaren qui se disputent la 2e place. Sauber espère rejoindre le top 5, et pour cela l'équipe devra récolter 12 points de plus que Mercedes.

Hamilton prendra la place de Schumacher chez Mercedes l'an prochain
© Sutton Images
Agrandir

Autour du Grand Prix

  • Pour la cinquième fois en sept ans, le championnat des pilotes sera décidé à Interlagos
  • C'est la 27e fois en 63 saisons que le championnat est décidé lors de la finale
  • Sebastian Vettel ou Fernando Alonso deviendra le 9e triple champion dans l'Histoire de la Formule 1
  • Le plus grand écart à être surmonté lors d'une finale était de 15 points, à Abou Dabi en 2010, lorsque Sebastian Vettel a battu Fernando Alonso

Attaque de stats

  • Les moteurs seront à pleine puissance pendant 16 secondes à Interlagos, entre la sortie du virage 16 et l'approche du virage 1
  • Le circuit d'Interlagos mesure 4,309 km, ce qui en fait le deuxième plus court du calendrier après celui de Monaco
  • Interlagos compte parmi les cinq circuits du calendrier où l'on court dans le sens anti-horaire ; les autres sont Marina Bay (Singapour), Yeongam (Corée), Yas Marina (Abou Dabi) et le Circuit des Amériques (États-Unis)
  • Les pilotes effectuent 42 changements de rapport par tour et subissent des forces de 3,5 G dans le virage 6

Le circuit

Interlagos compte parmi les circuits plus traditionnels du championnat, avec ses petites zones de dégagement et un paddock un peu serré pour les équipes. Le gazon aux abords du virage 1 a été recouvert d'asphalte cette année, ce qui réduit le prix à payer pour toute mauvaise manœuvre ; ce changement a été effectué à la grande déception de plusieurs fans et observateurs. Toutefois, les murs impardonnables bordant la piste relativement étroite du très rapide dernier secteur demeurent en place. Le circuit d'Interlagos est situé à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui signifie que les moteurs perdent à peu près 8 % de leur puissance. Vu l'air raréfié, une configuration à appui élevé est nécessaire pour obtenir un appui moyen. La meilleure opportunité de dépassement est dans le virage 1, mais c'est également possible de tenter une manœuvre dans le virage 4.

Pilote-commissaire

Tom Kristensen, huit fois vainqueur aux 24 Heurs du Mans, se joindra aux commissaires de course de la FIA. Il a déjà occupé cette fonction à deux reprises, soit au GP d'Australie 2010 et au GP d'Allemagne 2011.

Météo

Il fera chaud vendredi et samedi, bien qu'une couverture nuageuse apparaîtra dans le ciel pendant la journée de samedi. Les pilotes devraient profiter d'une piste sèche pendant les deux premiers jours du week-end, mais tout pourrait changer dimanche, jour de la course, alors que les prévisions météo indiquent des conditions pluvieuses et peut-être orageuses. Il pourrait y avoir des éclaircies, mais pas suffisamment pour permettre à la piste de sécher. Il est toujours possible qu'une trajectoire sèche se dessine pendant la course, même temporairement.

La conclusion d'ESPNF1

Fort à Abou Dabi avant son abandon, victorieux aux États-Unis, Lewis Hamilton vise un excellent résultat pour conclure la saison 2012 ainsi que sa carrière chez McLaren. Fernando Alonso doit absolument rejoindre le podium pour être champion, il n'a pas d'autre option. En cas de victoire de son adversaire pour le titre, Sebastian Vettel peut se permettre une 4e place. La pression demeure forte pour les deux prétendants : non seulement des problèmes techniques peuvent survenir, mais les coéquipiers tenteront aussi de jouer un rôle. Sans oublier que les ambitions des autres pilotes, ceux de McLaren et Lotus par exemple, pourraient s'interposer. Et si la pluie est au rendez-vous, la course se transformera peut-être en loterie. Aucun doute, la finale au Brésil s'annonce imprévisible.

© ESPN Sports Media Ltd.

flux RSS flux RSS: ESPN Staff