• GP Belgique 2012

GP de Belgique : Faits marquants

Laurence Edmondson / Chris Medland / Daniel Bastien
2 septembre 2012

ESPNF1 fait le tour : le bon, le mauvais et le surprenant du week-end du Grand Prix de Belgique, 12e manche du championnat 2012, couru sur le circuit de Spa-Francorchamps.

Un message très clair
Suite au carambolage du premier virage, qui heureusement (et miraculeusement) n'a fait aucun blessé grave, les commissaires ont décidé d'imposer une sanction très sévère contre Romain Grosjean, le pilote à l'origine de la réaction en chaîne : une suspension d'une course. Il est vrai que le pilote français n'a jamais eu l'intention de toucher qui que ce soit, mais les conséquences de son erreur auraient pu être bien pires que l'abandon de quatre pilotes. Après avoir vu leurs monoplaces se frapper et s'envoler dans les airs, expulsant des débris dans tous les sens, des pneus frôlant des casques, les pilotes impliqués se considèrent chanceux.

Le communiqué de la FIA ne fait pas mention des sept autres incidents (en 12 courses) provoqués par le pilote Lotus cette saison lors d'un premier tour, mais nous pouvons penser que cela a sûrement été pris en compte. "Quand la course est toute votre vie, ne pas être autorisé à participer à une épreuve est la pire expérience à vivre", a déclaré Grosjean.

Pastor Maldonado peut donc se compter chanceux. Le style agressif du pilote Williams lui a déjà apporté des ennuis et des critiques de la part de ses collègues. En Belgique, les commissaires lui ont collé une pénalité de recul de cinq places pour avoir volé le départ, et une autre pour avoir frappé la voiture de Timo Glock. Résultat : il perdra dix places sur la prochaine grille de départ. Au total, le Vénézuélien a reçu trois pénalités pendant son week-end belge, ce qui lui fait maintenant une moyenne d'une pénalité par course. Heureusement pour Maldonado, il a frappé Glock et non, comme Grosjean, "des meneurs du championnat" tel qu'indiqué par la FIA dans le cas du pilote français. Est-ce dire qu'à erreur égale, une pénalité doit être plus sévère si un leader est affecté ?

Button est de retour
Malgré son retard dans le classement des pilotes, Jenson Button a débuté le week-end en affirmant aux médias qu'il n'avait aucune intention de renoncer au titre tant qu'il avait une chance mathématique de le remporter. Il a d'ailleurs clairement indiqué que son coéquipier Lewis Hamilton, beaucoup mieux placé, devra se débrouiller seul pour le moment. À la conclusion du week-end, Button récoltait le maximum de points grâce à sa victoire et Hamilton était la victime d'un accrochage qui l'a forcé à abandonner. Button est actuellement 6e du classement à 63 points de Fernando Alonso. Il s'agit toujours d'un écart non négligeable, mais il l'est déjà beaucoup moins qu'avant. Et si McLaren (qui a également gagné la course précédente en Hongrie) continue sur cette lancée, qui sait si l'écart pourrait être comblé au cours des huit prochains Grands Prix...

Les histoires du week-end

© Sutton Images
  • Choc : Kamui Kobayashi - Bien que l'écurie Sauber se soit montrée relativement compétitive sur plusieurs circuits cette saison, et qu'elle semblait optimiste pour Spa, personne ne s'attendait à voir une C31 sur la première ligne de la grille. Mais Kobayashi a très bien fait le travail samedi, malgré peu de roulage sur le sec, pour s'approprier la 2e place. Dommage que le carambolage au départ ait ruiné sa course.
  • Choquant : Romain Grosjean - Son septième accident lors du départ d'un GP et de loin son pire. Après avoir touché Hamilton, il a perdu le contrôle de sa voiture et a frappé fort contre Alonso, sautant par-dessus. Pérez a également été éliminé dans ce chaos. Heureusement, tout le monde s'en est sorti indemne. Grosjean sera suspendu pour une course.
  • Meilleur dépassement : Kimi Räikkönen - L'an dernier, nous avons vu Webber doubler Alonso dans Eau Rouge et nous étions admiratifs. Cette année, Räikkönen a fait la même chose à Schumacher. C'était brave, culotté et brillant. Un vrai pilote professionnel.
  • Meilleur tour : Sebastian Vettel - Coincé à la 10e place derrière Webber, Vettel a communiqué par radio avec son équipe pour annoncer que son DRS ne suffisait pas et qu'il tenterait de doubler son coéquipier dès qu'une opportunité se présenterait quelque part. Sur le 8e tour, il s'est forcé un chemin pour passer Webber dans la dernière chicane. Et voilà comment sa remontée jusqu'à la 2e place a débuté.
  • Pire tour : Pastor Maldonado - Lorsque la course a été relancée au 5e tour, Maldonado a été informé qu'il était sous enquête pour avoir volé le départ. C'est alors qu'il a promptement frappé Glock (et s'est mérité une autre pénalité) avant d'abandonner.
  • Performance du jour : Jenson Button - Après que le chaos se soit déchaîné derrière lui au départ, Button a parfaitement géré sa course du début à la fin, démontrant clairement qu'il avait repris le contrôle de la situation au terme d'un été quelque peu compliqué. La performance du poleman a été sans faille, jamais sa victoire n'a été menacée. En prime, une première victoire pour lui à Spa-Francorchamps.

La bonne humeur de Vettel
Juste avant la pause estivale, Sebastian Vettel semblait impatient et irrité. En effet, la défense de son titre devenait de plus en plus difficile à mesure que Fernando Alonso surpassait les attentes. On se souviendra de sa communication radio avec Red Bull pendant le Grand Prix de Hongrie, alors qu'il exigeait de son équipe qu'elle fasse "quelque chose", un peu comme un enfant qui demande à sa mère de régler un problème. Les vacances terminées, Vettel est apparu souriant, détendu et blagueur comme on le connaît bien. Et après avoir terminé 2e en Belgique, se hissant ainsi à la deuxième place du classement des pilotes et réduisant son déficit sur Alonso à 24 points, il l'était davantage. L'espoir d'un troisième titre consécutif renaît, bien que rien ne soit encore sûr.

Hamilton et ses gazouillis
On dit souvent que les pilotes de Formule 1 sont parfois robotiques avec leurs réponses préfabriquées livrées aux médias. Dès le début de sa carrière, un pilote est bien entraîné pour s'assurer qu'il ne dise rien qui pourrait embarrasser ou frustrer son équipe, les autres pilotes ou les sponsors. Mais la place importante que prennent maintenant les réseaux sociaux font tomber certaines barrières, pas toujours pour le mieux. Twitter, en particulier, a une grande influence sur la discipline car les pilotes (et même certains membres du personnel des écuries) publient souvent des commentaires personnels, honnêtes et francs alors qu'ils partagent leur quotidien.

Depuis quelque temps, Lewis Hamilton est très présent sur Twitter et affiche des gazouillis portant sur ses occupations et les pensées positives qui le motivent. Mais ce week-end, deux messages ont attiré beaucoup d'attention. Le premier est survenu samedi, suite aux qualifications, lorsqu'il a constaté que l'aileron arrière qu'il avait choisi était moins efficace que celui adopté par Button : l'acronyme 'WTF' (la version anglophone de C'est quoi ce bordel ?, mais encore moins poli) est apparu mais a ensuite été supprimé. Plus tard, comme s'il voulait démontrer qu'il n'était pas à blâmer pour sa performance puisque son aileron arrière était moins compétitif, il a publié la photo d'un graphique comparant sa télémétrie et celle de Button.

McLaren a vite ordonné le retrait de ce Tweet affichant des informations sensibles à la face du monde. Bien entendu, toutes les autres écuries ont sûrement copié l'image pour en analyser toutes les courbes, alors le dommage était déjà fait dans les secondes suivant le geste de Hamilton. Il est évident qu'une télémétrie ne devrait jamais être partagée publiquement, mais cet incident pourrait avoir d'autres conséquences. Notamment, les écuries vont peut-être vouloir encadrer l'utilisation des réseaux sociaux par leurs pilotes.

La décision de Schumacher
Michael Schumacher a entamé son week-end en espérant des choses "intéressantes" et "belles" pour son 300e Grand Prix. Difficile de dire si le Kaiser a eu ce qu'il souhaitait, mais il faut reconnaître que sa performance a été impressionnante : une 7e place aux commandes d'une Mercedes sans rythme et dont la 6e vitesse était en panne à sept tours de la fin. Bien sûr, il a profité des multiples abandons au départ, mais l'important, c'est qu'il n'a jamais baissé les bras. Donc, Schumacher semble toujours motivé, mais se sent-il prêt à boucler une autre saison complète (ce qui lui permettrait de battre le record de 326 Grands Prix en carrière appartenant à Rubens Barrichello, un des seuls records qui lui échappe) ?

Bernie Ecclestone, le grand patron de la F1, a déclaré dimanche sur la BBC qu'il était dommage que Schumacher reparte à la retraite sans avoir gagné une course. Alors, le septuple champion avait déjà fait son choix ? Non, a clarifié Schumacher, en expliquant qu'il devait y avoir un malentendu. "Je pense qu'il voulait dire si je décidais de quitter la Formule 1", a-t-il déclaré. "C'est probablement cela qu'il voulait dire. J'ai eu une petite conversation avec lui hier, je lui ai dit que nous n'avions pas encore pris de décision et voilà où nous en étions. Rien à signaler."

Merci Mère Nature !
Cette année, la pluie s'est souvent invitée les vendredis de Grands Prix, ce qui est frustrant pour les équipes mais beaucoup plus pour les fans présents sur le circuit. Dans le cas de Spa-Francorchamps, des milliers de gens n'avaient d'autre chose à faire que tournoyer leurs parapluies pour s'amuser pendant que les voitures restaient dans les garages. Mais expédier des pilotes en piste dans des conditions pluvieuses ne fait aucun sens : les données recueillies sont inutiles et les risques n'en valent pas la peine. Et sur un circuit comme celui de Spa, ce serait même dangereux.

Bien entendu, la F1 ne peut pas y faire grand-chose ; on ne contrôle pas la météo et on envoie pas des pilotes en piste pour risquer des accidents. Mais il y a un bon côté aux vendredis pluvieux. Puisque les équipes ont eu peu de temps pour travailler les réglages, les pilotes ont adopté pour la course des niveaux d'appuis basés sur leurs meilleures estimations. Il y avait donc une grande variété de configurations et certaines voitures étaient plus rapides sur certaines portions de la piste que d'autres, ce qui favorisait l'action, même entre coéquipiers. Et sans ce différentiel de performance, nous n'aurions peut-être pas vu ce très culotté dépassement effectué par Kimi Räikkönen sur Michael Schumacher dans le redoutable Eau Rouge. La preuve qu'à quelque chose malheur est bon.

© ESPN EMEA Ltd.

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