• Grand Prix d'Abou Dabi 2012

GP d'Abou Dabi : Faits marquants

Laurence Edmondson / Chris Medland / Daniel Bastien
4 novembre 2012
Quoi, pas de champagne ? À Abou Dabi, on utilise de l'eau de rose gazéifiée
© Getty Images
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Le retour d'Iceman

Plus de trois ans après sa dernière victoire en Formule 1, Kimi Räikkönen a remporté le Grand Prix d'Abou Dabi non seulement sous les applaudissements de la foule, mais également sous les applaudissements provenant du centre médias. Mais ce qui rend cette histoire encore plus intéressante, c'est que le Finlandais avait lui-même prédit jeudi dernier qu'une victoire était toujours possible pour Lotus, alors que son coéquipier Romain Grosjean était d'avis que l'équipe n'aurait probablement plus la chance de triompher cette année. Mais voilà, cette saison de F1 a de nouveau démontré que tout est encore possible.

La monoplace Lotus est rapide sur un tour, Räikkönen l'a souligné assez souvent, mais elle manque de vitesse de pointe sur les lignes droites et cela rendait les dépassements difficiles. C'est aussi pourquoi il a rappelé que les premières secondes suivant le départ seraient cruciales. A l'extinction des feux, 4e sur la grille de départ, Räikkönen s'est immédiatement emparé de la 2e place et s'est ainsi (enfin) retrouvé avec le champ suffisamment libre pour démontrer toute sa vitesse sans être coincé derrière qui que ce soit (sauf Hamilton, qui était plus loin devant). Bien sûr, l'abandon de Hamilton a aidé la cause de Räikkönen... mais n'avait-il pas dit avoir besoin d'un peu de chance pour gagner ? Une fois bien aux commandes la course, Iceman a clairement indiqué à son équipe par radio que "Oui, oui, oui, oui, je sais ce que je dois faire." Autrement dit, soyez nerveux mais laissez-moi faire mon boulot.

Cette victoire était longtemps attendue, surtout que Lotus a déjà failli remporter des courses à quelques reprises cette saison. Et pour Räikkönen, gagner une course l'année de son retour, après deux ans d'absence, voilà qui lance un message clair. Sa réussite à Abou Dabi, et celle de Lotus bien sûr, est entièrement méritée. Et après avoir vu Kimi quitter le garage Lotus une bière vide à la main, 1h30 après la fin de la course, il est bien possible que l'équipe se souvienne longtemps des célébrations ayant suivi cette victoire.

Les histoires du week-end

© Sutton Images
  • Choc : Kimi Räikkönen - Même avec Sebastian Vettel relégué en fond de grille, personne ne pensait vraiment que le pilote Lotus pourrait gagner en démarrant de la 4e place, surtout pas avec Lewis Hamilton en pleine forme. Mais un bon départ, l'abandon du leader et un excellent rythme ont permis à Iceman d'ajouter un autre fantastique chapitre à cette saison 2012.
  • Choquant : Mark Webber - Il a réussi des dépassements à deux reprises dans le virage 11, mais les deux manœuvres étaient maladroites. Le destin a voulu qu'il soit plus tard impliqué dans l'accident de quelqu'un d'autre et sorti de la course.
  • Meilleur dépassement : Sebastian Vettel - Sa manœuvre sur Jenson Button, pour s'emparer de la 3e place, n'était peut-être pas des plus spectaculaires, mais les enjeux étaient très importants. De plus, il devait battre un pilote qui sait très bien comment se défendre, un des meilleurs du plateau dans ce domaine.
  • Meilleur tour : Le 1er tour - Empli de dépassements, d'accidents et de rebondissements, ce premier tour a mis la table pour d'excellents combats d'un bout à l'autre du peloton, des combats qui allaient marquer cette course.
  • Pire tour : Sebastian Vettel - Au 13e tour, alors que la Voiture de Sécurité était en service et que le peloton roulait à bas régime, il a quitté la piste et percuté un panneau indicateur de zone DRS fait de polystyrène. Vettel a avoué un moment d'inattention et reconnu avoir été surpris par le freinage de Daniel Ricciardo, mais avec autant de points en jeu, il aurait dû maintenir sa concentration.
  • Performance du jour : Sebastian Vettel - Malgré les petite erreurs qui auraient pu avoir de grandes conséquences, Vettel, parti des stands pour terminer sur le podium, a livré une performance impressionnante. La pression était énorme, il a roulé à la limite, et il a réussi.

Une rare erreur pour Red Bull

Debout sur le podium dans la chaleur d'Abou Dabi, la voix et le langage corporel de Sebastian Vettel ne cachaient pas son soulagement. En effet, démarrer de la voie des stands et avoir à remonter tout le peloton, voilà qui offre d'énormes opportunités pour tout perdre, ou du moins, faire face à de sérieux pépins (et le parcours de Vettel n'a pas été parfait, d'ailleurs). Mais c'est plutôt Red Bull qui a commis une erreur énorme ce week-end, samedi soir lors des qualifications. Immédiatement après la fin de la séance, Vettel a reçu l'ordre de garer sa monoplace en bordure de piste vu un problème d'alimentation en carburant. La FIA a accepté cette explication, preuves à l'appui. Mais lors de l'inspection technique subséquente, les vérificateurs n'ont pu retirer que 850 ml de carburant pour analyse, et non le litre entier exigé par le règlement. Cela a provoqué l'exclusion de Vettel de la période qualificative et l'effacement de ses résultats.

Le déroulement exact des événements n'est toujours pas tout à fait clair, mais plus de quatre heures se sont écoulées avant que les commissaires prennent une décision et la rendent publique (pendant cette longue attente, le centre médias sombrait tranquillement dans la folie et certains journalistes ont passé le temps à fabriquer des avions en papier avec les communiqués de HRT).

Mais si nous faisons abstraction de cette grande erreur de la part de Red Bull pour nous concentrer uniquement sur la performance de Vettel, il en ressort que le pilote allemand a été d'une grande classe et a démontré qu'il serait un triple champion du monde méritant s'il atteint son objectif cette année. Démarrer de la voie des stands, traverser ce Grand Prix chaotique et plein de rebondissements, et néanmoins grimper sur le podium, c'est ce qu'on appelle une performance impressionnante. Oui, il a commis quelques erreurs en cours de route, notamment en endommageant son aileron avant sur une autre voiture et en percutant un panneau de polystyrène, mais il ne faut pas oublier qu'il a piloté à la limite tout au long de l'épreuve. Et c'était très plaisant de le voir surmonter ce grand défi. Qui sait ? Il s'agit peut-être de la performance qui fera la différence.

Ferrari a bien fait, mais...

La course du Grand Prix d'Abou Dabi était une opportunité énorme à saisir pour Fernando Alonso et Ferrari, mais ils n'ont pas tout à fait réussi à en profiter. Soulignons cependant que ce n'est pas par manque d'efforts, loin de là. Depuis des semaines, le pilote espagnol répète que la bonne fortune de son adversaire allait bien lui faire défaut un des ces jours. Lorsque Vettel a été exclu des qualifications, l'opportunité tant attendue lui était alors présentée sur un plateau d'argent.

Et pourtant, à la conclusion de la course, il n'aura marqué que trois points de plus que son grand rival dans le championnat des pilotes. Vettel a signé une performance remarquable, mais Alonso en a fait autant ; il était ravi de terminer 2e alors qu'il n'était même pas sûr d'accéder au top 4. Le pilote Ferrari a même pourchassé Räikkönen pour la victoire vers la fin de l'épreuve, mais quelques tours supplémentaires auraient été nécessaires. La monoplace rouge était équipée de nouvelles pièces ce week-end, mais l'équipe doit réagir rapidement et faire encore mieux lors des deux prochaines et dernières courses. De toute évidence, il ne sert à rien d'espérer que le clan Red Bull rencontre des problèmes.

Dur, dur pour Hamilton

Tout amateur de F1 objectif, en apercevant la voiture de Lewis Hamilton subitement perdre toute puissance et se garer sur le côté de la piste, a dû avoir le cœur serré pour le leader de la course. On ne peut imaginer à quel point les membres de l'écurie McLaren ont dû se sentir complètement défaits. Bien qu'il ait choisi de relever le défi Mercedes l'an prochain, Hamilton veut absolument remporter une autre victoire avec McLaren cette saison, probablement autant que l'équipe elle-même. Pour le pilote britannique, dont la carrière est associée au McLaren Group depuis 14 ans, ce serait la meilleure façon de conclure un chapitre important. Ce week-end à Abou Dabi, Hamilton était de loin le plus rapide et il méritait cette victoire tant souhaitée ; mais la mécanique en a voulu autrement.

La dernière victoire de Hamilton a été réalisée lors du Grand Prix d'Italie à Monza, début septembre. Mais on se souviendra que ce week-end avait été très tendu pour lui car l'équipe, comme les journalistes, se doutaient alors qu'il allait rejoindre Mercedes et chaque rencontre avec les médias comportait des questions auxquelles il ne pouvait pas encore répondre. Ce serait dommage que sa dernière victoire avec McLaren ait eu lieu dans ces conditions. Maintenant que toute l'équipe connaît sa décision, pourquoi pas terminer sur une bonne note ?

Le GP d'Abou Dabi 2012, toute une course
© Press Association
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Abou Dhabi, enfin!

Depuis que le circuit de Yas Marina a été ajouté au calendrier de la F1 en 2009, les sentiments sont mitigés. Le complexe est très moderne, l'environnement est très spectaculaire, le circuit est un bon test pour jauger la compétitivité d'une voiture... mais les courses elles-mêmes n'étaient pas très intéressantes. Cette année, la course à Abou Dabi a été excitante et intense du premier au dernier tour. Des erreurs, des rebondissements, des performances exceptionnelles, des derniers tours à retenir le souffle, le tout complété par un huitième pilote venu s'ajouter à la liste des vainqueurs cette saison. L'édition 2012 du GP d'Abou Dabi est mémorable. Mais pourquoi la situation a-t-elle tant changé cette fois ?

Après avoir posé cette question à plusieurs pilotes et patrons d'écurie, l'opinion la plus fréquente est que cette course devait se gagner en piste et non grâce à des stratégies d'arrêt. C'est pour cette raison que les pilotes étaient à la limite, que des erreurs ont été commises et que des accidents sont survenus, sans oublier l'apport des deux zones DRS qui ont offert de meilleures opportunités de dépassement. À cette liste, nous ajoutons le fait que plusieurs pilotes du plateau se battent actuellement pour soit conserver leur volant, soit se trouver un autre cockpit pour la saison prochaine. Et quant on sait que le peloton est plus serré que jamais cette année, tous les ingrédients étaient réunis pour une course spectaculaire sur le circuit de Yas Marina.

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